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14 septembre 2018

Geneviève Geoffroy - ggeoffroy@lexismedia.ca

Une victime se sent encore « défectueuse » 30 ans après avoir été agressée

Palais de justice de Joliette.

©Photo L'Action - Archves

JUSTICE. « Je sens toujours la brûlure de ses mains sur mon corps. La douleur qu’il m’a infligée. Encore maintenant, je le revois malveillant, je l’entends cruel. » Voilà quelques-uns des mots choisis par une victime s’étant adressée au tribunal après que son agresseur eut reconnu l’avoir agressée sexuellement quand elle n’avait que cinq ans.

« Il a décidé qu’il avait le droit de me toucher intimement. Il a décidé que mon corps ne m’appartenait pas et qu’il pouvait l’utiliser pour satisfaire ses envies […] Ce monstre ne s’est jamais arrêté, malgré mes supplications et mon inconfort. Il en riait si fort que son rire méchant résonne encore à mes oreilles aujourd’hui », a-t-elle poursuivi.

La jeune femme, qu’on ne peut identifier en vertu d’une ordonnance de la cour, a été victime de Normand Barnabé, 80 ans, à la fin des années 1980 et au début des années 1990, à Saint-Damien.

Il a plaidé coupable à une accusation de contact sexuel envers elle le 15 mai dernier.

Agressions encore vivantes

Il a touché ses parties intimes, lui mentionnant qu’il voulait vérifier si elle « était propre ». La jeune femme, alors une petite fille, lui a dit qu’elle n’aimait pas ça.

Vers l’âge de 10 ans, elle a verbalisé les attouchements à sa mère, mais aucune démarche n’a été entreprise à l’époque. Elle a porté plainte elle-même aux policiers en octobre 2016.

Encore aujourd’hui, elle vit avec de la peur et de la douleur.

« Bien que plusieurs années se soient écoulées, je me rends compte que les agressions sont demeurées extrêmement vivantes dans mon cœur, dans mon corps et dans ma tête, et ce, même si j’ai tenté de les effacer […] Trente ans plus tard, je suis toujours cette petite fille innocente dont il a bouleversé l’existence », a-t-elle décrit au juge qui devra décider de la peine à infliger à Normand Barnabé en octobre prochain.

Impression d’être « défectueuse »

La jeune femme se dit « bouleversée », « vulnérable », « triste » et vivant avec un « vide gigantesque » en son sein.

« J’ai l’impression d’avoir des pièces défectueuses qui ne se répareront jamais, a-t-elle dit. À cause de lui, ma vie est un lourd fardeau et, ça me fait tellement mal, que je préférerais ne jamais être venue au monde. »

La victime a plaidé devant le juge de ne pas épargner Normand Barnabé en raison de son âge avancé.

« Son âge ne devrait pas être un facteur atténuant, a-t-elle insisté. Être âgé ne devrait pas l’empêcher de prendre l’entière responsabilité de ses gestes. Parce que moi, mon âge ne m’a pas protégée de ce qui allait m’arriver. »

Une autre victime

Normand Barnabé a précédemment fait une autre victime, entre 1983 et 1986, aussi à Saint-Damien.

Il a plaidé coupable à une accusation d’agression sexuelle envers une jeune fille qui était âgé de sept ans quand les gestes répréhensibles ont commencé.

Il a commis plusieurs actes à caractère sexuelle envers elle, notamment à son chalet, dans sa chaloupe et dans sa voiture.

Certains des gestes étaient accompagnés de paroles telles que : « Quand tu vas être plus grande, hum, je vais y goûter ».

La victime a fait un premier dévoilement à son conjoint actuel en 1997 et a porté plainte contre Normand Barnabé en octobre 2016. Il a été arrêté en février 2017 par la Sûreté du Québec.

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