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Audrey Boisjoly, une jeune mairesse qui attire l’attention


Publié le 9 novembre 2017

Audrey Boisjoly, mairesse élue de Saint-Félix.

©Photo TC Media - Caroline Morneau

AFFAIRES MUNICIPALES. « Je me suis présentée parce que j'avais l'impression d'avoir ma place en politique, je n'avais pas prévu que mon élection susciterait autant d'attention », témoigne Audrey Boisjoly, mairesse élue de Saint-Félix-de-Valois. À 26 ans, elle est certainement l'une des plus jeunes, sinon la plus jeune femme nommée à la tête d'un conseil municipal au Québec en 2017.

L'Action n'a pu se faire confirmer officiellement auprès de différentes instances que Mme Boisjoly est la plus jeune mairesse désignée de la province, puisqu'il n'existe aucune statistique précise sur l'âge des élus du 5 novembre dernier. Toutefois, si elle n'est pas la cadette de ses pairs féminins, celle qui sera assermentée sous peu n'est pas loin du titre.

« Je suis consciente que mon élection est plutôt atypique. Je pense que j'ai fait campagne de façon positive et que c'est ce que les gens ont aimé », analyse la principale intéressée.

Depuis lundi, son téléphone n'arrête pas de sonner. Plusieurs demandes d'entrevue lui ont été faites, à son grand étonnement. Manifestement, sa victoire et celle de plusieurs autres femmes au Québec font grand bruit. Selon des données compilées par le ministère des Affaires municipales, 205 femmes ont été élues mairesses au Québec en 2017, soit une hausse de 15 élues depuis 2013.

« Quand je pense à la vague de femmes élues le 5 novembre, par exemple à Valérie Plante à Montréal, ce qui me vient en tête, c'est le positivisme et le dynamisme. Les candidates féminines amènent ça, peut-être. Le côté plus naturel, plus humain, plus ouvert. Ce que je peux dire sur moi, en tout cas, c'est que je ne suis pas ici pour faire un "power trip". »

Passionnée de politique depuis l'enfance

« Mon père a étudié en politique. Il me transmettait déjà sa passion quand j'avais sept ans, raconte Audrey Boisjoly. Je me souviens qu'à table, on parlait beaucoup d'actualité, avec mes parents qui étaient plutôt sociaux-démocrates. L'importance de développer un esprit critique m'a été inculquée très jeune. »

Alors qu'elle était étudiante au cégep, ses amis venaient lui demander conseil avant d'aller voter.

« J'étais la référence pour eux, celle qui lisait les journaux. J'ai toujours aimé m'informer. À l'université, mes cours en politique étaient mes préférés », ajoute la détentrice d'un baccalauréat en Gestion publique à l'UQAM et ancienne attachée politique au palier provincial.

« Je voulais travailler en politique, mais si on m'avait demandé il y a deux ans si je comptais devenir mairesse de Saint-Félix, j'aurais dit non. Je ne pensais pas qu'une telle opportunité se présenterait à moi si vite. »

Selon la mairesse désignée, les jeunes dans l'ensemble s'intéressent peu à la politique, car ils ne se reconnaissent pas dans le système actuel. Une plus grande représentativité des jeunes élus, croit-elle, pourrait inciter les adolescents à s'informer et à s'intéresser aux enjeux sociaux davantage. Les 18 à 34 ans, dévoilent des données du ministère des Affaires municipales,  représentent, en 2017, 8,3 % de tous les élus, une proportion stable par rapport à 2013.

« L'intérêt des jeunes passe par une meilleure éducation aussi, à mon avis. Déjà, s'il y avait des cours en politique au secondaire, ça aiderait. »

Les priorités

Bientôt à la tête du conseil municipal de Saint-Félix, Audrey Boisjoly entend prioriser l'amélioration de la fluidité de la circulation sur la route 131. Elle compte, en collaborant avec le ministère des Transports, réaménager certaines artères afin de faciliter l'accès aux domaines résidentiels.

La mairesse élue souhaite également augmenter la sécurité dans les quartiers résidentiels, notamment en ajoutant des dos-d'âne à certains endroits stratégiques. La vitesse et la conduite dangereuse dans les domaines sont des problématiques qui lui auraient été rapportées par plusieurs résidents.

« Je veux écouter mes citoyens. D'ailleurs, je prévois créer un budget participatif qui sera destiné à financer des projets proposés par la population. Parmi les projets amenés, les citoyens seront invités à voter pour ceux qu'ils préfèrent. »

L'environnement est également au cœur des priorités de Mme Boisjoly. Elle songe à implanter des bornes de recharge électrique dans le village en plus d'instaurer la collecte à trois voies pour les commerces.

« En prévision du prochain budget, ce qui sera important sera de faire une bonne planification. J'ai hâte de discuter de tout ça avec mes conseillers. »

À noter que la première réunion du nouveau conseil de Saint-Félix aura lieu le 13 novembre.