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Des camionneurs en colère contre le MTQ manifesteront à Joliette

Ils lui reprochent de ne pas agir pour enrayer la fausse facturation et la corruption sur ses chantiers


Publié le 10 mai 2018

Martin Mousseau.

©Photo L'Action - Geneviève Geoffroy

MANIFESTATION. Des centaines de camionneurs en vrac paralyseront lundi les multiples bureaux du ministère des Transports du Québec à travers la province, dont à Joliette, parce qu'ils lui reprochent de ne pas agir pour enrayer la fausse facturation et la corruption sur ses chantiers.

À Joliette, dès 6 h 30, 56 camionneurs de l'Association des Transporteurs en vrac de la Zone de Joliette seront presque tous stationnés dans le stationnement du bureau régional du ministère, situé sur le boulevard Manseau, et ce, jusqu'en soirée, assure Martin Mousseau, président du conseil d'administration de l'association régionale.

« Il va y avoir 40 à 50 camionneurs dans la cour », dit-il.

Ces camionneurs de Joliette, comme les quelque 5 200 autres comptant manifester lundi à travers la province, font partie de l’Association nationale des camionneurs artisans, laquelle se trouve à l'origine de cette grande mobilisation contre le ministère des Transports du Québec.

Son président, Gaétan Légaré, avance que le ministère des Transports laisse l'opportunité à des entrepreneurs travaillant sur ses chantiers de faire affaire avec des camionneurs sans transiger par des organismes de courtage accrédités et supervisés par la Commission des transports du Québec.

Il reproche au gouvernement que cette manière de faire puisse laisser place à de la fausse facturation, de la corruption et du travail au noir.

« Quand un entrepreneur et un camionneur transigent par un organisme public de courtage, cela permet d'avoir une trace de la transaction et évite du même coup la possibilité qu'il y ait de la fausse facturation, mais en ce moment, il y en a qui ne passent pas par là », dit-il.

Il ajoute que « le système est déjà là » et que le ministère « n'a qu'à obliger les entrepreneurs à transiger par lui pour leurs besoins en camions ».

« Mais le gouvernement n'agit pas pour le faire même si les outils sont en place », reproche-t-il.

Selon l’Association nationale des camionneurs artisans, plus de 300 municipalités ont choisi d’imposer à leurs entrepreneurs d’utiliser exclusivement les services de camionneurs régis économiquement par la Commission des transports du Québec, pour leurs besoins en camions dans l’exécution de projets municipaux.

« Il est inconcevable que le ministère n’impose pas la même règle à ses entrepreneurs, poursuit Gaétan Légaré. C'est quoi son intérêt à ne pas adhérer à ça? On ne comprend pas. »

Les camionneurs en vrac travaillent surtout sur les chantiers publics de construction, qu'ils soient gouvernementaux ou municipaux. Ils transportent divers matériaux, comme de la pierre, du sable, de l'asphalte, des matériaux d'excavation, etc.