Jean-Samuel Bacon prépare une vache Holstein pour le jugement de l'Exposition agricole régionale Rive-Nord. - Jean Chevrette
Le clipping : un métier d'art
Connaissez-vous le clipping? Jean-Samuel Bacon, lui, connaît cet art dans ses moindres secrets. Rencontré lors de l'Exposition agricole régionale Rive-Nord où il préparait les vaches Holstein pour leur jugement, le jeune homme originaire de Lanaudière dévoile un métier peu connu du public.
À le regarder faire, on croirait que Jean-Samuel Bacon a fait du clipping toute sa vie. Pourtant, le jeune homme ne pratique le métier de toiletteur de vaches que depuis six ans.
Ayant passé son enfance à l'Île-Dupas, près de Berthier, Jean-Samuel Bacon s'est familiarisé au monde bovin grâce à ses oncles qui avaient une ferme. «Je n'ai pourtant commencé à pratiquer le clipping qu'à mes débuts à la Coop Saint-Barthélemy, il y a six ans», mentionne M. Bacon.
Bachelier en agronomie à l'Université Laval, Jean-Samuel Bacon conjugue aujourd'hui le métier d'agronome à celui de toiletteur de bovins. Selon le jeune homme qui travaille actuellement pour la Coopérative de Port-Neuf, le clipping n'est pas un travail, mais plutôt un loisir. «Personne ne peut rester dans le milieu s'il n'aime pas ça. Il faut être passionné pour pratiquer ce métier», explique-t-il.
L'abc du clipping
Quand on lui lance à la blague qu'il a l'air d'un coiffeur lorsqu'il travaille, Jean-Samuel Bacon répond : «C'est presque la même chose!» À l'aide d'un clipper semblable à celui utilisé dans les salons de coiffure, mais grandeur bovine, M. Bacon a le défi de rendre parfaite chaque vache qui participe aux jugements.
«L'essentiel, lorsque l'on tond une vache, c'est de faire ressortir l'aspect laitier, explique Jean-Samuel Bacon. Par exemple, il est important de voir les veines sur les pis.» Pour qu'une vache soit appréciée des juges, le reste de son corps doit être tondu assez ras pour donner une impression de propreté, mais une ligne de poil sur son dos doit garder une certaine longueur pour cacher les imperfections de la colonne vertébrale. En moyenne, la préparation d'une seule vache prend une heure trente minutes.
Au Québec, une vingtaine de personnes seulement pratiquent ce métier qui est en fait un art puisqu'il demande des critères très élevés. À travers les années, l'équipe des toiletteurs du Québec s'est fait un nom à l'international et chaque année, ces derniers sont appelés pour travailler à des événements mondiaux.
«Habituellement, je passe mes étés au Québec, mais dès l'automne, je pars pour l'Italie, l'Espagne, les États-Unis et parfois même pour l'Amérique latine, où des concours importants ont lieu», souligne M. Bacon.
En six ans d'expérience, jamais une vache ne s'est revirée contre lui. «Contrairement aux chevaux, les vaches sont des animaux très pacifiques, explique-t-il. On les appelle les néophobes, parce que ce sont des bêtes qui ont peur de tout ce qui est nouveau, mais malgré le fait qu'elle soient peureuses, les vaches sont très calmes et il n'arrive presque jamais d'accident.»
Dur labeur
Les expositions bovines durent en moyenne de trois à quatre jours. Les toiletteurs ont du pain sur la planche pendant les premiers jours pour préparer des dizaines de vaches et les rendre à leur meilleur. «On a de grosses journées, mentionne M. Bacon. De sept heures le matin à dix heures le soir, on n'arrête pas. Le jour du jugement, il faut entrer au boulot vers quatre heures du matin.»
Bien que Jean-Samuel Bacon dise adorer le clipping parce qu'il lui fait constamment rencontrer de nouvelles personnes et parce qu'il le fait voyager, le toiletteur avoue qu'il ne croit pas faire cela encore longtemps. «C'est un métier trippant, mais à l'aube de la trentaine, je commence à penser à fonder une famille et c'est impossible de continuer le toilettage si je veux être présent auprès de ma femme et de mes enfants», admet M. Bacon.