Annonces classées | Enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal | Édition électronique
L'Action
Le blogue d'André Nadeau
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

La pédophobie

André Nadeau par André Nadeau
Voir tous les articles de André Nadeau
Article mis en ligne le 12 avril 2009 à 7:41
Soyez le premier à commenter cet article
La pédophobie
Un journal en lock-out de Montréal nous apprenait cette semaine qu'environ 550 enseignants masculins ont quitté les classes du Québec depuis deux ans. Sur près de 15000 professeurs mâles, ce n'est pas encore une épidémie, mais ça devient très certainement un motif d'inquiétude.

Lorsque plus de 3 % des effectifs d'un groupe donné manquent à l'appel, il y a lieu de s'interroger sur les motifs de ces avortements de carrière. Il est tout de même curieux que 550 personnes aient poursuivi des études en vue d'une carrière féconde pour les voir se retirer dans les deux années suivantes.

Cette nouvelle m'apparaît d'autant plus inquiétante que la défection des professeurs masculins se produit alors qu'on a besoin d'eux plus que jamais. On le sait, le décrochage est devenu endémique chez les garçons alors que dans certaines MRC, c'est plus de 50 % d'entre eux qui ne parviennent pas à obtenir un diplôme d'études secondaires. Et voilà que les profs, dont ils ont besoin comme modèle, décrochent à leur tour.

Les hommes ont traditionnellement été moins nombreux au niveau préscolaire et primaire. On y enregistre d'ailleurs un moins grand nombre de départs qu'au secondaire.

Une des raisons évoquées pour expliquer ces nombreux départs réside dans l'inconfort croissant des hommes devant se retrouver seuls avec des enfants ou des adolescents. Le journal rapporte les propos d'un expert des sciences de l'éducation de l'Université Laval, Égide Royer, lequel souligne que les multiples cas de pédophilie révélés au cours des dernières années compliquent le travail des enseignants. On peut le comprendre, il n'y a qu'à voir les cas de professeurs qui ont vu leur vie détruite par des accusations montées de toutes pièces par des adolescentes insatisfaites. L'enseignant a beau être blanchi par la justice, sa réputation ne reviendra jamais comme avant.

Quand j'étais jeune, il n'était pas rare de voir des hommes du voisinage me passer la main dans les cheveux en passant ou me donner trente sous pour un cornet. Aujourd'hui, en voyant quelqu'un poser un geste semblable, ça nous renvoie automatiquement l'image d'un pédophile. C'est bien dommage.

Il serait toutefois quelque peu simpliste de s'en tenir à ce seul motif pour expliquer le départ d'autant de professeurs.

Il faut reconnaître que le métier d'enseignant est fortement dévalorisé. L'image le plus souvent véhiculée, c'est celle de l'enseignant installé devant une classe trop nombreuse qui se fait chahuter, voire même agresser. Un enseignant formé pour transmettre une matière et qui doit passer le plus clair de son temps à faire la discipline ou à acheter la paix. De plus, lorsqu'il applique les règlements, le même professeur risque d'entrer en conflit avec des parents sans bénéficier du soutien de la direction. Avouez que ce n'est pas tout à fait le métier rêvé.

S'il est vrai que la situation décrite plus haut se produit réellement, ce n'est heureusement pas le cas de toutes les classes et de tous les élèves. Il y a des directions d'école qui soutiennent les enseignants. Il y a aussi de nombreux professeurs qui réussissent à prendre en charge des classes aussi surchargées que les autres.

Il faut toutefois reconnaître que beaucoup de professeurs se plaignent de ne pas avoir suffisamment d'emprise sur leur travail, qu'on leur impose des directives ou des méthodes contre-productives et qui ont le sentiment d'être rarement écouté dans les hautes instances du monde de l'éducation.

Si on laissait les professeurs enseigner tout simplement, ils seraient moins nombreux à quitter.

André Nadeau

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins


La question du net

  • Êtes-vous d'accord avec la décision de Steven Harper de geler le salaire des députés ?
  • oui:
  • non: