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L'Action
Louis Cornellier
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Mario s’en va

Louis Cornellier par Louis Cornellier
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Article mis en ligne le 11 mars 2009 à 7:39
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Mario s’en va
Mario s’en va
Vendredi dernier, après 14 ans de présence à l’Assemblée nationale à titre de député de Rivière-du-Loup et chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont a officiellement quitté la vie politique. Faut-il s’en désoler ou s’en réjouir? Une analyse de son bilan politique m’amène à conclure qu’il s’agit là d’un bon débarras.

Mario Dumont a-t-il vraiment, comme l’ont souligné quelques commentateurs complaisants à l’occasion de son départ, contribué à rafraîchir la vie politique québécoise, à lui insuffler de nouvelles idées? J’ai beau chercher, je ne trouve pas ce qui justifie un tel éloge.

Au début des années 1990, Dumont, qui venait de quitter un Parti libéral pas assez nationaliste à son goût, parcourait le Québec afin d’évaluer la pertinence de fonder un nouveau parti politique. Je me souviens de l’avoir rencontré lors d’un débat-midi au cégep de Joliette et, le soir du même jour, lors d’un forum informel au café-bar L’Interlude. Il donnait l’impression d’être un jeune politicien intelligent et insatisfait des deux « vieux partis » -ce qui le rendait plutôt sympathique-, mais sa pensée demeurait simpliste et superficielle. « On peut faire mieux », se contentait-il de répéter. En plus de 15 ans de vie politique active, il n’a pas évolué d’un iota : habile, mécontent, mais sans solutions de rechange valables.

Dumont déplorait le cynisme de la population envers la politique duquel il rendait responsables les libéraux et les péquistes. Ces derniers, disait-il, ne parlaient pas vrai et étaient enfermés dans des idées dépassées. Or le chef adéquiste, tout au long de sa carrière, a lui-même beaucoup fait pour entretenir ce cynisme et discréditer l’action politique.

Sa position sur la question nationale, par exemple, incitait les Québécois à vivre dans l’illusion. L’autonomisme, sur le plan des principes, aurait pu être une option légitime, mais elle n’a plus, aujourd’hui, aucune pertinence, compte tenu de la fermeture radicale d’Ottawa face aux revendications le moindrement substantielles du Québec. En s’y tenant, Dumont a vendu du rêve et a nui à l’évolution du Québec dans ce dossier.

Dumont, faut-il le rappeler, fut ce politicien qui a défendu le droit des barbares de CHOI-FM, cette triste station radiophonique de Québec, de répandre impunément leur fiel. Il a aussi défendu des mesures aussi rétrogrades que le taux d’imposition unique, qui ne profiterait qu’aux riches, les bons en éducation, qui auraient créé un apartheid scolaire, et l’allocation de garde des enfants à la maison, qui aurait nui au réseau de garderies et surtout aux enfants des classes pauvres qui ne l’auraient pas fréquenté. Dans la sage des accommodements raisonnables, il s’est contenté de jeter de l’huile sur le feu, en se défilant à l’heure de proposer des solutions concrètes et rassembleuses. Sa défense d’un système de santé mixte (privé-public) allait à l’encontre de toutes les études sérieuses et non partisanes réalisées sur ce sujet et qui prônent le maintien du système public universel (voir l’ouvrage Le privé dans la santé, Les Presses de l’Université de Montréal, 2008).

Chef solitaire, il n’a su s’entourer que d’une équipe de suiveurs sans éclat. Pour les partisans, même modérés, de la justice sociale, c’est une chance qu’il n’ait pas pris le pouvoir avec son programme de destruction échevelée des plus beaux fruits de la Révolution tranquille.

Son départ, et l’effacement probable de son parti à moyen terme, n’est donc pas une mauvaise nouvelle. Il contribuera à clarifier les options dans le paysage politique québécois. Entre la souveraineté et le statu quo, il faudra se brancher, de même qu’entre le centre gauche du PQ et le centre droit du Parti libéral. Peut-on rêver, dans la foulée, pour la frange réaliste de Québec solidaire, d’une réconciliation, dans l’honneur et l’enthousiasme, avec le PQ?

Louis Cornellier

louisco@sympatico.ca

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Norma-Yan D.-Mercier

Commentaire mis en ligne le 15 mars 2009
Suite à la lecture de votre article, on s'aperçoit facilement que vous êtes réellement préoccupé par
la situation politique du Québec (qui se dégrade de plus en plus (mon avis)).Récemment dans une question
TVA (pas la meilleure référence), on nous demandait si, l'on était satisfait, des 100 premiers jours du
gouvernement Charest, à plus de 80% (environ 8000 répondants), la réponse était non. Je me demande
vraiment si nous sommes rendus à un point tel en politique que nous en venons à évaluer 100 jours d'un
gouvernement!

Pour en revenir au départ de M.Dumont,je dois, par contre,vous dire que, bien que j'étais souvent en désaccord avec les opinions et les actions de Mario Dumont,je crois bien qu'il a su suscité de l'intérêt chez des personnes qui pratiquaient le je-m'en-foutisme
face à la politique (parlez-en bien, parlez-en mal, mais l'important c'est que tout le monde en parle).Il ne faut pas oublier qu'il a tout de même réussi à faire élire, en mars 2007,41 députés et, de ce fait, devenir l'oppostion officielle battant le Parti Québécois. Malgré ses nombreux et, j'irais même jusqu'à dire, plusieurs faux pas, je pense qu'on doit lui accorder cette victoire qu'il a gagné en "solitaire"; un chef solitaire qui, bien que très loin de Réné Lévesque et de son incroyable charisme, a pu déclencher à lui seul une "vague adéquiste" dans son avant-dernière campagne électorale.Je crois aussi sincèrement que vous avez raison, il faut vraiment se décider...souveraineté/autonomiste ou continuer à vivre à la solde du reine qui pour nous faire grâce de sa visite nous envoie une belle addition de quelques millions de dollars.

Olivia Pelka

Commentaire mis en ligne le 13 mars 2009
En parcourant les archives de votre blogue, il me vient une autre question pour vous:

Si vous êtes le grand amoureux de la démocratie que vous dites être, ne devriez-vous pas être attristé à l'idée de la disparition d'un parti défendant des idées qui rejoignent apparemment un pourcentage non négligeable de la population?

Enfin.. il me semble?

Olivia Pelka

Commentaire mis en ligne le 13 mars 2009
En février dernier, vous écriviez:

"En 1995, (...), plus de 60% des Lanaudois ont appuyé l’option du Oui. Étaient-ils alors animés par la détestation des Canadiens, le sectarisme et le repli sur eux-mêmes? Se sont-ils comportés en esprits bornés? C’est en tout cas ce que pense d’eux, et de tous les souverainistes québécois, le président français Nicolas Sarkozy. "

Et vous, que pensez-vous donc de tous ceux qui ont voté pour l'ADQ lors des deux dernières élections? Qu'ils sont tous des gens rétrogrades, qui ne sont pas, même modérément, en faveur de la justice sociale? qu'ils souhaitent la destruction du Québec?

Vous avez une haute estime de cet électorat, non?

Commentaire mis en ligne le 11 mars 2009
L'ADQ, il ne faut jamais l'oublier, a été fondé avec comme "Bible" le Rapport Allaire lequel proposait rien de moins que le rapatriement de 22 pouvoirs.


Or, Dumont et l'ADQ sont passés du Rapport Allaire au discours de Toronto du chef de l'ADQ (2002 ??) dans lequel Dumont déclarait qu'il n'y avait pas de problème. Pour ensuite recycler le discours obsolète et creux de Duplessis dans les années 40:l'autonomie provinciale.

Autonomie provinciale? En 2009, le Québec est membre d'une fédération de 13 membres avec les TNO et IPE.

Vous avez raison:il faut se brancher. Statu quo ou souveraineté!

Chez nos voisins


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