Au fur et à mesure qu'elle se rapproche de sa taille maximale (environ 5 cm), la chenille devient de plus en plus velue et colorée. Une large bande bleue se dessine de chaque côté de son corps. Une rangée de taches blanches, en forme de trou de serrure et de très fines stries longitudinales, de couleur orange, égaient son dos noir.Photo : Courtoisie
« La Livrée des forêts » s’accroche à Saint-Esprit
Une apparition intense, mais naturelle
Se régalant généralement des peupliers de l’Abitibi, la Livrée des forêts, une chenille très répandue sur le continent, a pris d’assaut les érables de Lanaudière.
Une dizaine d’érablières, notamment situées dans le rang des Continuations, sont touchées par ce phénomène. Selon nos informations, ces chenilles seraient présentes pour une deuxième année. « Ça dure trois ans et la deuxième année est la pire. Par la suite, ça disparaît », dit Rolland Urbain, président des acériculteurs de la région. « J’ai très rarement vu ce phénomène dans une érablière et voir autant de chenilles, c’est très impressionnant. », dit Robert Dubuc, technicien forestier du ministère des Ressources naturelles et de la Faune et spécialiste des insectes. M. Dubuc ajoute qu’il s’agit d’un phénomène naturel et que les insectes disparaîtront. « Bien que désagréable et ennuyeux pour les propriétaires des lieux, c’est un boom très intense d’éclosion de la Livrée des forêts. », dit le spécialiste. Assurément, les chenilles seront de retour l’an prochain, mais peut-être moins densément.
De l’Abitibi
Plus présente en Abitibi, la Livrée des forêts cause périodiquement de graves défoliations dans les peuplements de feuillus, notamment, aux peupliers. La migration vers Lanaudière s’explique encore mal. « Les feuilles repoussent durant l’été mais elles sont plus petites. On ignore si cet assaut a ou aura un impact sur la récolte du printemps prochain. », nous dit-on. Heureusement, l’arbre ne meurt pas de cette attaque. « Étrangement, ce ne sont que certains arbres qui sont touchés et on voit clairement la délimitation. On dirait un corridor. », dit René Dugas, président de l’UPA Montcalm. Sachant maintenant à quoi s’en tenir, les producteurs sont rassurés, mais ont bien hâte au printemps prochain. Étant donné que la repousse nécessite un effort supplémentaire de l’arbre à ce temps-ci de l’année, il serait peut-être judicieux de réduire le nombre d’entailles par arbre.
Rien à faire
Seul le temps aura raison de cette larve de papillon. Il en coûterait trop cher pour « arroser » les arbres. « La surface est trop grande », indique M. Urbain. Le temps inclément, le manque de nourriture, les prédateurs naturels (insectes et oiseaux), les parasites (guêpes et mouches) et surtout les maladies (virus, bactéries et champignons) constituent des moyens de lutte naturelle contre les populations abondantes. Dans les érablières, il n'est pas prouvé qu'une grave défoliation réduit la qualité de la sève ou en ralentit l'écoulement.