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Emploi et formation
Style de vie

Étudier et travailler au Québec : un défi pour de nombreux étudiants

  • Publié le 10 mars 2026 (Mis à jour le 10 mars 2026)
  • Lecture : 3 minutes
Maxim et Luc, deux étudiants prêts à bien des sacrifices pour travailler en plus de leurs études.  Photo Médialo Julien Tilmant
Maxim et Luc, deux étudiants prêts à bien des sacrifices pour travailler en plus de leurs études. Photo Médialo Julien Tilmant

De plus en plus d’étudiants québécois doivent jongler entre leurs cours et un emploi rémunéré. Que ce soit par choix ou par obligation, cette réalité, parfois difficile, est de plus en plus courante pendant et après le secondaire. Rencontre avec deux étudiants qui ont fait le choix de gagner leur vie tout en apprenant leur futur métier. 

 Selon Statistique Canada, 47% des 15 à 19ans, 63% des 20 à 24 ans et 71% des 25 à 29ans combinaient ces deux modes de vie en 2023-2024. Autres données intéressantes: au collégial, 6étudiants sur 10 de 15 à 19ans sont déjà actifs sur le marché du travail et 7étudiants sur 10 pour les 20-24ans. Concernant les 25-29ans, ce chiffre stagne à 69% au collégial, mais atteint les 75% au niveau universitaire. 

Préparer l’avenir 

Mais si pour beaucoup d’étudiants, travailler est une nécessité permettant de répondre au coût de la vie et aux frais exigés par les études, pour certains c’est aussi une question d’équilibre. C’est le cas de Maxim, 18 ans, étudiant en technique de génie électrique au Cégep de Lanaudière, pour qui, au-delà d’une quelconque nécessité, le travail est quotidien.  

Employé chez STL Automatisation & Contrôle à Laval, il travaille essentiellement pour financer sa vie étudiante : livres, véhicule, gaz pour se déplacer… tout en mettant de l’argent de côté pour l’université. «J’ai de la chance, car je vis encore chez mes parents et ils ne me chargent aucun loyer, mais les études ça peut coûter cher…». Un constat qui a poussé le jeune homme à travailler dès le plus jeune âge.  

«Dès mes 13 ans, j’ai travaillé comme serveur à Mascouche puis j’ai fait trois ans chez McDonald’s. J’y travaillais environ 20 heures par semaine durant l’année scolaire et jusqu’à 45 heures l’été», confie Maxim qui, aujourd’hui, travaille environ 25 heures par semaine en plus de ses études tout en s’impliquant aussi dans l’association étudiante. 

Une organisation serrée  

Mais le pari de travailler en plus de ses études n’est pas donné à tout le monde. En effet, pour concilier les deux activités, Maxim mise sur une organisation millimétrée. Ainsi, il arrive au cégep dès 7 h afin d’avancer ses travaux pratiques, ses devoirs et ses tâches associatives. Un moyen pour lui de séparer clairement le temps consacré aux études et celui réservé au travail. 

Ce rythme parfois difficile implique aussi certains sacrifices. «Je dors en moyenne six à sept heures par nuit, et ça me suffit pour tenir le coup, mais je sais très bien que j’ai un mode de vie différent de celui des autres jeunes de mon âge.» Pourtant, malgré un horaire chargé, l’étudiant met à profit ses nombreuses heures passées au cégep pour profiter de ses amis. «Quand je rentre chez moi, c’est aussi le moment de prendre du temps avec ma famille.»  

Une charge mentale parfois difficile 

Autre témoignage éclairant sur la question de la conciliation études/travail, celui de Luc, 18 ans, étudiant en technique de comptabilité et de gestion lui aussi au Cégep de Lanaudière. Et pour cause, le rapport de ce jeune ultra dynamique avec le travail est impressionnant.   

Dès l’adolescence, il n’a pas hésité à cumuler plusieurs emplois en parallèle de l’école, travaillant entre autres dans une épicerie, en paysagement et pour la Municipalité de Sainte-Anne-des-Plaines. «Il y a eu plusieurs évènements dans ma vie personnelle qui m’ont conduit à travailler de manière intense, quitte à multiplier les heures», confie-t-il avec beaucoup de maturité.  

Un investissement personnel qui l’a même emmené, à son jeune âge, sur la voie dangereuse de l’épuisement professionnel. «Durant un été, j’ai travaillé jusqu’à 56 jours consécutifs, avec des journées dépassant souvent 13 heures.» Un moment compliqué à gérer et qui a convaincu Luc de ne plus travailler pendant une année scolaire complète afin de se recentrer sur ses études et sa vie étudiante. C’est alors le moment pour lui de s’impliquer dans plusieurs comités, dont l’association étudiante et le club entrepreneur. Comme quoi, le goût du travail… cela ne s’invente pas. «C’est quelque chose de formateur, car, quel que soit le type d’emploi ou de travail, cela te permet d’apprendre et développer ton réseau professionnel», conclut Luc pour qui l’investissement actuel est un tremplin vers des ambitions professionnelles. 

De nombreux étudiants sont dans l’obligation de concilier travail et études. Photo gracieuseté Adobe Stock
De nombreux étudiants sont dans l’obligation de concilier travail et études. Photo gracieuseté Adobe Stock

Travail des mineurs : de nouvelles règles depuis 2023

Adoptée le 1er juin 2023, la Loi sur l’encadrement du travail des enfants encadre plus strictement l’emploi des mineurs. Voici ce qu’il faut savoir : 

Âge minimal : il est interdit d’employer des jeunes de moins de 14 ans, sauf exception (gardiennage, tutorat, livraison de journaux, entreprise familiale, organisme sportif ou communautaire). Dans ces cas, un formulaire écrit des parents est obligatoire. 

Limite horaire : les élèves de moins de 16 ans ne peuvent pas dépasser 17 heures par semaine, dont 10 heures du lundi au vendredi. Cela ne s’applique pas en dehors des périodes scolaires, comme les vacances estivales ou les semaines de relâche. 

Pour rappel, au Québec, l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans et les enfants ne peuvent pas travailler pendant les heures de classe. Enfin, les jeunes de moins de 16 ans doivent être à leur domicile entre 23 h et 6 h, ils ne peuvent donc pas travailler ni se déplacer pour le travail pendant ces heures. 

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