Carrières Avis de décès Classées Édition Électronique

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

Tribune libre

Retour

11 décembre 2018

Étudiant Cégep de Joliette - infolanaudiere@lexismedia.ca

Coming ouch!

Par Roxanne Ducharme. Près du tiers des Québécois et Québécoises considèrent que la condition de la communauté LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et trans) dans le monde est bonne, selon une étude de la Fondation Émergence. Or, la vérité est frappante : même au Québec, le coming out et le parcours qui s’ensuit restent une épreuve mal vécue pour certains. 

Treize ans après la légalisation canadienne du mariage homosexuel, la grande majorité des personnes LGBT se sentent encore obligées de faire un coming out auprès de leurs proches, par pure pression sociale. « Je me suis sentie seule dans le processus», dit Andreanne Migneault Tohermes, une jeune LGBT.  «C’est comme être en retard pour un cours. Tu es mal à l’aise parce que toute l’attention est sur toi, mais tu ne souhaites pas déranger les personnes ni l’ordre des choses. » Puisque l’hétérosexualité est majoritaire en société, toutes les autres orientations sexuelles ou identités de genre hors normes sont souvent mal perçues sans coming out. Les gens veulent un «avertissement » pour savoir qu’ils font face à quelque chose qui leur est inhabituel. Or, cet avertissement qu’est le coming out ne plaît pas toujours à ceux qui doivent le faire.

Pour certains, l’idée du coming out peut même engendrer une angoisse incontrôlable. Allant jusqu’aux crises de panique, les réactions de la projection que certains individus s’imposent en pensant à leur futur coming out sont nombreuses. «Moi, j’ai fait cette annonce pendant un brunch. Je me suis mise à pleurer, c’était automatique, témoigne Éléonore Douville. Ça reste une peur irrationnelle, une peur qui est là même si tu sais que c’est une peur qui n’a pas de sens.» En effet, la peur du coming out est tellement grande qu’elle reste souvent inexpliquée aux yeux de ceux qui la vivent. Évidemment, le phénomène est unilatéral; un hétérosexuel ne vivra jamais d’angoisse face à l’annonce de son orientation sexuelle.

Une fois le coming out fait, l’angoisse reste présente. Malgré l’augmentation de l’acceptation de la communauté LGBT au Québec, l’homophobie n’est pas disparue. Physiques ou verbales, les violences faites restent gravées dans la mémoire des victimes. «J’étais dans le métro avec mon ex, et il y a un gars qui est rentré, et il nous a vu nous tenir la main. Quand nous sommes arrivées à l’autre station, il nous a regardées vraiment croche, il a dit : “Osti de lesbiennes”, il est sorti et il nous a fait un “fuck you”. J’ai vraiment eu peur», signale Marie Chamberland. Une attaque de la sorte, peu importe son ampleur, peut avoir beaucoup d’impact. Pas étonnant que la communauté LGBT ne se sente pas toujours à l’aise de vivre librement en public.

Publicité

Défiler pour continuer

En 2018, seulement 25 pays permettent le mariage homosexuel. Les Canadiens ont la chance de bénéficier de ce droit fondamental. Or, il reste du travail à faire lorsqu’on considère que les personnes LGBT ne se sentent même pas à l’aise de se réjouir d’une pleine liberté.

Commentaires

Inscrivez votre commentaire

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Agence Web Joliette - Caméléon Média