Raymond Gravel combat pour sa vie

Geneviève Quessy infolanaudiere@tc.tc
Publié le 10 novembre 2013
Raymond Gravel  a été prêtre dans plusieurs paroisses de Lanaudière et député du Bloc Québécois pour Repentigny de 2006 à 2008.
Photo: Gracieuseté

Raymond Gravel, prêtre depuis 1989 pour le diocèse de Joliette, a appris, il y a bientôt trois mois, être atteint d'un cancer du poumon avec métastases aux os. Un bien terrible diagnostic, mais qui n'a pas éteint la lumière qui brille dans les yeux de ce courageux défenseur des opprimés.

Habitué des combats, Raymond Gravel ne va pas jeter la serviette. Lui qui a toujours donné ses énergies pour son prochain, il doit maintenant apprendre à penser à lui. «Cette épreuve m'a fait prendre conscience que je n'avais jamais appris à vivre, en dehors du travail. Je ne faisais que travailler, avec comme résultante que je négligeais ma famille et mes amis. Ainsi j'ai redécouvert la gratuité de l'amitié. Je n'avais jamais connu ça, recevoir. C'est dur à accepter quand on a l'habitude d'être celui qui donne!»

En recevant le pronostic du médecin, «trois mois à vivre si vous refusez la chimio, 6 mois avec les traitements», Raymond Gravel a bien sûr senti sa vie basculer. «J'ai fait mon testament, mes arrangements funéraires; je n'avais jamais envisagé que j'allais mourir avant ce jour-là.» Il a pris conscience qu'il n'était pas invincible. «J'ai arrêté de fumer, d'un coup, après 49 ans.»

Le téléphone sonne constamment, la visite s'annonce, bien sûr tout le monde veut savoir comment il se sent devant cette épreuve. «Ma santé s'améliore, c'est ça que je sens. Le méchant sort, et j'ai la volonté de vivre.» De la volonté et du courage, le prêtre lanaudois en a à revendre. «C'est d'être fidèle à mes convictions qui a nourri mon courage», dit-il.

Raymond Gravel n'a d'ailleurs pas fini de porter le flambeau des ostracisés, bien conscient qu'«il n'y a jamais rien d'acquis dans la société. La liberté est constamment menacée, on avance, on recule, il ne faut jamais baisser les bras.» Tout au long de ses 28 années de prêtrise, il s'est prononcé contre l'intolérance de l'Église catholique envers homosexuels et femmes ayant eu recours à l'avortement. «Jésus est amour, il pardonne tout. Je suis contre la condamnation», dit Raymond Gravel.

Toujours soutenu dans ses prises de positions par Mgr Lussier, évêque de Joliette, c'est avec beaucoup d'espoir qu'il voit maintenant le nouveau pape manifester plus de tolérance et d'ouverture que ses prédécesseurs. «J'aime les paroles qu'il a prononcées lors de sa visite au Brésil», dit l'abbé Gravel. «Pour aimer les pauvres, vous devez aimer la pauvreté». Je l'admire. Il a choisi de vivre dans la pauvreté; j'ai fait le même choix.» Raymond Gravel reçoit beaucoup de marques d'appréciation de la population. «Lorsque je me suis présenté comme député pour le Bloc, j'ai eu 95% d'appui.» Un poste qu'il a choisi de quitter pour demeurer prêtre, lorsque le Vatican l'y a forcé.

Ayant été prêtre de plusieurs paroisses dont celles de Mascouche, La Plaine, L'Épiphanie, Saint-Calixte, et Saint-Roch-de-l'Achigan, Raymond Gravel est plein de gratitude pour la population de Lanaudière. «Je les remercie, car c'est grâce à leur ouverture d'esprit, leur bonté, leur générosité, leur tolérance, que j'ai pu exercer le métier de prêtre depuis 28 ans.»

À Noël prochain, à la Cathédrale de Joliette, c'est lui qui célébrera la messe de minuit, la naissance de Jésus et le triomphe de la lumière. «Le 24 décembre, à minuit tapant. Il y aura beaucoup de monde!»