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Les passages à niveau, des endroits problématiques des chemins de fer, selon un policier du CN

C'est au Québec que s'est produit le plus grand nombre d'accidents aux passages à niveau en 2016


Publié le 7 novembre 2017

©2016 Denis Germain

©Photo TC Media - Archives , ©2015 Denis Germain - www.photographiesurlevif.ca

PRÉVENTION. C'est au Québec que s'est produit le plus grand nombre d'accidents aux passages à niveau en 2016, soit un sur cinq au pays. Les passages à niveau font d'ailleurs partie des zones problématiques des chemins de fer, selon un policier du Canadien National (CN).

En effet, selon un rapport du Bureau de la sécurité des transports du Canada, 22 % de l'ensemble des accidents aux passages à niveau sont survenus au Québec l'an dernier, soit une hausse par rapport à la moyenne de 12 % des cinq dernières années pour cette province.

Trop souvent

Mouhcine Aynouche, policier au CN depuis trois ans, constate d'ailleurs qu'il arrive « encore trop souvent » que des citoyens ne s'arrêtent pas aux passages à niveau à l'approche d'un train et lorsque la signalisation est activée.

Selon lui, il peut arriver que, plutôt que de s'immobiliser, des automobilistes ou des piétons, par empressement par exemple, accélèrent, pensant avoir le temps de passer. Une action dangereuse selon le policier qui affirme que la vitesse d'un train est, en réalité, difficile à évaluer.

« S'ils sont en voiture, certains vont accélérer au point que les barrières touchent presque la voiture. Il s'agit de comportements qui sont très à problème à notre niveau et nous priorisons la prévention à cet effet dans notre mandat de favoriser la sécurité publique », affirme-t-il.

Interdit de s'immobiliser

Il rappelle d'ailleurs qu'il est interdit de s'immobiliser sur un passage à niveau, sous peine d'une amende de 221 $, et ce, même dans le trafic, comme sur la rue Beaudry, à Joliette, par exemple.

« Quand même que le train mette les freins d'urgence parce qu'il y a un impact à éviter, c'est lourd, c'est long et ça peut prendre jusqu'à plus d'un kilomètre avant de s'immobiliser […] Il ne faut sous aucun prétexte immobiliser son véhicule à un passage à niveau », souligne-t-il.

Divers incidents

Dans la région de Joliette, selon des données du Bureau de la sécurité des transports du Canada, entre octobre 2011 et janvier 2017, il y a eu 13 accidents ou incidents ferroviaires, dont cinq à des passages à niveau.

Trois personnes sont décédées (une personne en 2011 et deux personnes en 2013) et cinq ont subi des blessures graves (une personne en 2015 et quatre personnes en 2016) lors des accidents survenus aux passages à niveau, alors que personne n'a été blessé ou n'est décédé dans les huit autres accidents ou incidents survenus dans la région de Joliette au cours de ces années.

Prévention

Selon Mouhcine Aynouche, la prévention demeure un facteur clé pour réduire les accidents et le nombre de victimes.

À ce sujet, indique-t-il, le service de police du CN travaille d'ailleurs en collaboration avec les villes, les corps de police locaux et aussi des écoles afin de sensibiliser la population à adopter des comportements sécuritaires face aux chemins de fer.

« La sécurité, c'est une responsabilité partagée, affirme-t-il. Tout le monde a sa partie à faire là-dedans. »

En chiffres*

·         En 2016, au Canada, 13 % des accidents ferroviaires ont concerné des véhicules ou des piétons à des passages à niveau

·         Il y a eu 19 décès aux passages à niveau en 2016, dont 16 accidents mortels, sur un total de 66 pertes de vie. Il s'agit d'une hausse par rapport aux 15 pertes de vie enregistrées à des passages à niveau en 2015, mais d'une baisse par rapport à la moyenne des cinq dernières années (25).

·         Les accidents ferroviaires ont fait 56 blessés graves au Canada en 2016, dont 24 aux passages à niveau.

*Source: Bureau de la sécurité des transports du Canada