Tout le soutien et la sécurité d’une résidence pour aînés à la maison

Louise Loranger Généreux répond tous les jours aux questions de Virtuose pour rapporter son état de santé. (Photo Médialo – Jason Joly)
Louise Loranger Généreux répond tous les jours aux questions de Virtuose pour rapporter son état de santé. (Photo Médialo – Jason Joly)

Sensibles au fait que plusieurs personnes âgées ne souhaitent pas déménager dans une résidence pour aînés, les Habitations Bordeleau ont convenu d’élaborer un projet pilote original: « RPA à la maison ». Son directeur général, Sébastien Buisson, a rencontré le Journal dans le but d’expliquer les bénéfices de cette initiative qui a pour objectif d’apporter un sentiment de sécurité aux utilisateurs dans le confort de leur foyer.

Les Habitations Bordeleau s’affairent depuis de nombreuses années à collaborer avec des entreprises en démarrage afin d’expérimenter des technologies gérontologiques au sein de leurs bâtiments. Celles-ci apportent une grande aide aux résidents, mais M. Buisson constate que plusieurs aînés ne désirent pas s’installer dans ce type d’habitation, voulant plutôt demeurer le plus longtemps possible dans leur maison ou leur logement. C’est pour cette raison que l’entreprise a revu son approche : « Nous sommes des experts en services pour aînés, donc nous nous sommes demandé pourquoi ne pas élargir notre offre auprès de la population. »

De cette question est né le projet pilote « RPA à la maison ». Celui-ci consiste en l’implantation de deux outils dans les logis de quarante personnes âgées habitant au sein de la MRC de Joliette. Les Habitations Bordeleau ont retenu les candidatures de participants vivant seuls, dans des appartements 3 ½ ou 4 ½, et présentant certaines conditions de santé.

Sébastien Buisson, vice-président Innovation et opération et directeur général pour les Habitations Bordeleau.(Photo gracieuseté)

La première technologie utilisée, appelée LivingSafe, se présente sous forme de capteurs qui étudient les mouvements de l’aîné. Lorsqu’une chute est détectée, un signal est envoyé à l’équivalent d’une centrale d’appels mise en place par l’entreprise et une infirmière se rend sur place pour assister l’individu en détresse. Aucune caméra n’est installée, l’outil perçoit uniquement les ondes dans la pièce. Les données peuvent aller à un tel point de précision qu’elles sont en mesure de rapporter les battements cardiaques, la fréquence respiratoire ou encore le temps passé au lit.

La seconde technologie, Virtuose, est un appareil à interaction vocale doté d’une intelligence artificielle. Un court questionnaire est posé à la personne âgée afin de savoir comment elle se porte. L’outil s’adapte ensuite selon les réponses, soit en mettant fin aux questions ou en approfondissant le sujet. Une infirmière analyse les résultats à distance et, si elle le juge nécessaire, elle peut rencontrer le patient.

Avant de déployer ces systèmes à plus grande échelle, les Habitations Bordeleau ont demandé l’aide de dix de ses résidents pour les essayer dans leur logement. Louise Loranger Généreux a décidé de se prêter au jeu et affirme ne pas regretter sa décision.

Des « anges gardiens »

Situé au 125 rue Roméo-Gaudreau, à Saint-Charles-Borromée, l’appartement de Mme Loranger Généreux agit depuis longtemps comme laboratoire pour les technologies gérontologiques implantées par la résidence. « Ce sont mes anges gardiens », confie-t-elle en pointant les petits capteurs blancs dispersés dans son logis. « Les gens ont peur de ces technologies parce qu’ils pensent qu’elles nous observent, mais pas du tout! »

Chaque jour, elle répond aux appels de Virtuose. Au niveau personnel, l’outil a particulièrement aidé la dame l’année dernière. Louise Loranger Généreux raconte qu’après avoir subi une opération, les questions étaient davantage orientées pour réaliser un suivi de cette intervention. « Et s’il y a un petit quelque chose, tu vois monter une infirmière, ce n’est pas long ! », témoigne-t-elle en souriant, avant d’ajouter qu’elle salue le travail des équipes de la résidence.

Mme Loranger Généreux ne repousse aucune de ces innovations. Puisqu’elle vit seule, ces outils lui apportent un fort sentiment de sécurité. À elle, mais aussi à sa famille : « Mes enfants ont beau me contacter tous les jours, ils savent que s’il y a quelque chose, quelqu’un va venir m’aider. Ils me savent en sécurité. » Elle se prête également à ces tests pour les futurs résidents et encourage ses voisins à faire de même.

Louise Loranger Généreux est très emballée par « RPA à la maison », trouvant l’initiative « extraordinaire ». Elle confirme qu’elle aurait accueilli à bras ouverts ce service avant son arrivée au sein des Habitations Bordeleau. « C’est merveilleux puisqu’il y a beaucoup de personnes qui ne veulent pas aller en résidence. C’est un cadeau! »

En appui au système de santé

Le projet pilote est pour l’instant accessible gratuitement à une cinquantaine d’individus, et ce, pour toute leur vie. L’entreprise vise cependant à offrir ce service à tout aîné de la MRC de Joliette qui voudrait l’avoir à domicile, moyennant certains frais.

En plus du soutien qu’elles procurent aux personnes âgées, Sébastien Buisson soulève que ces technologies peuvent aussi contribuer à réduire les pressions sur le système de santé. Le directeur général dévoile que, selon les données fournies par Santé Québec Lanaudière, chaque jour, de 15 à 18 visiteurs de l’urgence proviennent des Habitations Bordeleau.

Il remarque que les aînés qui font face à des problèmes de santé ignorent souvent vers qui se tourner. Ainsi, ils doivent trouver de l’aide par eux-mêmes. « Ça prend du chaos, soit une chute à la maison, un AVC, l’un des conjoints qui commence à moins bien aller, pour réagir. Et la porte d’entrée en santé est souvent l’urgence », relate M. Buisson. Ce dernier croit donc que ces outils ont le potentiel d’agir en prévention et d’éviter des déplacements non urgents à l’hôpital.

Les équipes sont à pied d’œuvre pour bonifier le projet « RPA à la maison ». D’autres phases pourraient voir le jour dans le futur. Avec le vieillissement de la population, Sébastien Buisson espère que le déploiement se fera rapidement tout en s’assurant que l’initiative convienne parfaitement aux besoins des aînés : « L’idée est d’aller vite, mais de faire les bons pas pour la sécurité. »

Articles les plus consultés

(Photo Médialo - archives)
Actualités
Faits divers

Plus de 10 000 cigarettes perquisitionnées à Joliette

Dans ce dossier, deux hommes dans la soixantaine devront comparaitre pour des accusations en matière de contrebande de tabac.
(Photo gracieuseté)
Actualités

La réfection de la rue Gauthier Nord débutera cet automne à Notre-Dame-des-Prairies

Notre-Dame-des-Prairies franchit une nouvelle étape dans l'un de ses plus importants projets d'infrastructures, celui de la réfection de la rue Gauthier Nord.
(Photo Unsplash)
Actualités

Lanaudière : veille de tornade et risque d’orages violents

Lanaudière figure parmi les régions visées par une veille de tornade et des avertissements d’orages violents émis mardi 14 juillet.