Il commence sa carrière de hockey à l'âge de 15 ans

Xavier Gravel, un joueur négligé qui a tout prouvé 


Publié le 14 avril 2017

Xavier Gravel a démontré à tous que la persévérance était payante.

©(Photo gracieuseté)

HOCKEY. Au cours des trois dernières années, peu de gens ont cru en les capacités de Xavier Gravel, mais lui n'a jamais cessé d'y croire. Aujourd'hui, Xavier vient d'être sélectionné par un «Prep school» américain, le Wyoming Seminary en Pennsylvanie, et se rapproche de son objectif de jouer du hockey de niveau élite. 

« C'est comme un rêve qui devient réalité et plus ça va aller, plus je vais me rendre loin. » Le jeune homme de 18 ans a du redoubler d'efforts pour atteindre cet objectif, car il n'a pas un parcours conventionnel. Contrairement à la plupart des joueurs de son âge, Xavier n'a pas gravi les échelons du hockey civil, mais a commencé à pratiquer ce sport vers l'âge de 15 ans. Depuis, il fait le maximum pour poursuivre sa passion, mais a été confronté à plusieurs refus.

« Je jouais avec des joueurs plus jeunes que moi, mais qui avaient une dizaine d'années d'expérience de plus et qui avaient deux fois mon calibre, c'est sûr que parfois c'était difficile. » Toutefois, Xavier l'a toujours perçu comme un défi et une motivation supplémentaire pour s'améliorer et atteindre un niveau supérieur. « Il ne faut pas lâcher et garder sa passion en tête. Quand tu veux, tu peux en autant que tu y mettes des efforts. »

C'est quand il s'est inscrit à la concentration hockey de Barthélemy-Joliette qu'une étincelle s'est allumée chez lui, mais cela ne lui donnait pas l'aspect compétitif qu'il recherchait. Il a donc entamé des démarches pour jouer dans une ligue et a été classé Midget B. « Je me suis rendu compte que je ne savais pas tant patiner et jouer au hockey. Ç'a m'a fâché un peu et je me suis inscrit à des camps d'été vers l'âge de 15 ans. »

Il a vu qu'il était capable d'améliorer son niveau et d'aller plus loin. Puis, l'été de ses 16 ans, il a fait un camp de hockey à La Plaine qui a tout changé. « J'étais avec des joueurs du Midget AAA, du Bantam AAA et certains qui s'en allaient dans la LHJMQ et je n'étais vraiment pas de calibre », mais son coach a vu un beau potentiel en lui.

Même si Xavier avait de la difficulté à suivre les autres, il lui a dit que ce n'était pas la vitesse qui comptait, mais l'exécution du mouvement. Au cours de ce camp, d'une durée d'un mois, il effectuait quatre heures de glace par jour et une heure de gym. « J'ai perdu 37 lb, ç'a joué beaucoup sur ma vitesse, ma mobilité et ma force physique. Quand je suis revenu, personne ne me reconnaissait! »

Il a ensuite été accepté au Collège Marie-de-l'incarnation à Trois-Rivières et à l'Académie de hockey Denis Francoeur. « C'était imposant, car je n'étais toujours pas du même niveau que les autres, mais tu vas toujours avoir quelqu'un en haut de toi, alors si tu perds le désir de le rattraper, c'est comme si tu perdais la volonté de jouer et de rivaliser. »

Au cours de cette année, il a connu une importante évolution et en une courte période il a été capable d'atteindre le niveau des autres joueurs. « J'ai joué avec des personnes qui ont été appelées par la LHJMQ et je n'étais pas moins bon! C'était une fierté de voir que j'étais capable d'évoluer avec des gars qui avaient plus d'expérience. »

Il a ensuite dû faire face à plusieurs refus du côté du Junior AAA, du collégial et du Junior AA. « Le fait de ne pas être connu dans le milieu du hockey m'a mis des bâtons dans les roues. J'étais déçu, j'avais mis tellement d'efforts et je n'étais pas récompensé. »

Il a ensuite embarqué dans le processus du «Prep school» et a visité plusieurs écoles américaines. En décembre, il a effectué des matchs d'exhibition, communément appelés «showcase», où des entraineurs et recruteurs étaient présents. Plusieurs écoles ont manifesté le désir d'avoir Xavier en leur rang, « ils m'ont dit il te reste telles choses à améliorer, mais tu as une place! »

Non seulement les «Prep schools» demandent un bon niveau de hockey, mais pour avoir des bourses intéressantes, il faut avoir des résultats académiques exemplaires. « Je pense vraiment que ce sera une belle expérience. Je vais apprendre l'anglais et améliorer mon hockey. C'est une passion et je vais la vivre aussi longtemps que j'en serai capable.»

Ce qui a grandement aidé Xavier dans la réalisation de cet objectif, c'est le support de ses parents. « C'est vraiment dispendieux et s'ils ne m'avaient pas aidé je n'aurais jamais pu le faire, je les remercie tellement pour ça, ils m'ont toujours appuyé. »

Xavier Gravel a démontré à tous que la persévérance était payante.
(Photo gracieuseté)

De leur côté, Audrey Sénéchal et Sylvain Gravel ont mentionné qu'ils étaient très fiers de leur fils et que cela démontre également aux autres jeunes qu'il y a différentes opportunités. « Il y a beaucoup de joueurs au Québec que leur carrière se termine à 18 ans parce qu'ils ne peuvent pas monter plus haut. C'est juste dommage que nos jeunes doivent s'exiler pour poursuivre leurs buts», ont-ils terminé.