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Nous sommes tous des habitants de la terre

Pierre Bellemare par Pierre Bellemare
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Article mis en ligne le 10 juin 2009 à 9:47
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Nous sommes tous des habitants de la terre
Les algues bleues: mais qui sont donc ces villégiateurs en question : des gens de la ville, des gens de la campagne, des habitants de la terre ?

Vendredi soir dernier, la télé de Radio-Canada présentait Les Algues Bleues, un reportage du réalisateur Arnaud Bouquet, dans la cadre de l’émission ZONE DOC. Ce reportage a été tourné l’été dernier au lac Mandeville, où j’habite.

Je me demande donc qui sont ces villégiateurs qui semblent partir de Montréal à chaque fin de semaine pour venir dicter aux gens de la campagne comment se comporter au niveau environnemental, les gens de la ville comme on dit.

Prenons mon exemple. Je suis née à Saint-Norbert, un village voisin de Mandeville. Mon père y opérait un moulin à scie dans les années soixante. C’est lui qui m’a donné, dès mon plus jeune âge, l’amour de la terre. L’hiver, il m’amenait sortir le bois de la forêt avec les chevaux et le bobsleigh. Je m’assoyais sur la charge de bois à ses côtés et parfois même je pouvais tenir les guides quand le chemin n’était pas trop hasardeux. L’odeur du cheval travaillant me grisait. Il m’a appris le nom des arbres et m’a montré combien tout cela était magnifique. J’ai fait des pique-niques sur une roche d’où je contemplais le déroulement d’une vie infiniment plus petite que la mienne - bien qu’aussi grande, d’où je respirais les multiples parfums de la terre. Dans cette nature, j’ai ressenti un profond état d’appartenance à la création.

En 1975, j’ai fait comme bien des gens et je suis venue à la grande ville pour étudier puis, gagner ma vie en exerçant un métier pour lequel j’éprouvais une grande passion. En 2003, l’appel de la nature se faisant ressentir de plus en plus fort en moi, j’ai décidé de revenir dans mon coin de pays et j’ai choisi Mandeville pour ses espaces encore vierges. Est-ce que je suis quelqu’un de la ville ? Je suis quelqu’un de la campagne qui a dû aller travailler à la ville pour gagner sa vie. Cela est vrai pour moi et pour plusieurs personnes qu’on a vu à l’œuvre dans le reportage.

Un de ceux-là a passé une partie de sa vie à Saint-Philippe de Laprairie, une autre est née et a passé son enfance à Lavaltrie, une autre a eu une ferme à Saint-Polycarpe. Est-ce que si on n’est pas né à Mandeville on ne peut pas venir de la campagne ? Allons plus loin. Les amoureux de la terre viennent de partout et oui, c’est possible qu’ils aient leur adresse permanente à Montréal ou que leur pays d’origine soit un autre que le nôtre !

De toute façon, que l’on vienne de la campagne, de la ville ou de la planète mars, cela ne nous donne pas le droit de polluer notre environnement ! Le producteur de porcs, parle des sept générations qui l’ont précédé, comme si cela lui donnait un droit que les autres n’ont pas. Que diraient ses ancêtres s’ils voyaient l’état actuel du lac Mandeville ? Ils seraient probablement consternés, de même que les miens, de même que tous les autres de constater l’état actuel de dégradation du lac Mandeville dû à l’activité humaine.

Et cet état est entrain de se propager non seulement au Québec mais, un peu partout sur notre si belle planète. L’heure est venue de nous poser individuellement des questions très importantes et d’opérer de réels changements dans nos vies.

Avons-nous vraiment besoin de manger autant de viande ? Pourquoi jetons-nous tant de nourriture ? Avons-nous besoin de tondre notre gazon jusqu’au lac ? Avons-nous besoin de notre bateau à moteur ? Pourquoi détruisons-nous nos espaces vierges ? Avons-nous besoin de notre détergent avec phosphate ? Avons-nous besoin d’engrais dans nos jardins ?

Prenons le temps d’ouvrir notre regard et de contempler la beauté de la terre. Nous sommes elle et elle est nous. Nous sommes faits un et l’autre de la même matière. Ne vaut-elle pas la peine qu’on en prenne soin ? Et lâchez-nous un peu avec les gens de la ville et les gens de la campagne.

En ce qui me concerne, nous sommes tous des habitants de la terre. Unissons-nous et travaillons ensemble afin de protéger notre patrimoine écologique mondial. Celui-là même qui commence chez-soi.
Johanne Latreille

Amoureuse de la beauté de la terre,

Membre du Comité des citoyens du lac Mandeville.

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