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Le danger des chemins de fer est souvent sous-estimé, selon un policier du CN

Il estime que trop de gens les banalisent et mettent, du coup, inutilement leur vie en danger


Publié le 6 novembre 2017

Mouhcine Aynouche est policier pour le Canadien National (CN) depuis trois ans.

©Photo TC Media - Geneviève Geoffroy

PRÉVENTION.  Parce qu'ils occupent le pays depuis si longtemps, plusieurs personnes en viennent à oublier ou à sous-estimer les dangers des chemins de fer, selon un policier du CN qui estime que cette banalisation est souvent à la source de comportements dangereux pouvant mener à de graves blessures et parfois même, à la mort.

Mouhcine Aynouche, 27 ans, est l'un des 90 policiers pour le chemin de fer Canadien National (CN). Il fait ce travail depuis trois ans. Son rôle, en grande partie, constitue à faire de la prévention auprès de la population quant aux dangers des chemins de fer et des comportements adéquats à adopter.

Plus conscience

D'ailleurs, au cours de ses années de service, il a pu constater, lors de ses nombreuses patrouilles et interventions le long des rails, que trop de gens banalisent les dangers liés aux chemins de fer.

Avec ses 48 000 km de rails, le réseau de chemins de fer au Canada est l'un plus vaste au monde. Les citoyens cohabitent avec ce réseau depuis plus d'un siècle, ce qui peut, selon lui, avoir une incidence sur la perception du danger que représente ce moyen de transport.

Tous les ans au Canada, au moins 100 personnes sont blessées et tuées parce qu'elles s'aventurent sur les propriétés ferroviaires ou à la suite d'accidents à des passages à niveau, indique Transport Canada.

« Les gens n'en ont plus conscience. Par exemple, ceux qui vivent dans un endroit où il y a un chemin de fer, comme Joliette, après un certain moment, viennent à l'oublier », avance le policier.

Il donne pour exemple que trop de gens prennent pour acquis, à tort, qu'ils connaissent les heures de passage des trains, par exemple.

« Or, un train, ça n'a ni de direction, ni d'heure », prévient-il.

Comportements à risque

Pour Mouhcine Aynouche, cette banalisation du danger des chemins de fer peut mener à l'adoption de comportements à risque, comme l'intrusion, c'est-à-dire se trouver sans excuse légitime dans l'emprise d'un l'un d'eux, un geste pouvant valoir une amende de 149 $.

« On prend un raccourci, on cueille des fleurs près des rails, on fait des photos, on fait une promenade, puis c'est là qu'est le danger »,  donne-t-il pour exemple.

L'autoroute des trains

Pour le policier, traverser ou se trouver carrément sur un chemin de fer outre qu'à un endroit autorisé, c'est l'équivalent de se trouver en plein cœur d'une autoroute.

« Le chemin de fer, c'est l'autoroute des trains. Il n'ira certainement pas circuler sur la rue Beaudry, à Joliette, ou bien sur l'autoroute 40. Alors, le matin, est-ce qu'on va se dire qu'on va aller faire son jogging sur l'autoroute? C'est insensé », soulève-t-il.

Décès d'intrus en hausse

En 2016, selon un rapport du Bureau de la sécurité des transports du Canada, 47 intrus ont perdu la vie au cours d'accidents ferroviaires, une hausse par rapport aux 30 pertes de vie en 2015 et à la moyenne de 38 des cinq dernières années. Les accidents liés à des intrus concernent principalement des piétons, selon le rapport.

Mouhcine Aynouche indique d'ailleurs que les intrusions font régulièrement partie de son travail.

« Il y en a beaucoup, malheureusement, commente-t-il. Et par rapport à ça, une grosse partie de notre travail, c'est l'éducation, la prévention et la sensibilisation. Notre but, c'est de prioriser le dialogue et de passer un message clair pour que la personne ait une prise de conscience quant au danger de son action. »

Saviez-vous que ?*

·         Les 48 000 kilomètres de voies ferrées du réseau ferroviaire du Canada en font l'un des plus vastes au monde

·         Chaque année, Transport Canada effectue quelque 33 000 vérifications et inspections ayant trait aux passages à niveau, aux locomotives, aux wagons, aux voies ferrées et aux équipes de trains.

·         Il existe près de 14 000 passages à niveau publics et 9 000 passages à niveau privés sur le réseau ferroviaire du Canada

·         En 2016, 1035 accidents ferroviaires ont été signalés au Bureau de la sécurité des transports du Canada, soit une baisse de 14% par rapport aux 1201 en 2015

·         Dans les environs de Joliette, en plus du CN et de Via Rail, deux autres transporteurs par rail de compétence provinciale opèrent sur une partie du territoire.

*Source : Bureau de la sécurité des transports du Canada

Top 5 des meilleurs comportements à adopter face aux chemins de fer

1. Regarder des deux côtés lorsqu'on traverse un passage à niveau, et ce, même s'il n'est pas activé

2. Écouter

3. En véhicule, ralentir à l'approche d'un passage à niveau

4. Demeurer éloigné le plus possible d'un chemin de fer

5. Signaler un comportement à risque auprès de la personne qui l'adopte ou des autorités compétentes