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19 mai 2020

Élise Brouillette - ebrouillette@medialo.ca

Une Lanaudoise veut faire avancer les choses

Reprise des cours en santé

Julie Gagnon

©Photo gracieuseté - L'Action

Julie Gagnon interpelle le gouvernement sur la formation professionnelle en santé.

Julie Gagnon, résidente de Saint-Jacques, étudie depuis janvier 2019 au Centre d’excellence en santé de Lanaudière dans le but de devenir infirmière auxiliaire. Elle a formé un regroupement et lancé une pétition afin, notamment, de demander une reprise des cours et une reconnaissance de tout le travail réalisé par les étudiants en CHSLD au cours de la crise.

Julie Gagnon étudie en Santé, Assistance et Soins infirmiers (SASI), qui est un diplôme d’études professionnelles menant à la profession d’infirmière auxiliaire.

Au début de la pandémie, sa cohorte avait complété 68 % de sa formation. Deux autres cohortes devaient graduer en juin. Puis, à la mi-mars, comme partout ailleurs, tout a été arrêté en raison de la pandémie.

Au cours des dernières semaines, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, a annoncé que la formation professionnelle pourrait reprendre avec des demi-groupes selon les calendriers qui seraient annoncés dans chaque région.

« Ils nous ont parlé de cours à distance, puis, tout a été reporté jusqu’au 31 août », explique Julie Gagnon. Elle souligne que plusieurs compétences qui sont enseignées peuvent très bien s’offrir à distance.

Au travail à temps plein

Avant la crise, cette dernière, qui est aussi une mère de famille, travaillait deux jours sur quinze comme préposée aux bénéficiaires.

Toutefois, en raison de l’arrêté ministériel, on lui a imposé un horaire de dix jours sur quinze depuis plusieurs semaines. Elle travaille donc à temps plein et de nuit.

Elle se dit consciente que le gouvernement ne veut pas perdre la main-d’œuvre constituée des étudiants et des enseignants, mais elle croit profondément qu’il y a un moyen de trouver un terrain d’entente afin de reprendre certains cours. Elle trouve dommage de ne pas pouvoir poursuivre sa formation, même partiellement, et demande au gouvernement de retirer aux centres de santé ce droit d’exiger que les étudiants travaillent à temps plein.

« Pourquoi peut-on aller travailler, mais pas aller en stage? On demande que les heures travaillées soient comptabilisées. » Selon elle, il y a déjà une pénurie et les décisions prises actuellement n’aideront en rien.

« La crise sanitaire qui sévit présentement est en train d’affaiblir les anges gardiens qui étaient déjà à bout de souffle. Nous vous demandons d’agir afin de nous permettre d’aller aider en CHSLD dans la profession que nous avons choisie et pour laquelle nous avons travaillé si fort », est-il écrit dans la pétition.

Julie Gagnon croit fermement que les étudiants doivent aller de l’avant avec leurs apprentissages, reprendre les cours, car le personnel présent dans le réseau de la santé est en train de tomber au combat et que la relève doit être prête à prendre le relais. « Nous voulons terminer notre formation pour aller en CHSLD s’occuper de nos aînés en faisant notre profession. »

Elle mentionne d’ailleurs que les compétences développées en travaillant pendant la pandémie sont incomparables. C’est pourquoi le regroupement d’étudiants demande que toute cette expérience et ces acquis soient reconnus et compatibilisés comme faisant partie intégrante de leur formation professionnelle. « Apprendre dans ce contexte, c’est une occasion unique, notamment au niveau des maladies infectieuses. »

Cette reconnaissance d’acquis permettrait aux étudiants les plus avancés de pouvoir graduer et intégrer le réseau.

Ce qui inquiète Julie Gagnon, c’est aussi toutes les nouvelles concernant les reprises à distance cet automne dans les cégeps et les universités.

« Pour nous, en septembre, que va-t-il advenir? Le ministre Roberge parle du primaire, du secondaire, des cégeps et des universités, mais rarement de la formation professionnelle. On paye nos frais de scolarité, on paye nos droits à l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires et on n’a aucune reconnaissance, aucune aide, on est comme tombés entre deux chaises. »

Julie Gagnon constate qu’il y a de grandes inégalités au Québec concernant la reprise ou non des cours en formation professionnelle en santé qui se fait à géométrie variable. « On veut que ce soit uniforme dans toutes les régions. »

La pétition a été mise en ligne le mardi 12 mai et en moins d’une journée, 500 signatures avaient déjà été recueillies.

Julie Gagnon aimerait ultimement obtenir une rencontre avec le premier ministre François Legault et le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge concernant leur plan pour la formation professionnelle, sa profession et elle souhaiterait partager ses idées et ses préoccupations. « Il faut vraiment reconsidérer la formation professionnelle en santé. Je me dis qu’en sensibilisant les gens, ça peut juste bouger. »

Pétition

Demandes du Regroupement québécois des étudiants en SASI au premier ministre et au ministre de l’Éducation :

Retirer le droit aux différents CISSS de garder les étudiants ainsi que les enseignants au travail avec une disponibilité à temps plein obligée pour leur permettre de continuer leurs apprentissages;

Permettre la reprise des cours et des stages de façon sécuritaire. Cette demande est basée sur le fait que si les étudiants peuvent aller travailler, pourquoi ne peuvent-ils pas aller en stage;

Revoir le système de sanction afin de pouvoir comptabiliser les heures travaillées comme préposés aux bénéficiaires et de faciliter l’obtention de différentes compétences afin d’aider à l’avancement des acquis et permettre aux étudiants de graduer.

Il est possible de signer la pétition intitulée « Reprise des cours de formations professionnelles en santé » sur la plateforme change.org.

Des enjeux préoccupants

Julie Gagnon a obtenu le soutien de la députée de Joliette, Véronique Hivon, dans ce dossier. « Cette situation mérite d’avoir une réflexion, même si nous avons besoin de ces étudiants actuellement, ils ne devraient pas être pénalisés à long terme, je ne peux pas croire qu’il n’y a pas moyen d’ajuster les choses », a confié la députée en entrevue avec L’Action.

Elle affirme que les stages devraient pouvoir se faire ou le travail être reconnu pour que les étudiantes puissent finir leur formation et intégrer le réseau de la santé où elles sont bien attendues. Mme Hivon compte d’ailleurs relancer le ministre Jean-François Roberge à propos de cet enjeu.

La députée Véronique Hivon mentionne qu’il existe quelques angles morts au niveau de la formation professionnelle et de la formation générale aux adultes. 

Centre d'excellence en santé

©Photo archives - L'Action

Les étudiants en formation professionnelle en santé souhaitent terminer leur formation afin de pouvoir intégrer le réseau de la santé.

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