Pas le goût de me chicaner
Je n'ai pas le goût cette semaine de me lancer dans le débat d'un sujet controversé. Il fait beau, il commence à faire chaud et le soleil nous accompagne une partie de la soirée. Ce n'est vraiment pas un temps pour se chicaner, surtout que c'est le dernier commentaire de la saison. Après la fête du Travail, il sera bien temps de discuter des enjeux de notre société.
À moins que… Non, ça n'arrivera pas ! Michael Ignatieff et Steven Harper vont mettre de l'eau dans leur vin et nous éviter une campagne électorale en juillet. Il sera toujours temps à l'automne d'élire un autre gouvernement minoritaire pour une autre année.
Je compte plutôt profiter de cette dernière chronique d'ici l'automne pour souligner l'apport de deux personnages qui ont marqué le milieu, chacun à leur façon, et qui viennent d'annoncer leur retraite.
Il s'agit d'abord d'un communicateur qui a marqué notre environnement médiatique depuis plus de 50 ans. Il s'agit de Gilles Tessier, un Berthelais dont la vie professionnelle s'est surtout déroulée à Joliette. Déjà, dans les années 50, il était la voix de CJSO Joliette, un satellite de la radio soreloise. Il est de ces pionniers qui ont donné naissance à CJLM au début des années 60. Il a su recruter les meilleurs, notamment Gilles Loyer, pour doter Joliette d'un des plus importants services d'information en région.
Gilles Tessier a aussi connu des revers au cours de sa carrière, mais il a toujours su rebondir, chaque fois en ouvrant un nouveau chantier de communication. C'est ainsi qu'on l'a vu prendre la tête de la télévision communautaire de Joliette. Avec des moyens limités et des bénévoles passionnés, CTL-TV offrait une programmation très étoffée et diversifiée. Dommage que Vidéotron ait décidé, il y a quelques années, de priver notre région de cet instrument de communication pour s'accaparer le canal 9 aux fins de promotion de l'empire Péladeau. À l'âge de la retraite, il s'est lancé le défi d'offrir à la population de Berthier une station de télévision. C'était en 1995 et quatorze ans plus tard, il était toujours à la tête de CTRB. Je passe rapidement sur ces incursions dans la presse écrite avec le Courrier de Berthier et la Vie Berthelaise.
J'admire surtout sa capacité d'innovation et de créativité, et Dieu sait qu'il en faut pour administrer des organismes sans le sou ou presque. Je veux aussi souligner l'importance qu'il a toujours accordée à la promotion du français. Bonne retraite, Monsieur Tessier.
L'autre personnage dont je veux souligner le départ prochain de ses fonctions publiques, c'est l'actuel maire de Notre-Dame-des-Prairies. Nos visions respectives du développement du grand Joliette se heurtaient quelquefois, mais je ne peux m'empêcher d'éprouver une certaine admiration pour des gens qui, comme Alain Larue, consacrent une grande partie de leur vie au mieux-être de leur communauté. Obtenir la confiance de ses concitoyens, c'est déjà bien. Que cette confiance se perpétue durant 23 ans comme conseiller municipal puis comme maire, ça relève de l'exploit.
Alain Larue a laissé son empreinte à Notre-Dame-des-Prairies. Sous sa gouverne, la municipalité est devenue une ville résolument tournée vers le développement commercial, résidentiel et industriel. Durant de nombreuses années, Alain Larue a voulu faire de NDP, un endroit par excellence pour fonder un foyer et élever une famille. Sans faire de vague, de projet en projet, on peut dire aujourd'hui qu'il a atteint son objectif. Notre-Dame-des-Prairies a une couleur différente de ses voisines, Joliette et Saint-Charles-Borromée, et c'est tant mieux. Alain Larue peut se promener la tête haute, même sur le boulevard Barrette.
Là-dessus, je vous souhaite que monsieur Ignatieff ne vienne pas troubler vos vacances.
André Nadeau