Lanaudière : plus de monde égale plus de violence conjugale
Le Centre d’aide pour hommes (CAHO) de Lanaudière fait état d’une «recrudescence de demandes d’aide et d’appels téléphoniques» cette année. Cette flambée d’appels à l’aide est la résultante d’une première campagne de sensibilisation nationale mais aussi régionale contre la violence conjugale et familiale, réalisée en janvier 2008.
Sous le thème "Je fais un homme de moi… Je demande de l’aide !", cette campagne se voulait être un contact plus direct avec les hommes de la région susceptibles d’avoir besoin d’aide.
Portrait
Avant cette campagne, le CAHO venait en aide à 150 personnes environ sur 1676 cas possible recensés annuellement. Aujourd’hui, le nombre de situations de violence est estimé à plus de 2000 selon le centre.
Mais seulement 9% des cas sont signalés. «La plupart des hommes ne nous contactent pas, révèle Daniel Blanchette directeur et responsable clinique du CAHO, C’est une petite proportion qui nous demande de l’aide».
Le centre vient en aide à trois types d’hommes. D’abord ceux qui prennent conscience de leur état, ensuite ceux qui font face à des contraintes légales (ils représentent 15 à 18% de la clientèle) et enfin des hommes ayant des contraintes non légales. Ce type de contraintes du genre "Si tu n’arêtes pas cela je te quitte" viennent le plus souvent des conjointes.
Selon le CAHO, cette augmentation du volume d’appels ne signifie pas qu’il y a plus de violence chez les hommes cette année. «Proportionnellement, il n’y a pas plus de violence, explique Daniel Blanchette, mais étant donné qu’il y un accroissement important de la population, il y a une augmentation».
En effet, entre 2001 et 2007, Lanaudière a connu un accroissement de sa population de l’ordre de 15,2 %, selon l'Agence de la santé et des services sociaux de Lanaudière. C'est la croissance démographique la plus vigoureuse dans le Sud de Lanaudière.
Par exemple, la population de la MRC Les Moulins s'est accrue de 21 % depuis 2001, ce qui représente 24 000 personnes. Au Nord, les statistiques démontrent une augmentation de 8,9 % en sept ans.
A cause de cet accroissement de population et par ricochet de violence, le CAHO étend encore plus ses activités depuis plus d’un an. Le Centre qui entreprend des "démarches de groupe" comme méthode de résolution de la violence est passé de trois à quatre cellules aujourd’hui.
Un groupe se trouve à Joliette, un à Repentigny et deux seulement à Mascouche. Il s’agit d’un programme de 21 rencontres en soirée de deux heures chaque semaine. Ces activités se déroulent depuis 1988. Il existe 32 centres du même genre au Québec.