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Les producteurs se préparent pour la future politique bioalimentaire

Publié le 8 novembre 2017

Véronique Hivon, André Villeneuve et Marcel Papin.

©(Photo TC Media- Mélissa Blouin)

AGRICULTURE. Les représentants de la Fédération de l'UPA de Lanaudière (FUPAL) ont rencontré les députés provinciaux de la région en vue d'un sommet sur l'alimentation du gouvernement du Québec qui se tiendra le 17 novembre. Il réunira l'ensemble de la filière allant de la terre à la table et sera la dernière étape avant le dépôt d'une politique bioalimentaire prévu pour le printemps prochain.    

« La politique devra répondre à plusieurs attentes pour permettre au secteur agricole et de la transformation de continuer à contribuer au développement économique et à la création d'emplois», a souligné le président de la FUPAL, Marcel Papin.

Parmi ces attentes, les producteurs veulent un appui aux investissements afin de maintenir la compétitivité du secteur et de répondre aux attentes sociétales liées à l'environnement, le bien-être animal et la qualité. « Il faut que nous ayons moins de contraintes et qu'on puisse continuer de s'émanciper dans la société. C'est nous qui nourrissons la population et nous avons droit à du respect», a dénoncé M. Papin.

La Fédération demande aussi un appui à la relève, dans un contexte où de plus en plus de jeunes se montrent intéressés par l'agriculture, et une amélioration des programmes de gestion de risques pour contrer les aléas touchant les conditions climatiques, les fluctuations de prix et les épidémies.

« Nous sommes confrontés à tellement d'imprévus que nous avons besoin de bons programmes d'assurance récolte et d'assurance stabilité. Quand un producteur traverse une mauvaise année, il peut reculer de 20 ans ou carrément disparaître de la carte. »

Les producteurs agricoles fondent beaucoup d'espoir en cette prochaine politique. Ils mentionnent qu'au cours des dernières années il y a eu de multiples consultations sans qu'il n'y ait véritablement de suivi.

L'appui des députés

De son côté, la députée de Joliette, Véronique Hivon, a déclaré que des rencontres comme celle-ci, avec la FUPAL, sont précieuses parce qu'elles permettent de bien comprendre les priorités de la région. « Tout part d'une vision globale et pour nous, la priorité est que cette politique soit pérenne et capable de vivre au-delà des changements de gouvernement tout en amenant de la prévisibilité. »

Le député de Berthier, André Villeneuve, a continué en ce sens en racontant qu'en 2013 une politique de souveraineté alimentaire avait été déposée à l'assemblée nationale et bien accueillie par le milieu agricole. Il ajoute que lors du changement de gouvernement, en 2014, celle-ci avait été retirée. « Ce retrait nous a fait perdre quatre ans. Une bonne idée, peu importe d'où elle vient, demeure une bonne idée. »

Selon lui, le gouvernement doit démontrer une pleine volonté de soutenir comme il faut le monde agricole. Il souhaite que la politique concorde avec les réalités de la province et qu'elle fasse en sorte que les Québécois retrouvent des produits de chez eux dans leur assiette. Il a aussi demandé à ce que le Québec soit compétitif avec les états qui l'entourent. Ce qui l'a amené au sujet de la taxation foncière agricole.

« Les terres agricoles font présentement l'objet d'une taxation qui ne tient pas la route », a conclu M. Villeneuve. Les producteurs ont mentionné à leur tour que l'augmentation de la valeur des terres a connu une hausse de 800 % depuis 20 ans et que cette situation, décriée depuis plusieurs années, fait toujours l'objet d'une sourde oreille de la part du gouvernement.

« Il est urgent que le ministre de l'Agriculture mette en place une table de travail réunissant la Fédération québécoise des municipalités, l'UPA et les ministères pour corriger les problèmes liés à la taxation foncière agricole », a terminé M. Papin.