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L'épicerie de Sainte-Béatrix est à vendre


Publié le 6 novembre 2017

Le Marché Latendresse & Fils.

©(Photo tirée d'internet)

AFFAIRES. Le propriétaire du Marché Latendresse & Fils de Sainte-Béatrix, Yvan Latendresse, confirme que son épicerie est à vendre.

Le commerce est à vendre par la compagnie depuis trois ans, mais Yvan Latendresse vient de personnellement mettre des annonces sur les réseaux sociaux. Il s'apprête aussi à faire appel à un agent d'immeuble.

M. Latendresse est dans le commerce de détail depuis 32 ans, le Marché Latendresse & Fils est une épicerie de quatrième génération. « La clientèle quitte les petits marchés. On se sent délaissés », confie-t-il en entrevue avec l'Action.

Ce dernier raconte que le chiffre d'affaires de l'épicerie diminue de 5 à 10 % par année, et ce, depuis cinq ans.

« Chaque fois qu'une grosse chaîne ouvre à Saint-Charles-Borromée ou à Joliette, c'est un gros coup pour nous, parce que les travailleurs arrêtent là-bas, en chemin. »

Il ajoute que la fermeture du point de service de la Caisse Desjardins de Kildare a aussi été un coup dur. « Les gens vont à la Caisse à Saint-Alphonse maintenant et arrêtent au Metro en face. »

Si les ventes diminuent, les frais fixes, eux, ne cessent d'augmenter, dénonce le propriétaire. « Ce sont des coûts que nous ne sommes plus capables de gérer. Au plus fort, nous étions 17 employés, là nous sommes 5. »

Il avoue avoir tout essayé, autant de proposer des centaines de sortes de bières de microbrasseries, que des produits biologiques ou du terroir. « On a essayé tellement d'affaires… Un moment donné, il faut prendre la décision d'arrêter. »

Yvan Latendresse souligne qu'il n'est plus sous contrat et qu'un éventuel acquéreur pour faire affaire avec n'importe quelle bannière ou être indépendant.

Se retrousser les manches

L'Action s'est entretenu avec le président-directeur général du Conseil québécois du commerce de détail, Léopold Turgeon, à propos des enjeux auxquels les petits commerces tels le Marché Latendresse & Fils sont confrontés.

« Les enjeux principaux sont la rentabilité, la main-d'œuvre, les technologies et la diversité des produits », affirme-t-il.

« L'enjeu de la rentabilité est majeur, parce que sans profit, tu étouffes de tout bord tout côté. Les employés peuvent être difficiles à trouver. Côté technologies, les commerces n'ont pas toujours les ressources ou le personnel requis alors que le consommateur, lui, a évolué. »

Par contre, selon lui, le grand atout de ces commerces de détail est la proximité, que les géants ne réussiront jamais à égaler.  « Il faut se servir de cet atout de la proximité, proposer des produits différents, des produits locaux. Même Amazon n'aura jamais cette proximité. »

Pour se différencier, il ne faut pas hésiter à être inventif et même, ajoute-t-il, faire entrer des bijoux ou des tricots dans une épicerie.

« Il y a des possibilités, mais la partie n'est pas gagnée », nuance-t-il.

« La question à se poser est : est-ce que j'ai fait connaître mon produit? Il faut que ça se sache. J'ai mon produit différent, mais est-ce que je rejoins ma clientèle? »

En ce sens, M. Turgeon croit que les commerces de proximité doivent innover et proposer des activités, des événements, afin de rejoindre les clients. « Il y a moyen de s'en sortir, mais il faut adopter des stratégies au goût du jour. Aller vers l'événementiel et se démarquer avec l'expérience client. Il faut se retrousser les manches », conclut-il.