Photo: Étienne Boucher, MAPAQ
Fertilisation de la vigne
Il est plus facile de corriger les éléments minéraux avant la plantation et de faire les amendements de pH si nécessaire. Donc avant toute nouvelle plantation, nous devons procéder à une analyse complète du sol incluant le taux de matière organique et les principaux éléments minéraux P, K, Mg, Ca de même que le pH.
Un pH de 6,5 à 6,8 assurera une meilleure disponibilité des minéraux.
Dans le cas de nos sols, on devra penser à un niveau de 200 kg/ha de phosphore et de 300 à 400 kg/ha pour le potassium.
Selon le professeur Mark L. Chien de Penn State Cooperative Extension, on devrait penser à un niveau de matière organique jamais plus élevé que 5 % . Sinon nous risquons d’interagir avec la disponibilité de l’azote. Un apport trop élevé d’azote réduira la qualité des vins produits avec des raisins récoltés dans ces conditions. Au niveau de l’azote, on parle d’un apport de 50 kg/ha comme suffisant.
Dans la même ligne de pensée, le professeur Chien mentionne qu’aucun apport d’azote ne fera de différence sur la vigne dans les premières années de la plantation. Par contre, à long terme, on risque d’assister à un dépérissement du vignoble. Il y a donc un certain équilibre à maintenir. Les excès d’azote pourraient nuire à l’aoutement et conduire à un plant plus sensible au gel hivernal. Certains préconisent l’apport de l’azote avant l’ouverture des bourgeons en une seule application de façon à obtenir les bonnes concentrations de composés désirables pour la production de vin au moment de la récolte des grappes.
La fertilisation de la vigne est l’un des facteurs déterminant sur la qualité de la vendange et du comportement de la plante. Elle maintient une bonne croissance, limite les carences et influence le contenu en sucres et les saveurs aromatiques. La nutrition minérale de la vigne interagit avec l’eau disponible, les conditions du sol, le climat, les pratiques culturales, la taille.
Les vignobles implantés sur des sols sablonneux seront plus susceptibles aux déficiences en potassium. Il faut penser idéalement à un rapport potassium/magnésium de l’ordre de 1 à 1,5.
Le phosphore joue un rôle fondamental dans le développement végétatif de la vigne. Il agit dans le métabolisme énergétique. Habituellement, le phosphore est bien retenu dans le sol et migre peu en profondeur.
Le potassium joue un rôle important pour la neutralisation des acides organiques produits au cours de la photosynthèse et permet de conserver un pH intracellulaire favorable à la synthèse des sucres ce qui contribue à la qualité œnologique du vin.
Une carence en magnésium pourra être due à un excès de potassium. L’effet de la carence en magnésium n’altère pas la qualité des vins selon les connaisseurs. On contrôle habituellement les carences de magnésium avec des applications foliaires. Le dessèchement de la rafle (petites nécroses foncées allongées) survient peu après la véraison (formation de la grappe) et est souvent associé à une carence de magnésium.
Une carence de bore nuira au développement normal des fruits, produisant un grand nombre de petits fruits déformés. Les symptômes au niveau des jeunes feuilles se caractérisent par une chlorose entre les nervures qui progressera vers un dessèchement des bordures et finalement la mort de la feuille.
La marge est très mince entre une carence et un excès qui devient vite toxique. Au niveau de l’analyse foliaire, un niveau de 200 à 300 ppm donne des symptômes visuels de toxicité.
Finalement, l’engazonnement crée des conditions optimales pour limiter l’érosion dans les pentes, le compactage du sol, le lessivage des éléments fertilisants.