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11 juin 2019

Élise Brouillette - ebrouillette@lexismedia.ca

Les mouches à pêche de Michel Leblanc exposées à Pont-Rouge

Michel Leblanc

©Photo Élise Brouillette - L'Action

Les répliques des mouches qui datent de 1830.

ART. Lauréat de plusieurs distinctions au cours des années, Michel Leblanc, de Rawdon, est un maître incontestable dans l’art du montage de mouches. Il vient d’ailleurs de réaliser des répliques de mouches à pêche datant des années 1830 pour un musée de Pont-Rouge. 

Parmi les prix internationaux dont le Rawdonnois est récipiendaire, mentionnons le titre honorifique de Grand maître-monteur que la Fédération québécoise pour le saumon de l’Atlantique (FQSA) lui a décerné en 2009. 

En 2017, il est arrivé deuxième au concours international de montage de mouches à saumon organisé par l’Atlantic Salmon Federation (ASF) dans le cadre du 150e anniversaire du Canada pour la création de la « Mouche Canada 150 ». 

Michel Leblanc a repoussé les limites du montage de mouches en mettant de l’avant une technique qui lui est exclusive, soit celle de former une image dans les ailes du leurre. Il transforme ainsi les mouches en véritables œuvres d’art. Chacune d’entre elles requiert une trentaine d’heures de travail. 

« Je suis fier de cette technique, mais j’aimerais aussi qu’elle prenne plus d’ampleur pour assurer sa pérennité », confie-t-il en entrevue avec L’Action.  

Pour la « Mouche Canada 150 », il a fait une représentation du drapeau du Canada. Parmi ses œuvres qui se sont démarquées au fil des années, notons la « Tsunami », en mémoire du tsunami des années 2000 et la « 1608 Don de Dieu », où on voit voguer le navire de Samuel de Champlain, réalisée à l’occasion du 400e anniversaire de Québec. 

Les compétitions internationales rassemblent des monteurs de partout sur la planète et permettent le partage de techniques diverses. « Avant, on ne savait pas ce qui se passait ailleurs, maintenant, la planète, c’est tout petit, ailleurs, c’est devenu à côté de nous », mentionne Michel. 

Outre ces mouches artistiques, il confectionne aussi des leurres pour la pêche, que l’on peut notamment retrouver dans les pourvoiries de la région. Il mentionne que les mouches faites à la main sont beaucoup plus résistantes que celles que l’on peut se procurer dans les magasins grande surface par exemple.  

Il poursuit que le montage de mouches est un art qui connait un engouement certain et qui se transmet toujours. « Ça prend même de l’ampleur, c’est plus facile avec internet, il y a beaucoup d’information disponible pour ceux qui veulent commencer. » 

Des rencontres entre monteurs de partout se déroulent d’ailleurs chaque année, à Joliette. « On échange des mouches, des connaissances…le montage de mouches, c’est sans fin, la créativité peut être illimitée! » 

Certaines incontournables demeurent, telles que les mouches imitatrices d’insectes ou de poissons et les mouches attractives qui ont des formes ou des couleurs spéciales. 

Michel Leblanc a été initié à la pêche très tôt par son père et il se met à s’intéresser à la pêche à la mouche à l’adolescence. 

« Ça va toujours faire partie de moi et j’en ferai aussi longtemps que je serai capable. » 

Une partie de l’histoire du Québec immortalisée 

Michel Leblanc raconte que dans les années 1820-30, le major James Brown, membre du 103e régiment, allait pêcher sur la rivière Jacques-Cartier. Il a créé des mouches pour la pêche au saumon et à la truite mouchetée. Il a aussi initié un jeune officier de l’armée britannique, Frederic Tolfrey, envoyé à Québec, à la pêche. Il lui a fait découvrir le site de pêche Déry. Ce dernier a publié un livre, datant de 1848 et intitulé « The Sportsman in Canada ». Dans cet ouvrage, Frederic Tolfrey partage les détails de ces séjours de pêche et 18 modèles de mouches du major Brown. « J’avais déjà lu ce livre et j’avais commencé à reproduire les mouches », explique Michel Leblanc. Le Moulin Marcoux, qui diffuse, développe et rend accessible les arts et la culture à Pont-Rouge, lui a demandé d’exposer les répliques de ces mouches au sein du musée. Ces dernières représentent une partie de l’histoire du Québec. « Je les ai montées avec les matériaux et les techniques de l’époque. Ces mouches-là ont de l’histoire », précise le monteur.  

Michel Leblanc a aussi déjà collaboré avec le Musée de pêche à la mouche de Waterloo. Il a monté des mouches historiques canadiennes pour le saumon atlantique trouvées dans des livres datant de 1860 et 1879.  

Il aimerait maintenant faire un projet conjoint avec le Musée d’art de Joliette. 

Peinture sur plumes 

En plus de ses mouches à pêche, Michel Leblanc s’adonne à une autre forme d’art, la peinture sur plumes d’oiseaux sauvages. Il peint à l’acrylique sur des plumes, notamment de dindes. Il exploite une technique peu commune, soit de faire en sorte que la peinture dépasse la plume. Michel Leblanc explique que cette forme d’art exige une grande minutie en raison de la fragilité des plumes. « Il faut y aller tranquillement, aussitôt qu’elle est mouillée, la plume perd ses propriétés. » 
 

Michel Leblanc

©Photo gracieuseté - L'Action

La remise des mouches du livre de Frederic Tolfrey au Moulin Marcoux, le 4 juin 2019, par Michel Leblanc à Gabrielle Boucher, agente culturelle de la corporation des lieux historiques de Pont-Rouge.

Michel Leblanc

©Photo Élise Brouillette - L'Action

Michel Leblanc peint aussi sur des plumes d’oiseaux sauvages.

Michel Leblanc

©Photo Élise Brouillette - L'Action

La technique artistique qui est exclusive à Michel Leblanc.

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