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Attaqué dans sa voiture pour de l'argent par un voisin

L'homme de 72 ans ne se promène plus en auto sans son berger allemand


Publié le 2 octobre 2017

Robert Larin et son berger allemand, Sultan.

©Photo TC Media - Geneviève Geoffroy

JUSTICE. Un résident de 72 ans de Saint-Damien qui a été attaqué dans sa voiture pour de l'argent par un voisin, à seulement quelques pas de chez lui, il y a trois ans, ne peut plus se promener en auto sans son chien qu'il a acheté expressément pour se protéger. 

« Ça m'a tellement marqué que je ne souhaite ça à personne. S'il n'y avait pas un automobiliste qui serait arrivé, je ne sais pas ce qui se serait passé », affirme Robert Larin.

Le 5 novembre 2014, en début de soirée, Robert Larin a quitté son domicile situé en périphérie de la municipalité de Saint-Damien avec l'intention de se rendre chez son fils, mais il ne s'est jamais rendu.

Très vite

À peine sorti de chez lui, un véhicule l'a dépassé et lui a bloqué la route.

« L'homme est sorti très vite, raconte-t-il. Il a ouvert ma portière et il a commencé à me frapper et à crier: “donne-moi de l'argent”. Il m'a tiré et il a essayé de me sortir de mon véhicule, il a déchiré mon linge. Il me frappait de toutes ses forces avec ses poings dans les côtés et les bras. »

Pendant l'attaque, Robert Larin affirme n'avoir jamais lâché prise sur son volant pour éviter d'être tiré à l'extérieur de la voiture.

« Même si ça paraît long, ça a duré peut-être deux ou trois minutes. Là, un véhicule est arrivé en sens inverse. Il a enlevé la clé de mon véhicule et il est allé tasser le sien pour laisser passer l'autre voiture. »

Téléphoner la police

Pendant que son agresseur était parti, Robert Larin a fermé puis barré ses portières et il a appelé son petit-fils pour qu'il téléphone aux services d'urgence.

« Quand il est revenu, il a vu que j'étais au téléphone. Il a commencé à frapper avec ses poings dans la vitre du camion. Là, j'avais peur. Je me disais que s'il brisait la vitre, il allait être encore plus violent", témoigne Robert Larin.

Par chance, un second véhicule est arrivé et l'agresseur a dû une fois de plus bouger son véhicule pour le laisser passer. Cette fois, plutôt de revenir vers Robert Larin, il est parti.

Arrêté et accusé

L'individu, André Rivest, 50 ans, a été arrêté par les policiers  et dès l lendemain de l'attaque, il a été accusé de vol qualifié à l'égard de Robert Larin, d'avoir volontairement entravé un agent de la paix dans le cadre de ses fonctions et de méfait.

Puis, le 26 mai dernier, au terme de trois années de procédures judiciaires, il a plaidé coupable à ces trois infractions criminelles. Il a écopé d'une condamnation avec sursis et d'une probation de trois ans au cours desquelles le juge lui a notamment ordonné de suivre toute thérapie, dont pour la gestion de sa colère.  Il devra aussi effectuer 225 heures de travaux communautaires.

« La sentence est minime par rapport à ce qu'il a fait, mais ce n'est pas moi qui décide », mentionne Robert Larin, qui croit en l'importance d'aller jusqu'au bout du processus judiciaire si l'on est victime d'un acte criminel.

« Si personne ne le fait, l'individu ne subira pas les conséquences de ses gestes », soutient-il.

Craintes de représailles

Or, de l'autre côté, il ne peut s'empêcher d'avoir encore peur de représailles parce qu'il a porté plainte, surtout que son agresseur possède divers antécédents judiciaires, tels que méfait, menaces et agression armée.

C'est pourquoi il a dernièrement fait l'acquisition d'un berger allemand, Sultan.

« Maintenant, toutes les fois que je sors, je l'emmène », mentionne-t-il.

Il barre aussi toujours ses portes de voiture, ce qu'il ne faisait pas systématiquement avant l'agression. Avec son histoire, il désire d'ailleurs sensibiliser les automobilistes à être plus prudent en voiture.

« Je demeure ici depuis 1994 et jamais je n'aurais pensé que ça m'arrive. On ne pense pas à ça », soutient-il.