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Racine Commune et La Houblonnerie : quand la ferme rencontre la brasserie 

De gauche à droite : Camille Goulet, Alexandre Benoit et Virginie Beaufort. Photo gracieuseté Ferme Racine Commune
De gauche à droite : Camille Goulet, Alexandre Benoit et Virginie Beaufort. Photo gracieuseté Ferme Racine Commune

À Lavaltrie, la ferme maraîchère Racine Commune et la microbrasserie La Houblonnerie ont allié leurs forces pour proposer aux habitants de la région et au-delà des produits d’ici cultivés et fabriqués avec passion. Résultat : des légumes respectueux de l’environnement et des bières parfois surprenantes.

La ferme Racine Commune. Photo gracieuseté Racine Commune
La ferme Racine Commune. Photo gracieuseté Racine Commune

Passer du métier d’infirmière à celui d’agricultrice. C’est le pari fou que s’est lancé, il y a quatre ans, Camille Goulet. « Cela n’a rien d’un hasard. Pendant presque 20 ans, les champs étaient loués pour de l’agriculture conventionnelle entre maïs et soya. Récemment, le terrain n’était plus ce qu’il était alors, j’ai décidé de redonner vie à ce lieu qui a bercé mon enfance. » 

Pendant la pandémie de 2020, la jeune femme découvre les principes de l’agriculture régénératrice et commence à imaginer un projet différent. « Ce projet est né aussi du fait que mon père, lui aussi très attaché à cette terre, est atteint de la maladie d’Alzheimer. C’était donc un moyen pour moi que tout cela reste en famille, de l’intégrer et de le garder actif. » C’est ainsi que naît la Ferme Racine Commune.

Des légumes, mais surtout une communauté 

Aujourd’hui, forte de trois personnes actives et convaincues que l’agriculture peut aussi préserver l’environnement, la ferme produit une vingtaine de variétés de légumes, dont des tomates ancestrales, des laitues, des concombres, du fenouil, de l’ail ou encore des radis. « On a récemment planté des camérisiers pour intégrer plus d’arbustes fruitiers à la ferme », ajoute Camille, aujourd’hui âgée de 34 ans. 

Mais si Camille aime profondément voir sortir de terre des légumes qui viendront ensuite garnir les tables de la région, elle avait aussi pour ambition d’en faire un lieu collectif où les bonnes idées peuvent se compléter. « La terre est assez grande et je voulais la partager. » 

Ainsi, rapidement, Camille commence à organiser des événements à la ferme. Ateliers de plantation, activités pour les familles et journées festives… autant d’occasions de rencontrer ses voisins et plus largement les clients avec qui elle aime partager sa vision de l’agriculture. Lors de l’un de ses événements, la fondatrice de la Ferme Racine Commune fait une rencontre qui va bousculer son quotidien. 

« J’avais invité des producteurs locaux à venir présenter leurs produits. Parmi ceux-ci, il y avait une jeune microbrasserie, La Houblonnerie, avec qui, rapidement, j’ai découvert des points communs et, surtout, une vision commune. » C’est ainsi que Virginie Beaufort et Alexandre Benoit, les fondateurs de la brasserie, ont intégré le projet de la ferme. 

Les bières de la Houblonnerie. Photo gracieuseté La Houblonnerie.
Les bières de la Houblonnerie. Photo gracieuseté La Houblonnerie.

Un lieu fixe pour La Houblonnerie 

Si cette rencontre marque une étape majeure pour la ferme Racine Commune, c’est aussi un moment décisif dans le développement de l’entreprise créée par Alexandre et Virginie. 

En effet, si elle existait depuis 2021, La Houblonnerie n’avait pourtant pas de structure pour brasser. « Nous achetions les matières premières et faisions fabriquer nos bières dans d’autres microbrasseries, notamment à Notre-Dame-des-Prairies. Tout était fait selon nos recettes, mais ce n’était pas chez nous, explique Alexandre, brasseur depuis dix ans. Notre projet, ça a toujours été d’être en territoire agricole, puis de cultiver des céréales, d’être vraiment près de la terre. » 

Ainsi, quand le couple s’installe en avril 2026 à la ferme, c’est la concrétisation d’un projet de longue haleine qui voit enfin le jour. « Nous n’avons pas perdu de temps, puisque nous avons déjà planté le blé dont nous nous servirons dans nos prochaines recettes. On aimerait ensuite cultiver de l’orge, du seigle, de l’avoine et éventuellement du houblon. » 

Bien plus que des voisins 

Si, aujourd’hui, les deux entreprises cohabitent sur le même terrain, leur lien va bien au-delà d’une simple relation de voisinage. « Tout ce qu’on fait ici est collaboratif », résume Camille Goulet. 

« On pourrait imaginer, par exemple, de créer des bières avec des légumes qui ne répondent pas forcément aux critères de vente. J’imagine déjà des bières avec des tomates, du basilic et même les camerises que la ferme a commencé à produire », continue Alexandre. Et Virginie d’ajouter : « Et puis nous pourrions valoriser nos résidus de brassage, la drêche, pour alimenter la terre des champs. » 

Une bière à la rhubarbe a déjà vu le jour sur ce principe de collaboration. « On est ouvert à tout. On aime ça expérimenter et faire des trucs qui sortent un peu de l’ordinaire. » 

Pour les trois jeunes entrepreneurs, l’objectif n’est donc pas seulement de produire des légumes ou de brasser de la bière. C’est avant tout de bâtir un lieu où les visiteurs peuvent découvrir le terroir lanaudois tout en échangeant sur ces pratiques avec ceux qui font désormais vivre une terre qui n’en est qu’aux premiers chapitres d’une longue histoire. 

Un été à la ferme 

Avec l’arrivée de La Houblonnerie à la Ferme Racine Commune, c’est aussi toute une vision de l’agrotourisme qui évolue dans l’entreprise. En effet, la terrasse de la microbrasserie offre désormais la possibilité d’accueillir des visiteurs soucieux de, certes, découvrir les lieux, mais aussi de se poser pour déguster un verre. « On accueille du mercredi au dimanche et, en plus de cela, nous organisons des événements tout l’été. » 

  • Le 1er août, la tournée Chaise pliante, présentée par l’humoriste Charles Pellerin, sera de passage pour un spectacle directement dans les champs.  
  • Le 15 août, un cuisinier de L’Assomption viendra préparer des pizzas mettant en vedette les légumes de saison récoltés à la ferme.  
  • Le 23 août, l’entreprise Signé Môman prendra part à un événement pop-up sur le site.  

« Nous organisons cela aussi dans l’esprit communautaire, car notre but est de faire découvrir d’autres restaurants et artisans locaux », explique Camille Goulet. 

Le pari de la vente directe 

De plus en plus d’agriculteurs de la région optent pour un retour à la vente directe du producteur au consommateur. C’est le choix qu’a fait Camille Goulet, la fondatrice de la Ferme Racine Commune. 

Ainsi, les récoltes sont d’abord vendues au kiosque libre-service installé directement sur le site et mis en place depuis le début juillet 2026. 

En plus de cette vente directement à la ferme, la maraîchère participera aussi, cet été, au marché fermier organisé à la brasserie Mellön, dans le quartier où elle habite à Montréal. Elle loue également, certains jours, un kiosque de la relève au marché Jean-Talon. 

Autre moyen pour elle d’aller à la rencontre de ses clients : des ventes dans les entreprises. Depuis l’an dernier, elle se rend en effet chaque semaine chez Devolutions, une entreprise de cybersécurité de Lavaltrie.

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