Un Joliettain parmi les glaciéristes les plus endurants

  • Publié le 11 mars 2026 (Mis à jour le 11 mars 2026)
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Photo gracieuseté - Nelson Rioux Photographe
Photo gracieuseté – Nelson Rioux Photographe

Le Joliettain Serge-Alexandre Demers Giroux s’est hissé sur la troisième marche du podium masculin lors d’une prestigieuse compétition d’escalade de glace. Dans le cadre du Festiglace de Pont-Rouge, qui se déroulait du 18 au 22 février dernier, il a affronté les 23 meilleurs glaciéristes du monde dans l’épreuve Enduro. Il a terminé derrière deux Européens, devenant ainsi le Nord-Américain le plus endurant.  

« J’étais vraiment surpris. Je ne pouvais pas espérer mieux pour cette fin de semaine, c’était parfait », a commenté l’athlète de 40 ans. Il a ajouté qu’il s’agissait d’une belle fierté pour lui, puisqu’il compétitionnait contre des grimpeurs professionnels. « Je suis heureux d’avoir réussi à me hisser à travers les grands noms du monde, même si je pratique cette passion de façon amateure et avec les moyens du bord! » 

L’Enduro est l’épreuve maîtresse du Festiglace de Pont-Rouge et est unique au monde. Alors que les autres compétitions d’escalade sont des épreuves de difficulté disputées sur une seule voie et en une seule fois, l’Enduro repose plutôt sur l’endurance. Chaque grimpeur dispose de deux périodes de 1h30 pour escalader le plus de voies possible. Les points sont déterminés en fonction de la longueur et de la difficulté des voies complétées.  

« C’est une épreuve qui me va bien, car je n’ai pas le gabarit ou le profil de l’emploi pour compétitionner contre des professionnels dans une épreuve de difficulté, je suis juste intuable à longue haleine », a rigolé celui qui est originaire de Saint-Norbert.  

Au total, il a réussi à faire 13 voies, une performance exceptionnelle. Le grimpeur a expliqué, afin de mettre les choses en perspective, que dans une journée d’escalade d’environ huit heures, il est généralement possible de faire trois ou quatre voies. « Ce que j’ai fait en trois heures équivaut à environ quatre jours d’escalade. » Il a réussi à faire les voies les plus difficiles et risquées avec les plus hauts pointages. « Ma stratégie était de foncer et ça a fonctionné! » 

Photo gracieuseté – Nelson Rioux Photographe

Un entraînement digne des pros 

Lors de sa première présence à l’épreuve de l’Enduro, l’an dernier, Serge-Alexandre avait créé la surprise en terminant en huitième position. Ce qui faisait de lui, pour cette édition, un concurrent à surveiller. « Nous avions tous le couteau entre les dents! Ça paraissait que le niveau serait encore plus élevé! » 

Pour se préparer à l’événement, le Joliettain s’est entraîné environ 20 heures par semaine. Il commençait ses journées en effectuant un peu plus d’une heure sur son mur d’escalade dans son garage avant d’enchaîner avec de l’entraînement fonctionnel en après-midi. Il terminait sa journée avec de l’entraînement de fond et effectuait une ou deux sorties d’escalade par semaine. Tout cela, en plus de son travail et de son rôle de père. « Il faut vraiment s’écouter, parce que, sinon, on peut vite se surcharger et se blesser. » 

Serge-Alexandre avait également eu moins de temps pour se rendre sur le site de l’Île aux Raisins, à Pont-Rouge, afin de se familiariser avec les parois, ce qui l’inquiétait légèrement. 

« J’ai toujours une hésitation à dire que je vais bien performer, car les Européens qui sont là ne s’entraînent pas dans leur garage, ils grimpent à l’extérieur à longueur d’année! Pour développer leur technique, leur finesse et leur aisance en paroi, il faudrait sortir grimper six jours par semaine, ce qui n’arrivera jamais avec mon rythme de vie! » 

Le Lanaudois possède également un gabarit très différent de ses compétiteurs, puisqu’il est plus grand et plus costaud. « J’ai l’air d’un géant de football à leurs côtés! C’est sûr que le calcul d’énergie déployée pour faire 13 voies est plus important pour un athlète de 200 livres que pour un de 140 livres. » 

Pour toutes ces raisons, Serge-Alexandre était étonné de se retrouver sur le podium. D’autant plus qu’une erreur dans le calcul des points l’avait d’abord placé en cinquième position. « Quand j’étais sur le podium, je n’y croyais pas! Je leur ai demandé, êtes-vous sérieux, êtes-vous certains ? » 

Cette troisième place représente pour le Joliettain tout un éventail d’opportunités pour pousser sa passion encore plus loin, « ça m’ouvre les yeux sur ce qui est possible au Québec et ailleurs dans le monde ».  

Avec son partenaire de grimpe Louis-Philippe Ménard, il a d’ailleurs récemment ouvert l’une des voies les plus difficiles du Québec et évoque qu’il n’aurait jamais pu atteindre ce niveau sans son entraînement pour le Festiglace.  

Il prépare également, pour l’année prochaine, une expédition d’escalade accessible en hélicoptère en Haute-Moisie et a aussi été invité à aller grimper dans les Alpes françaises. « Mon podium m’a vraiment ouvert des portes. » 

L’athlète est à la recherche de commanditaires afin de l’aider à réaliser ses prochaines expéditions. 

Photo gracieuseté – Nelson Rioux Photographe
Photo gracieuseté – Matt Westlake

 

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