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08 octobre 2018

Donald Brouillette - infolanaudiere@lexismedia.ca

80e anniversaire du camp qui change des vies

Camp Papillon

©Photo Donald Brouillette - L'Action

Tony Shorgan, 97 ans, campeur de la première heure en 1938, a été accueilli en véritable rock star!

SAINT-ALPHONSE-RODRIGUEZ. Le Camp Papillon qui accueille depuis 1938 des jeunes ayant un handicap physique ou intellectuel a tenu une journée retrouvailles, rassemblant anciens campeurs, moniteurs, bénévoles, directeurs, partenaires et donateurs, dans une atmosphère festive et empreinte d’émotion.

En début de journée, le directeur général de la Fondation Papillon, Jean Duchesneau, a rappelé qu’au fil de ses 80 ans, le camp a accueilli plus de 100 000 campeurs et compte maintenant des installations « gigantesques » avec plus de 70 bâtiments.

Si les chiffres impressionnent bien sûr, c’est la différence qualitative que le camp a fait dans la vie des campeurs, moniteurs et gestionnaires que retiennent plusieurs personnes interviewées sur le site.

Ainsi, Yves Beauregard, qui fut d’abord moniteur à partir de l’âge de 15 ans en 1957, et qui deviendra directeur du camp de 1974 à 1979. « Notre approche c’était de dire le maximum qu’ils peuvent faire, ils doivent le faire (les campeurs). On est allé faire du camping à l’extérieur du camp avec des jeunes en fauteuil roulant. Faut que tu sois un peu fou dans la vie! », nous dit-il. L’ex-directeur se souvient avec émotion d’un jeune campeur multihandicapé qui est devenu moniteur par la suite, au camp Papillon, puis dans d’autres camps et qui est psychologue aujourd’hui. « Les moniteurs qui étaient ici à l’époque sont tous restés actifs socialement », poursuit Yves Beauregard qui admet que son expérience au camp, de plus d’une quinzaine d’années, a modelé le reste de sa vie.

D’anciens campeurs témoignent

Même émotion vibrante, malgré le temps passé, chez Manon Paul-Hus, campeuse, puis monitrice et chef de groupe, de 1960 à 1974. « Ce sont des années de bonheur! J’ai eu la poliomyélite à six ans, je suis venue au camp l’année suivante. J’étais fébrile à chaque année quand approchait la période d’inscription. J’avais des amis ici, c’était mon deuxième chez-nous! Puis j’ai été monitrice, j’ai vu que j’étais capable d’avoir de la compassion. On restait longtemps fidèle au camp à cette époque-là ».

Pour Wady, qui vient au camp depuis 35 ans, le camp Papillon l’a changé. « J’avais 5 ans, j’étais replié sur moi-même, agressif. J’ai vu qu’il y avait d’autres gens comme moi, que même si t’as un handicap il n’y avait pas de discrimination, que tout est possible. J’ai fini mon secondaire et j’ai étudié en génie-télécomm, puis j’ai eu ma propre entreprise internet. »

Si le camp a changé la vie de beaucoup de campeurs, il est souvent déterminant pour les moniteurs aussi. Patrick Hébert, de son nom de camp « Artifiice », s’est inscrit dans une Technique d’intervention en loisirs, après avoir travaillé en 2011, 2014 et 2015 au camp Papillon.

Grand moment d’émotion

On a procédé à l’heure du midi à l’inauguration du Parc Benny, un module de jeu érigé au cœur du camp avec l’appui financier de la Fondation pour les jeunes Benny & Co, qui a versé 225 000 $ pour sa réalisation.

Alors que les participants étaient réunis pour le dévoilement du Parc Benny, Tony Shorgan, campeur de la première cohorte de 1938- âgé de 97 ans aujourd’hui- a fait son arrivée. La foule a été invitée à lui faire une haie d’honneur à l’entrée du site et on ne comptait plus les gens qui se sont massés autour de son fauteuil roulant pour lui demander: « Me reconnaissez-vous? Vous souvenez-vous de moi? » C’est que Tony Shorgan a été aussi directeur du camp de 1950 à 1973.

©Photo Donald Brouillette - L'Action

Manon Paul-Hus est l’une de ces nombreuses personnes qui ont vécu le camp d’abord comme campeuse, puis à titre de monitrice.

©Photo Donald Brouillette - L'Action

Inauguration du parc Benny, un module de jeu aménagé au cœur du camp Papillon.

©Photo Donald Brouillette - L'Action

La journée a commencé par une interprétation endiablée par les moniteurs et monitrices de l’Hymne du Camp Papillon.

©Photo Donald Brouillette - L'Action

Les retrouvailles étaient chaleureuses pour Yves Beauregard qui fut moniteur, puis directeur du camp Papillon, il y a une quarantaine d’années.

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