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Budget: 120 jours d’inaction laissent les familles dans la souffrance

Lettre ouverte

Article mis en ligne le 28 mai 2009 à 12:02
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Budget: 120 jours d’inaction laissent les familles dans la souffrance
Lettre ouverte
Il y a quatre mois, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a déposé le budget de 2009 en promettant en ces termes des mesures de stimulation immédiates : « Le Canada est entré en récession. Les mesures d’aide économique doivent être prises dans les 120 prochains jours pour être le plus efficaces possible. »

Les 120 jours sont écoulés et tout ce que les conservateurs de Harper ont réussi à faire, c’est un déficit record d’au moins 50 milliards de dollars, sans résultat.

Aucun emploi n’a été créé. Il y a encore plus de chômeurs. Pas un Canadien de plus ayant perdu son emploi n’a droit à l’assurance-emploi. Pratiquement aucun des projets d’infrastructure annoncés n’a été mis en chantier. Nous avons un déficit jamais vu dans notre histoire. Et cela, seulement quelques mois après avoir prédit un excédent et pas de récession.

Loin d’avoir créé ou protégé « près de 190 000 emplois au Canada », comme ils l’avaient promis dans leur budget de janvier, les conservateurs ont laissé 350 000 Canadiens perdre leur travail depuis le début de cette récession.

Quatre mois après avoir promis une aide économique d’urgence de 4 milliards de dollars, le gouvernement est toujours au point mort et il se contente d’annoncer de nouveau des mesures sans prendre d’engagements pour créer des emplois, ni donner une idée de la date où les fonds seront livrés et les projets mis en chantier.

L’agence Presse canadienne a récemment examiné une bonne dizaine de projets d’infrastructure importants qui étaient promis dans le budget de janvier et a découvert que peu de travaux étaient commencés. Or, la saison de la construction est déjà avancée. Ainsi, les appels d’offres concernant deux ponts internationaux dans des villes frontalières de l’Ontario ne seront pas publiés avant le mois prochain.

Le gouvernement a adopté une démarche partiale, politiquement biaisée et basée sur les demandes pour attribuer les crédits réservés à l’infrastructure, alors qu’ils pouvaient recourir à une autre méthode. Celle qui s’applique au transfert de la taxe sur l’essence, que les libéraux ont proposée et fait adopter au Parlement, aurait permis la distribution immédiate des crédits de l’infrastructure aux localités en fonction du nombre d’habitants

Les conservateurs auraient dû tirer les leçons des 3 milliards de dollars réservés à l’infrastructure qui sont restés dans les caisses parce qu’ils ont été incapables de les verser pendant que l’économie se portait encore bien. Seulement 5 % de ces fonds sont arrivés dans les collectivités, qui en ont pourtant désespérément besoin, pour financer leurs transports en commun, leurs routes et leurs ponts. Au lieu de cela, ils ont préféré faire du favoritisme et accorder à leurs propres circonscriptions une proportion exagérée des crédits de l’infrastructure.

Pendant ce temps-là, les nouvelles ne se sont pas améliorées du côté de l’économie. Le nombre de faillites augmente constamment depuis que le gouvernement est arrivé au pouvoir en 2006, avec un saut de 50 % en décembre 2008, soit la plus forte augmentation mensuelle jamais enregistrée par Statistique Canada.

Malgré l’évidence des statistiques, les conservateurs continuent de faire la sourde oreille aux appels en faveur d’un assouplissement des critères d’admissibilité à l’assurance-emploi. Le fait est que le système actuel n’a pas été conçu pour faire face à une crise nationale de cette ampleur. 40 % des personnes ayant perdu leur travail n’ont pas droit aux prestations d’assurance-emploi, bien qu’elles y aient cotisé. Pourtant, les conservateurs n’ont pas élargi l’accès au programme à une seule personne de plus depuis le début de la récession. En outre, il y a actuellement 58 critères régionaux différents d’admissibilité à l’assurance-emploi et de nombreux Canadiens sont pénalisés simplement à cause de leur adresse.

Les conservateurs continuent également de balayer du revers de la main les appels à investir davantage dans la science et la recherche. Une des meilleures façons de stimuler l’économie est d’investir dans les emplois de demain, mais les conservateurs ne cessent de réduire ces investissements.

En conséquence, le Canada se classe à présent derrière ses concurrents internationaux en matière de recherche et d’innovation. En ce qui concerne l’investissement en recherche et développement, qui permettrait de créer les emplois de demain, le plan de reprise des États-Unis prévoit six fois plus de fonds que le Canada, par habitant, en faveur de la recherche scientifique et technologique, de l’énergie renouvelable et de l’amélioration du rendement énergétique.

Suite à une telle incompétence et à une pareille négligence, le Canada fait maintenant face à un lourd déficit. Un rapport publié la semaine dernière par le Fonds monétaire international prévoit que le Canada aura un déficit de 120 milliards de dollars sur les cinq prochaines années. Cela est bien plus que les 83 milliards de dollars que les conservateurs ont prédit dans leur budget de janvier et très loin du surplus qu’ils avaient prévu, en dépit du bon sens, en novembre dernier dans leur énoncé économique.

Les finances de notre gouvernement se portent de plus en plus mal et tous les Canadiens en paieront le prix. L’incompétent ministre des Finances a fait son temps – et ce gouvernement aussi.

John McCallum

porte-parole libéral responsable des Finances et l'ancien économiste en chef de la Banque Royale.

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