Krav Maga, le secret pour faire face à un agresseur

Émancipation et confiance par l'autodéfense


Publié le 8 mars 2017

Thierry Cimkauskas a fait partie des forces de sécurité israélienne et donne des cours de Krav Maga depuis les années 90. Il donne des séminaires à travers le pays.

©(Photo gracieuseté)

AUTODÉFENSE. Au Québec, près de 5 350 infractions sexuelles peuvent survenir par année, dont 86,5 % des victimes sont des femmes selon les statistiques policières du ministère de la Sécurité publique. « On ne sait jamais quand cela peut arriver, alors nous sommes aussi bien d'être prêtes», a commenté Lisa qui a fait la route de Saint-Donat jusqu'à Joliette avec sa collègue Line pour participer au séminaire d'autodéfense spécial femmes de Krav Maga le 5 mars dernier.

Ce séminaire a démontré à la vingtaine de participantes que la technique et la rapidité d'exécution peuvent venir à bout de n'importe quel assaillant, aussi fort soit-il. Les outils enseignés sont à la fois simples et efficaces et permettent aux femmes de repousser leur agresseur, de contre-attaquer et de fuir rapidement.

« Quand on se promène seule, en tant que femme, il y a toujours une certaine crainte qu'il arrive quelque chose. Un séminaire de la sorte nous met en confiance et en arrivant chez moi, c'est sûr que je vais montrer les techniques à ma fille», a déclaré Line à son tour.

Au début de ces trois heures d'apprentissage, une certaine timidité régnait dans le gym, puisqu'il s'agissait d'une première fois pour quelques participantes, alors que d'autres étaient des habituées. Toutefois, cela n'a pas pris de temps que solidarité et détermination se sont installées et que, de plus en plus, les femmes ont commencé à prendre confiance en elles.

« On parle des vraies choses et on se donne les vraies solutions », a mentionné l'expert international en Krav Maga, Thierry Cimkauskas qui donnait ce séminaire. Ce dernier a décortiqué chaque technique et a montré mouvement par mouvement afin que tout soit facile à réaliser et pour que les gestes de bases soient répétés si souvent qu'ils deviennent des acquis et des réflexes.

Une fois les mouvements maîtrisés, les techniques complètes étaient effectuées. M. Cimkauskas a tout d'abord appris aux participantes à bien tomber, à se retourner, à contre-attaquer, à se lever et à s'enfuir le plus rapidement possible. Puis, les techniques au sol ont été vues afin de contrer les tentatives de viol. Les femmes ont également appris à se défendre contre une attaque à l'arme blanche ou contre une tentative d'étranglement.

« Quel que soit l'âge ou la condition physique, tout le monde peut pratiquer le Krav Maga, même ceux qui ont des limitations physiques. Nous nous basons vraiment sur ce qui se passe réellement à l'extérieur et nous trouvons la réponse appropriée selon la menace», a expliqué Lucien Crelier qui est responsable des cours de Krav Maga à Joliette.

Il organise régulièrement des séminaires qui abordent différents sujets, mais il admet que celui-ci a été l'un de ses préférés, « c'était super dynamique et les filles étaient vraiment motivées à apprendre! »

Afin de bien vous parler du Krav Maga, j'ai moi-même participé au séminaire. J'en suis ressortie courbaturée, mais avec une confiance gonflée à bloc!

©(Photo gracieuseté)

Rebâtir l'estime de soi

Le Krav Maga est une méthode d'autodéfense utilisée dans l'armée israélienne et les services spéciaux pour se défendre face aux assaillants. Cette technique était gardée secrète jusqu'en 1964 puis elle a été développée pour les civiles et les professionnels comme les gardes du corps et les agents de sécurité.

M. Cimkauskas est également amené à travailler avec le Centre d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC) afin de reconstruire l'estime de soi et la confiance des victimes. « On sait qu'il y a une partie de leur personnalité qui a été mise en échec et nous voulons construire une nouvelle personnalité qui sera porteuse de solutions. »

Il s'agit du même principe pour les enfants qui vivent de l'intimidation. Le Krav Maga ne leur apprend pas à faire mal à leurs agresseurs, mais à les maîtriser afin d'éviter les altercations et surtout, à reprendre confiance en eux.

« Ça devrait faire partie des programmes scolaires, un peu comme des cours de secourisme, car c'est nécessaire. Encore plus pour vous les femmes, ça fait partie du processus d'émancipation. De plus, avec la population qui augmente et le fossé qui s'agrandit entre les pauvres et les riches le monde sera de plus en plus violent », a terminé Thierry Cimkauskas.