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Le film « Nous sommes les autres » présenté en primeur à Joliette


Publié le 10 novembre 2017

Jacques Drolet, Jean-François Asselin, Valérie Blais et Jean-Michel Anctil.

©(Photo TC Media - Guillaume Morin)

CINÉMA. L'avant-première du film Nous sommes les autres au Cinéma RGFM de Joliette, a pris des allures de rencontre de famille le 9 novembre dernier.

Le réalisateur Jean-François Asselin étant natif de Joliette et le scénariste Jacques Drolet ayant de la famille ici, les cinéphiles se pressaient en masse pour les saluer, les féliciter ou les embrasser au passage.

« Je suis fier et j'ai d'ailleurs insisté pour qu'on vienne présenter le film ici », a confié Jean-François Asselin en entrevue avec l'Action. De son côté, quelques minutes avec la projection, Jacques Drolet a affirmé : « Souvent, notre famille ne sait pas ce qu'on fait quand on travaille. Ils nous voient avec un regard nouveau. Je ressens une fierté infantile. »

Au total, plus de 400 personnes ont assisté à cette projection spéciale dans deux salles en simultané.

Jean-François Asselin planche sur ce premier long-métrage depuis huit ans. « Ce fut un très long processus. Ça a pris du temps avant que les gens comprennent ce que je voulais faire. »

Le réalisateur est notamment connu pour ses séries Les Pêcheurs, François en série et, plus récemment, Plan B, qui reviendra pour une seconde saison sur les ondes de Radio-Canada.

« Je présente des univers décalés, mais qui parlent de choses qui nous concernent et qui peuvent nous arriver. »

L'équipe a répondu aux questions à la suite de la projection.
(Photo TC Media - Guillaume Morin)

Nous sommes les autres traite de l'identité et de jusqu'où nous sommes prêts à aller pour plaire. Point de départ, la disparition d'un homme. Puis, trois personnages, soit Frédéric Venne (Émile Proulx-Cloutier), Myriam (Pascale Bussières) et Robert Laplante (Jean-Michel Anctil), qui voudront transformer leur vie pour remplir cette place vacante.

Le réalisateur décrit le long-métrage comme une fable identitaire. « Il y a des éléments oniriques. L'idée est de se demander jusqu'où on se transforme pour l'autre. »

La finale bouscule et implique le spectateur. « Je n'aime pas les films à message. J'espère que les gens vont se questionner. »

L'équipe s'est adressée au public avant la projection.
(Photo TC Media - Guillaume Morin)

Jacques Drolet précise que leur collaboration à lui et à Jean-François sur d'autres projets comme François en série leur a permis de se créer une dynamique d'écriture. « On voulait offrir ce qu'on a de plus profond. On est parti de ce qu'on est nous, de ce qui nous touchait le plus les deux, soit comment vivre sa vie sans tenir compte du regard de l'autre. Dans le fond, ça s'appelle devenir adulte…c'est accepter les ruptures qu'il y a avec ce que les autres veulent de nous. »

La démarche identitaire, les coscénaristes l'ont aussi vécue en écrivant. « Notre film, c'est aussi le cheminement qu'on a fait nous-mêmes. On s'est rendu compte qu'on était en train de faire un film pour les autres, il a fallu revenir à ce que nous on voulait faire. C'est provocant. »

« Il a fallu assumer ce qu'on avait envie d'être », ajoute Jean-François Asselin.

Le genre de Nous sommes les autres, tout comme celui du Plan B, sort des sentiers battus. « Il a fallu briser les plafonds de verre », avoue M. Drolet.

« On a eu du plaisir »

Le film met en vedette Pascale Bussière et Émile Proulx-Cloutier, ainsi que Jean-Michel Anctil dans son premier rôle au cinéma et Valérie Blais. Ces derniers étaient à Joliette lors de l'avant-première.

« Mon personnage, Robert Laplante, fait son métier pour plaire à sa femme et à son beau-père. Mais il s'est oublié », explique Jean-Michel Anctil. Il ajoute que Robert Laplante amène une bouffée d'air frais dans le film.

« J'ai toujours eu envie de jouer et découvrir ce rôle m'a donné encore plus le goût. »

La comédienne Valérie Blais, qui joue la femme de Robert, soutient que le public verra Jean-Michel Anctil dans une toute nouvelle dimension. « Il est extraordinaire. »

Elle mentionne que son personnage va assister à la métamorphose de son mari, sans trop comprendre, mais qu'elle va épouser la situation et accepter ce vent de changement.

Valérie Blais souligne que cette lutte pour plaire aux autres, bien que présente chez les hommes, est quasi innée chez la femme. « Ce sont des réflexions qu'on se fait tous. Les gens vont se reconnaître, ils sont tous déjà passés par là. »

« Ce n'est pas le film où vous allez rire le plus, mais nous on a eu du plaisir en le faisant », a précisé Jean-Michel Anctil.

Avant le film, l'équipe s'est adressée au public. Jean-François Asselin a tenu à remercier sa famille de toujours l'avoir soutenu, alors que certains l'avaient peut-être condamné en disant « qu'il ne ferait pas grand-chose de sa vie » lorsqu'il était jeune.

Alors que certains qualifient aujourd'hui Nous sommes les autres de chef-d'œuvre,  Jean-François Asselin annonce déjà qu'il a un autre long-métrage de prêt.

L'avant-première était une invitation du cinéma, mais aussi du Cinérépertoire et des Films Séville.

Jean-François Asselin tenait à présenter son film dans sa ville natale.

©(Photo TC Media - Guillaume Morin)