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Il écope de 10 ans de pénitencier pour avoir tenté de tuer son meilleur ami


Publié le 23 novembre 2017

André Daigle, accusé.

©Photo tirée de Facebook

JUSTICE. Un jeune de 21 ans de Rawdon a écopé, jeudi, d'une peine de 10 ans de pénitencier pour avoir tenté de tuer son meilleur ami dans une violente agression au cours de laquelle il l'a laissé à son sort après lui avoir mis le feu.

En rendant sa sentence, la juge de la Cour supérieure Johanne St-Gelais a d'ailleurs souligné « la grande violence » des gestes et « l'insensibilité » de l'accusé, André Daigle,  lors de la commission de son crime pour lequel il a plaidé coupable en juin à des accusations de tentative de meurtre et d'incendie criminel.

Planifié

Le soir du drame, le 26 avril 2015, Michael Fiztgérald l'avait invité et une de leurs connaissances à venir jouer aux jeux vidéo. Il était alors loin de se douter que le duo avait planifié de l'agresser deux jours plus tôt.

Les deux jeunes hommes sont arrivés avec deux bouteilles d'eau remplies d'essence et deux barres de métal dissimulées sous leurs vêtements.

Après avoir feint un problème d'électricité, André Daigle l'a frappé avec une barre de métal. Au total, Michael Fitzgérald a reçu une dizaine de coups à la tête. Le complice d'André Daigle l'a poignardé dans le flanc gauche et au cou.

Puis, André Daigle a répandu de l'essence en sa direction dans le but d'effacer les preuves de son crime.  

Corps en flammes

Michael Fitzgérald a alors senti le feu se répandre en quelques secondes sur corps, alors que les deux complices prenaient la fuite, l'abandonnant à lui-même et sans appeler les secours. Michael Fitzégarld, s'est roulé au sol pour éteindre les flammes, puis il a réussi à se rendre chez un voisin qui a contacté les services d'urgence.

André Daigle a été arrêté dans les heures qui ont suivi et il est détenu depuis.

Michael Fitzgérald a quant à lui été plongé dans un coma forcé de trois mois. Quand il s'est réveillé, il a dû suivre une longue convalescence et il doit vivre quotidiennement avec les séquelles de son agression, dont celle d'avoir été brûlé sur la moitié de son corps.

Les séquelles physiques, et psychologiques, vécues par Michael Fitzgérald ont d'ailleurs été prises en compte par la juge dans l'imposition de la peine à André Daigle, tout comme son absence d'empathie, le fait qu'il ait abusé de la confiance de son meilleur ami et sa tendance à diminuer sa responsabilité et à reconnaître la gravité de ses gestes.

« Le Tribunal ne peut mettre de côté le potentiel de violence de l'accusé, le risque de récidive et le peu de désir manifesté par l'accusé d'entreprendre une démarche réelle et sincère vers une réhabilitation », a ajouté la juge Johanne St-Gelais.

Motifs obscurs

Par ailleurs, les motifs ayant poussé André Daigle à planifier et à tenter de tuer son meilleur ami demeurent obscures, comme l'a souligné la juge lors de son jugement.

L'accusé prétend que la victime a mentionné à quelques reprises vouloir avoir des relations avec sa sœur, laquelle fait, pour lui, office de figure maternelle après que sa mère biologique l'ait abandonné en bas âge.

La victime, Michael Fitzégarld nous confiait en octobre que, selon lui, la seule explication serait parce qu'il se serait aperçu d'une fraude et qu'il en aurait parlé à André Daigle deux jours avant d'être agressé.

André Daigle est d'ailleurs accusé d'avoir volé plus de 5000 $ à Michael Fitzgerald entre novembre 2014 et avril 2015.

Quant au complice, mineur au moment des faits, il a aussi plaidé coupable aux infractions de tentative de meurtre et d'incendie criminel pour lesquelles il a obtenu une sentence pour adulte de sept ans.