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Les poubelles de ma cour

Jean-Pierre Malo par Jean-Pierre Malo
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Article mis en ligne le 7 mars 2009 à 9:34
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Les poubelles de ma cour
Il y a quelques mois à peine, les centres de tri du Québec faisaient des surplus financiers en vendant leurs matières recyclées à profit. Depuis janvier dernier, c’est la crise : les prix se sont effondrés et les centres de tri sont dans le rouge. Dans un court article paru dans l’Action du 4 février dernier, le sort du centre de tri REGIM dans la Matawinie pourrait bien être celui des 36 centres au Québec avec leurs 502 00 tonnes de matières recyclables par année. Ça sent, là aussi, l’augmentation des taxes.

Les centres de tri qui reçoivent vos bacs bleus, perdent maintenant de l’argent à chaque semaine. Derrière un service maintenant décalé aux deux semaines, les gestionnaires du centre REGIM aiment mieux payer 50$ la tonne pour expédier en Chine leurs ballots de matières à recycler plutôt que de réembaucher la douzaine d’employés qu’ils ont dû mettre à pied. Ce qu’on comprend, c’est qu’entre deux coûts en période déficitaire, on choisit le moindre au détriment de l’embauche.

Ce sont les maires qui gèrent REGIM, une régie intermunicipale présidée par le maire Jean-Yves Lebeau de Saint-Alphonse. Ce dernier, dans une entrevue qu’il accordait à l’Action, ne semble pas apprécier outre mesure les garanties de prêts offerts par le gouvernement. Ce qu’on s’explique moins, c’est le mutisme sur le deuxième volet de l’aide gouvernementale concernant la modernisation des équipements en vue de faire baisser les coûts. Même si ce n’est pas en soi une bonne nouvelle pour l’embauche, la modernisation est plus incontournable que jamais.

Pour l’heure, il est question de créer une copie de la Financière agricole applicable aux matières recyclables c'est-à-dire bâtir un fond de stabilisation qui offre les des liquidités en temps de crise mais remboursables à même les surplus des centres en temps plus « profitable ». C’est l’Union des municipalités, où siègent nos maires, qui fait maintenant cette proposition au gouvernement. Évidemment, c’est Québec qui est appelé à provisionner le fond.

Nous ne savons pas ce qui se passe dans les autres centres de tri de Lanaudière mais en Matawinie à tout le moins, il y a encore des surplus pour parer à la crise, a-t-on lu. Mais pour combien de temps sans plan de modernisation?

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Robert Morin, St-Jean-de-Matha

Commentaire mis en ligne le 9 mars 2009
Je constate que vous terminez votre article en disant que l'on ne sait pas «ce qui se passe dans les autres centres de tri» de la région. Tout à fait normal, puisqu'il n'y a que celui de REGIM qui est de GESTION PUBLIQUE, donc qui est transparent et responsable face aux citoyens. Essayez d'obtenir des chiffres des centre privés et vous vous retrouverez rapidement devant la Commission d'accès à l'information et les avocats des compagnies qui invoqueront tous le secret industriel pour vous empêcher de savoir ce qu'il advient de vos efforts de recyclage... Et dire que l'enquête du BAPE sur les matières résiduelles avait recommandé que les producteurs d'emballage et de suremballage soient ceux qui paient en bout de ligne plutôt que les citoyens et les municipalités... pourquoi cette recommandation n'a-t-elle pas encore été mise en oeuvre après tant d'années? Ça sent le lobby...

Claude Beaulé, ing. Vertal inc.

Commentaire mis en ligne le 9 mars 2009

Ça sent en effet l'augmentation de taxes. IL faut s'ouvrir les yeux, nous sommes victimes de notre déni de richesse. L'essentiel de l'effort de tri et de recyclage ne provient pas des centres de tri et de collecte, mais bien de l'ensemble des citoyens qui consentent bénévolement à consacrer des efforts au tri et à la récupération de leurs matières recyclables sans rien exiger en retour.

Cet effort des citoyens ne sera jamais rémunéré et si l'industriel à qui on demande de s'acquitter de la tâche de l'élimination de cette ressource ne fait plus d'argent en vendant notre ressource, il nous demandera encore de le payer davantage. On prend les citoyens pour les dindons de la farce, comme d'habitude.

Les matières résiduelles ne sont pas un problème dont on doit se débarrasser à tout prix, il s'agit plutôt d'une richesse qui appartient à ceux qui en bénéficient. Savez-vous ce qu'ils font en Suède avec les matières recyclables combustibles? Tous les citoyens les récupèrent afin que la centrale thermique locale puisse les utiliser pour produire la chaleur qui sera redistribuée à toutes les habitations. Les citoyens bénéficient donc directement de leurs efforts de récupération par une réduction des coûts de chauffage et des coûts d'eau chaude. Ça s'appelle le chauffage communautaire et il est implanté dans la plupart des villes et villages de Suède. Ce n'est pas un quelconque industriel qui engrange les profits de la distribution du chauffage communautaire, c'est la communauté.

Pour les résidus alimentaires ils sont compostés avec des composteurs de type Big Hanna ou méthanisé afin d'en tirer un combustible qui servira au transport en commun ou au chauffage communautaire.

N'allez-pas croire que ces genres de solutions ne sont pas possible chez nous. Il faut penser en termes d'organisation de groupe plutôt qu'en termes d'individus. Là-bas les bacs de recyclage sont souvent appelés des banques de recyclage. Les gens y font des dépôts pas seulement parce qu'ils ont une grande conscience environnementale, mais aussi parce qu'ils profitent directement des retombées de ces gestes. Quand on me dit que les centres de tri vont nous coûter plus cher j'exigerai en retour qu'on m'explique ce qui est advenu des profits découlant de notre effort collectif de recyclage dans les meilleures années. Quand les élus des municipalités confient au nom des citoyens les profits des matières recyclables à des compagnies privées ils ne doivent pas avoir l'odieux d'exposer leur piètres talents de négociateurs en nous demandant en plus de financer les déficits de ces compagnies. Si on doit financer ces déficits d'exploitation on doit également récolter les profits de l'exploitation et contrôler les dépenses des dirigeants ainsi que leurs salaires. Et si c'est vrai pour les centres de tri, c'est aussi vrai pour l'ensemble de l'économie soutenue par l'état.

Mettons un peu d'ordre dans nos affaires et cessons d'être les dindons de la farce.

Claude Beaulé, ing.

Vertal inc.

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