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Le combat d'une fillette de six ans contre le cancer

Toute une communauté s'est rassemblée pour lui témoigner de son soutien


Publié le 30 janvier 2018

Mélie Dalphond et sa mère, Annie Bastien.

©Photo - gracieuseté

TÉMOIGNAGE. En octobre dernier, Mélie Dalphond n'a pas connu un sixième anniversaire comme les autres jeunes enfants de son âge. Elle avait tellement mal à la jambe qu'elle n'a pas voulu manger ni développer ses cadeaux de fête. Quelques semaines plus tard, on lui diagnostiquait un cancer. Depuis, la fillette se bat quotidiennement contre ce mal devenu son adversaire.

En entrant chez elle, à Notre-Dame-des-Prairies, on peut apercevoir Mélie Dalphond et sa mère, Annie Bastien, 36 ans, assises à la table de cuisine. Ensemble, elles bricolent un capteur de rêves pour protéger la jeune fille des mauvais rêves. C'est que ses traitements lui causent parfois des cauchemars.

Puis, Mélie Dalphond marche quelques pas et va s'asseoir dans le salon pour regarder un dessin animé pendant que sa mère nous accueille. Pour Mélie Dalphond, c'est une grande victoire. Elle peut marcher à nouveau depuis seulement quelques semaines, explique Annie Bastien, un regard de fierté dans les yeux.

Un dur coup

« Ma fille a un très fort caractère, elle a une tête forte et elle ne s'en laisse pas imposer », affirme-t-elle avec conviction.

Il y a environ trois mois, la vie de la famille de Mélie Dalphond a complètement basculé quand on lui a appris à l'hôpital de Joliette qu'elle avait une tumeur.

« Vous savez les annonces sur le cancer à la télévision ? Le coup, moi, ça a été là que je l'ai eu, raconte sa maman. Ça a vraiment été un coup parce que moi, j'allais à l'hôpital en croyant me faire dire qu'elle avait des problèmes intestinaux ou, au pire, une appendicite. Mais jamais je ne m'attendais à ça. »

Après plusieurs semaines de tests à Sainte-Justine, on lui a finalement diagnostiqué le 16 novembre dernier un rhabdomyosarcome au ventre, un cancer infantile prenant naissance dans les cellules musculaires ou dans les tissus qui sont des précurseurs des cellules musculaires.

La jeune fille qui n'avait presque jamais été malade depuis sa naissance devait maintenant se battre contre cet adversaire de taille.

Divers traitements

Pour Annie Bastien, recevoir le diagnostic a en quelque sorte eu l'effet d'un soulagement.

« On ne fait plus juste combattre la douleur et l'atténuer, là, on s'attaque aux cellules [cancéreuses]. On ne fait plus juste chercher, on traite le problème », explique-t-elle.

Mélie Dalphond.
Photo L'Action - Geneviève Geoffroy

Depuis, sa fille doit subir divers traitements de chimiothérapie chaque semaine selon un protocole de 42 semaines. Elle devra aussi commencer bientôt la radiothérapie.

Fâchée contre la vie

Mélie Dalphond a donc dû arrêter d'aller à l'école. Elle venait tout juste de commencer la maternelle. Elle devait aussi jouer au hockey cet hiver, mais ce ne sera pas possible. Elle ne peut plus sortir comme elle le veut. Par exemple, elle doit éviter de se rendre dans des endroits publics fermés pour ne pas attraper de virus.

« Elle est venue à être fâchée contre la vie en général un moment donné, explique sa mère. Pour nous aussi. On se disait que c'était une année qu'on allait perdre, qu'il y avait plein d'activités qu'on ne pourrait plus faire, mais il y en a qu'on peut faire quand même. »  

Annie Bastien a pris les moyens que sa fille puisse voir des amis, par petits groupes, une fois de temps en temps à la maison.

Elle peut aller voir son frère, Loan, neuf ans, jouer au hockey étant donné que c'est à l'extérieur. Puis, le mercredi matin, elle va voir ses amis de la maternelle à l'école Panet de Sainte-Béatrix pendant une dizaine de minutes.

Mobilisation des élèves

Mélie Dalphond.
Photo L'Action - Geneviève Geoffroy

Après le troisième traitement de chimiothérapie, soit un peu avant le temps des Fêtes, Mélie Dalphond  a perdu ses cheveux. C'est avec beaucoup de résilience que la jeune fille a décidé de les couper elle-même.

« Quand on a su qu'elle allait perdre ses cheveux, on a dit à son frère Loan qu'il pourrait se raser la tête aussi afin de l'accompagner, mais il n'a pas voulu. Le petit voisin chez son père, Thomas, a dit que lui, il allait le faire et Loan a dit: "Moi aussi alors" », raconte Annie Bastien.

De fil en aiguille, un défi têtes rasées de Leucan a été mis sur pied, notamment grâce à l'aide de la mère de Thomas et du professeur de sixième année à cette école, Sophie Vivier. Le projet des deux jeunes garçons a d'ailleurs été discuté à l'école.

Mélie Dalphond et son frère aîné, Loan Dalphond.
Photo - gracieuseté

« Les élèves se sont énormément mobilisés », indique-t-elle.

Objectif dépassé

En tout, 35 personnes devraient participer au défi, dont 13 élèves de l'école Panet. En plus de ceux qui se feront raser la tête, les élèves de l'école ont amassé 1 371 $ pour le défi.

Alors que le premier objectif était de 3 000 $, 19 300 $ étaient déjà amassés en date du 29 janvier, soit quelques jours avant le défi qui doit avoir lieu le 3 février, au Pavillon du village, à Sainte-Béatrix.

En plus des élèves de l'école Panet, plusieurs personnes de divers milieux se sont impliquées bénévolement dans l'organisation de ce défi qui devrait prendre les allures d'une grande fête.

Zumbathon, spectacle de clowns, souper spaghetti, musique, animation, tout a été mis en place pour célébrer le combat que mène Mélie Dalphond contre le cancer.

« À la base, c'est pour encourager ma fille. Puis, nous ferons d'une pierre deux coups en encourageant aussi Leucan qui est là pour nous à tous points de vue », indique Annie Bastien.

« Ce sera une fête de la communauté », résume Sophie Vivier.

Programmation

·         14 h – Zumbathon  Famille (billets en vente)

·         15 h 30 – Spectale Bario et la fée Harmonie (gratuit)

·         17 h – Souper spaghetti (contribution volontaire)

·         19 h 30 – Défi têtes rasées

Le défi et les activités auront lieu au Pavillon du village, au 821 Avenue du parc, à Sainte-Béatrix, le 3 février 2018.

Information : 450 803-2643 ou 440 916-5959