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Deux victimes alléguées affirment avoir été abusées par Georges Provost alors qu'elles étaient mineures


Publié le 9 septembre 2017

Georges Provost est accusé d'avoir commis des agressions sexuelles à l'encontre de cinq victimes alléguées.

©Photo TC Media - Archives

JUSTICE. Deux des cinq victimes alléguées de Georges Provost, qu'il est accusé d'avoir agressées sexuellement, ont témoigné à son procès, le 7 septembre, comment il aurait abusé d'elles alors qu'elles n'étaient encore, selon elles, que des enfants âgés respectivement d'environ 7 ans et de 10-15 ans.

« J'avais confiance en lui », a témoigné celle qui affirme avoir été victime de Georges Provost quand elle avait, selon elle, environ sept ans.

En boxeur

Cette victime alléguée a affirmé s'être retrouvée chez l'accusé, dans Lanaudière.

Selon elle, celui-ci se berçait en boxeur les jambes écartées dans une chaise berçante du salon quand il lui aurait fait signe de venir le rejoindre en « se tapotant le membre ». Ils auraient alors été seuls dans le salon, selon son témoignage.

« Je n'avais pas compris [à l'époque], a-t-elle témoigné lors de l'interrogatoire de l'avocate de la poursuite, Me Stéphanie Arel. À cet âge-là, ça arrive qu'un enfant s'asseye sur un adulte. Moi, je pensais qu'il voulait me bercer, alors je suis allée m'asseoir. »

Empoignée « par en dessous »

Selon son témoignage, Georges Provost l'aurait alors empoignée des deux mains « par en dessous », dont une main sur la vulve, et l'aurait assise sur son pénis.

« Je sentais une bosse dans le bas de mon dos, presque sur les fesses, a-t-elle dit. Après, il a mis sa main sur ma vulve et il a fait des ronds. Je suis devenue tout de suite mal à l'aise. Il y avait une barre tendre [sur une table] et j'ai utilisé ça comme distraction pour aller m'asseoir sur le divan. »

Elle a ajouté qu'il lui aurait ensuite fait signe de revenir, mais elle lui aurait demandé si elle pouvait demeurer sur le divan. Il aurait acquiescé silencieusement.

Plainte réactivée

Elle a affirmé avoir fait une plainte à la police l'année suivante, mais, selon elle, sa plainte n'a pas été retenue « par manque de preuve ».

« Il y a deux ou trois ans, j'ai reçu un appel de la police comme quoi le dossier avait été réactivé parce qu'il y [aurait] eu d'autres victimes et que je pouvais poursuivre mes démarches », a-t-elle expliqué.

En présence d'une autre victime alléguée

La deuxième victime alléguée ayant témoigné après elle a également mentionné au tribunal avoir reçu la visite de la police après l'arrestation de Georges Provost survenue le 31 mars 2015.

« Ça m'a fait un choc. Je ne me sentais pas bien. Je n'avais parlé à personne de ce qui s'était passé hormis à une amie », a-t-elle dit.

Devant le tribunal, elle a affirmé que Georges Provost l'aurait pénétré avec ses doigts alors qu'il aurait été en train d'avoir une relation sexuelle avec une autre de ses victimes alléguées.

Selon elle, elle avait alors entre 10 et 15 ans. Elle se serait alors retrouvée chez Georges Provost. Celui-ci lui aurait parfois fourni du cannabis.

« Nous étions les trois sur le divan et il a commencé à faire l'amour [à l'autre victime alléguée] et il a pris sa main à elle et il l'a mise sur mon ventre, a-t-elle dit. Elle ne m'a pas touché les parties, mais lui, il y est allé par lui-même. »

« Non »

Selon elle, l'autre victime alléguée n'aurait « pas eu le choix » de mettre sa main sur son ventre.

« Elle ne voulait pas, elle forçait sa main pour l'enlever et elle disait "non" », a-t-elle dit, ajoutant qu'elle aussi aurait dit « non » lorsque Georges Provost l'aurait pénétré avec ses doigts.

Elle a ajouté qu'elle croit être partie en courant lors d'une altercation qui serait survenue entre l'accusé et l'autre victime alléguée.

Preuve close

La preuve de la poursuite dans le cadre du procès de Georges Provost a pris fin après quatre jours d'audience avec les témoignages de ces deux victimes alléguées.

Ce musicien de Saint-Michel-des-Saints de 45 ans connu dans la région de Lanaudière fait face à 21 accusations, dont la majorité est de nature sexuelle. Il est entre autres accusé d'avoir agressé sexuellement trois autres victimes. Deux d'entre elles ont également témoigné de ce qu'il leur aurait fait subir lors des trois premières journées d'audience.

Pas de défense

Georges Provost a choisi de ne pas témoigner à son procès.

Son avocat, Me Ngoc Thang Nguyen, a par ailleurs annoncé au tribunal qu'il ne présenterait aucune défense.

Les plaidoiries des avocats doivent avoir lieu le 11 septembre, au palais de justice de Joliette.