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17 Mai 2018

Geneviève Geoffroy - ggeoffroy@lexismedia.ca

Un dossier criminel pour un policier de la Sûreté du Québec de Lavaltrie

©Photo L'Action - Archives

JUSTICE. Un juge a choisi d'imposer, hier, un casier judiciaire à un policier de la Sûreté du Québec de Lavaltrie ayant battu avec violence un père de famille à coups de bâton télescopique.

Guillaume St-Louis, 36 ans, devra effectuer 200 heures de travaux communautaires dans un délai de 18 mois et se soumettre à une probation de deux ans au cours de laquelle il devra respecter toutes les conditions imposées par le tribunal.

Parmi celles-ci, il devra se rendre au quartier général de la Sûreté du Québec, situé sur la rue Parthenais, à Montréal, pour fournir un échantillon d'ADN au corps de police auquel il appartient toujours. Guillaume St-Louis a été reconnu coupable, en décembre dernier, d'avoir commis des voies de fait ayant infligé des lésions corporelles à sa victime, Alexandre Hébert, ce qui implique le prélèvement d'échantillons de substances corporelles.

Plusieurs coups

Le 9 décembre 2014, Alexandre Hébert allait reconduire sa fille de 11 mois à la garderie quand l'agent Saint-Louis l'a intercepté en plein cœur d'un quartier résidentiel pour les vitres teintées de son Acura grise.

L'interception a rapidement dégénéré. En moins de 10 minutes, Alexandre Hébert a été aspergé de poivre de Cayenne au visage et il a reçu plusieurs coups de bâton télescopique aux jambes, ainsi qu'aux mains. Il a aussi reçu deux coups à la tête alors qu'il luttait au sol avec le policier, avant d'être arrêté.

Lors de son procès, Guillaume St-Louis s'est défendu d'avoir agi par légitime défense par crainte pour sa sécurité face à un homme qu'il a qualifié d'«arrogant » et d'« agressif »,  mais le juge Carol Richer a conclu qu'il n'avait pas agi de manière raisonnable.

Force « exagérée »

Son avocate, Me Nadine Touma, militait pour qu'il obtienne une absolution inconditionnelle, ce qui lui aurait permis d'éviter d'avoir un casier judiciaire et ainsi améliorer ses chances de réintégration à la Sûreté du Québec, lui qui devrait faire face à une audition auprès de son organisation au sujet du maintien de son lien d'emploi puisqu'il aimerait reprendre la patrouille.  

Guillaume St-Louis risque la destitution, selon la Loi de la police, seulement pour avoir été reconnu coupable d'une infraction criminelle. Il a d'ailleurs porté le verdict de culpabilité en appel.  

Il est suspendu avec solde depuis le 3 juin 2015, après qu'une enquête des normes professionnelles ait été déclenchée contre lui. Puis, le 21 juillet suivant, le processus judiciaire s'est enclenché.

Malgré le risque de perte d'emploi de Guillaume St-Louis, le juge a estimé que la « force non nécessaire » et « exagérée » qu'il a exercé à l'égard d'Alexandre Hébert, ainsi que la gravité des gestes constituaient un « abus d'autorité » et révélaient un « degré de violence » qui ne militaient en aucun cas en faveur d'une telle absolution.

Le juge a aussi relevé, dans sa décision, les dures conséquences des gestes qu'ont causées les gestes de Guillaume St-Louis à sa victime, lesquelles, selon lui, ne militaient pas non plus en faveur d'une absolution.

« Les blessures à la tête et au tibia, le traumatisme crânien léger, la fracture de l'index de la main gauche en plus de nombreuses ecchymoses sont le résultat de l'intervention de l'accusé. Les conséquences des gestes posés par l'accusé ont conduit Alexandre Hébert vers une dépression sévère, lui qui était déjà en "burn-out" au moment des évènements », a soulevé le magistrat.

« L'enfer »

@R:En entrevue avec les médias tout juste après le prononcé du verdict, Alexandre Hébert a d'ailleurs fait part de sa fatigue psychologique et de son épuisement, conséquences directes, selon lui, du crime dont il a été victime et du processus judiciaire ayant suivi.

« Ça a été l'enfer et ce l'est encore », a-t-il dit, ajoutant que sa bataille contre Guillaume St-Louis n'est pas terminée.

En décembre, il a entamé une poursuite de 1,16 M$ contre lui.

Alexandre Hébert n'a pas recommencé à travailler. Il pense toujours à une réorientation professionnelle en raison de problèmes aux genoux et à la main gauche l'empêchant, pour l'instant, de récupérer son poste de chaudronnier dans l'industrie de la construction du Québec.

« Ça a hypothéqué ma vie. C'est un deuil au niveau de ma condition physique. C'est sûr que c'est un long processus d'acceptation », a-t-il dit.

Il s'est toutefois dit « soulagé » de la sentence rendue contre Guillaume St-Louis.

« Enfin il va payer pour ce qu'il  a fait, a-t-il laissé tomber. Je ne souhaite ça à personne. Ça a été un geste totalement gratuit en allant porter ma fille à la garderie. »

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