Comme un Poisson dans l’eau bénite

Publié le 13 décembre 2016

CONCOURS DE REPORTAGES. Vêtu d’un complet noir et arborant une simple paire de lunettes, Mgr Poisson dégage l’image d’un homme facile d’approche et agréable. Il est devenu le nouvel évêque du diocèse de Joliette le 8 septembre 2015. Son arrivée crée de l’enthousiasme dans la paroisse et son parcours considérable fait de lui un des plus jeunes évêques au Québec.

« Évidemment, je ne suis pas né prêtre! » dit-il d’un ton rieur. « Lorsque j’avais six ans, ma sœur de douze ans est décédée subitement. C’est en voyant le bien que le curé de ma paroisse de l’époque apportait à mes parents que je me suis dit, dans ma tête de petit gars, que c’était ce que je voulais faire », précise-t-il plus sérieusement. Son parcours étant déjà tracé, Raymond Poisson, originaire de St-Jean-Baptiste-de-Rouville, finit son doctorat à Rome pour ensuite devenir prêtre sur la Rive-Sud de Montréal pendant près de vingt-cinq ans. « C’est probablement à cause de l’aspect administratif de ma formation que j’ai été prêtre à la cathédrale de Longueuil et à la basilique de Varennes, mais ça ne m’a jamais empêché d’être très proche des gens. »

Dès son arrivée à Joliette, Mgr Poisson ne tarde pas à instaurer de nouvelles mesures. « Une des premières choses qu’il a faites, c’est d’ouvrir les portes de la cathédrale tout au long de l’année afin d’accueillir les visiteurs », affirme l’abbé Yves Chamberland, prêtre-répondant de la paroisse Saint-Charles-Borromée. « Nous n’allons pas nous cacher que les gens qui assistent à la messe le dimanche ont majoritairement des têtes grises », continue-t-il. « Mgr Poisson nous a encouragés à unir nos forces et à créer des équipes pastorales pour revigorer l’Église. C’était déjà un projet amorcé, mais il nous a amenés à passer résolument à l’action », ajoute-t-il avec vigueur.

« Il est dur à suivre! » affirme en riant Gilles Ferland, chargé des communications diocésaines, lorsqu’il est question de l’implication de l’évêque dans les médias. « Jamais il ne refuse une entrevue, car il a la capacité de le faire. C'est bien qu'il soit autant sollicité. Sa présence amène un certain renouveau au niveau du diocèse », assure-t-il chaleureusement.

Évidemment, la personnalité hospitalière de Mgr Poisson ne laisse personne indifférent. « Quand on a un nouvel évêque, c’est toujours un peu inquiétant au début. Mais lorsque nous l’avons accueilli, nous nous sommes vite rendu compte qu’il était très dynamique et qu’il avait un bon sens de l’humour », atteste M. Chamberland, lorsqu’il parle de son patron. « Il représente bien la mission de l’Église, qui est d’être sensible aux besoins des gens », conclut-il. « C’est un grand communicateur; on sait ce qu’il attend de nous. Il est très présent et sa façon de travailler est gratifiante pour nous », enchaîne M. Ferland avec entrain.

Alors qu’il est question des années à venir, Mgr Poisson est confiant et affirme ne pas être inquiet pour les prochaines communautés chrétiennes. « L’évangile est tellement vivant en Afrique, aux Indes et ailleurs. Cela relativise l’essoufflement que l’on peut ressentir en Occident ».

Au sujet de son propre avenir, il reste très humble. « Il me reste encore dix-huit ans à faire, ils vont en avoir bien assez de moi rendu là! » dit-il d’un ton espiègle. « Ma priorité restera la place faite aux gens de la communauté, et c’est ce qui m’allume. Être évêque, c’est différent, mais je suis toujours la même personne. »  

Claudia Barabé