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Égalité des chances ou égalité numérique ?

André Nadeau par André Nadeau
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Article mis en ligne le 8 mars 2009 à 7:20
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Égalité des chances ou égalité numérique ?
« En politique municipale, les femmes sont encore loin d'avoir atteint l'égalité dans Lanaudière ». C'est du moins ce qu'affirme un communiqué publié par le bureau régional du Conseil du statut de la femme dans Lanaudière.

En cette journée des femmes, il peut apparaître désolant à la lumière de cette affirmation de constater que la situation des femmes n'ait pas plus progressé, si c'est effectivement le cas.

Il faut savoir de quelle égalité on parle. Visiblement, les groupes de femmes ne se satisfont pas que les femmes bénéficient de l'égalité des chances en politique municipale autant qu'ailleurs. Ce qu'elles visent, c'est l'égalité numérique dans les conseils municipaux, indépendamment de toutes autres considérations.

C'est vrai que les femmes sont encore sous-représentées dans les administrations municipales. Lanaudière ne compte que 15 % de mairesses et 28 % de conseillères. C'est trop peu, convenons-en. Toutefois pour être élu, il faut tout d'abord être candidat et les femmes sont moins nombreuses à briguer les suffrages. Il est donc normal qu'au terme du processus démocratique, elles soient moins nombreuses. Dans ce contexte, on ne saurait trop encourager les groupes de femmes à stimuler des candidatures par la formation et le réseautage. Mais, ce n'est plus vrai que les femmes sont défavorisées face à l'électorat. Il y a déjà beaucoup d'exemples de femmes qui ont réussi dans les affaires municipales aussi bien, sinon mieux que leurs collègues masculins. Je ne connais plus aucune municipalité où une femme candidate risque d'être défaite uniquement parce qu'elle est une femme.

Si on doit encourager la participation des femmes pour assurer une vie démocratique plus riche, je ne vois aucune raison justifiant de faire de l'égalité numérique un objectif à atteindre. Une fois que tous bénéficient de chances égales, c'est aux électeurs de choisir ceux qui apparaissent les plus compétents. Lorsque je vote, je me refuse à devoir choisir entre un pénis et un vagin pour parvenir à l'égalité numérique. Je vote d'abord pour le cerveau qui m'apparaît le plus susceptible de bien gérer mes taxes, quel que soit le sexe.

À entendre certains groupes féministes, on a l'impression que les femmes sont d'éternelles victimes. Dans le cahier spécial de la Table de concertation des groupes de femmes de Lanaudière publié mercredi, on explique la sous-représentation des femmes en politique par le fait qu'elles ont longtemps été exclues du champ politique du fait de leur avoir refusé le droit de vote jusqu'en 1940. Elles ne s'intéresseraient pas à la politique parce qu'elles n'en ont pas eu la chance. Les femmes ont droit de vote au Québec depuis 68 ans, mais elles n'y seraient pas encore habituées ? Soyons plus sérieux! Les femmes et les hommes d'aujourd'hui ont très majoritairement vécu toute leur vie avec les mêmes droits démocratiques. Ils n'ont qu'à les exercer ! Signalons ici que les femmes ont droit de vote au gouvernement fédéral depuis 1919.

Les femmes ne constituent pas le seul groupe sous-représenté au sein des conseils municipaux, les jeunes font aussi cruellement défaut. Et ici, lorsqu'on parle de jeunes, c'est 40 ans et moins dont il s'agit. Il n'y a qu'à regarder au tour des tables de délibération des conseils municipaux du Grand Joliette pour constater l'absence totale de cette tranche de la population. Cette sous-représentation a des conséquences, puisqu'elle entraîne la constitution de conseils municipaux naturellement plus conservateurs. Là aussi, on devrait peut-être mettre en place des mesures pour stimuler la participation des jeunes, tout comme on le fait avec justesse pour les femmes.

André Nadeau

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