Les poubelles de ma cour
Il y a quelques mois à peine, les centres de tri du Québec faisaient des surplus financiers en vendant leurs matières recyclées à profit. Depuis janvier dernier, c’est la crise : les prix se sont effondrés et les centres de tri sont dans le rouge. Dans un court article paru dans l’Action du 4 février dernier, le sort du centre de tri REGIM dans la Matawinie pourrait bien être celui des 36 centres au Québec avec leurs 502 00 tonnes de matières recyclables par année. Ça sent, là aussi, l’augmentation des taxes.
Les centres de tri qui reçoivent vos bacs bleus, perdent maintenant de l’argent à chaque semaine. Derrière un service maintenant décalé aux deux semaines, les gestionnaires du centre REGIM aiment mieux payer 50$ la tonne pour expédier en Chine leurs ballots de matières à recycler plutôt que de réembaucher la douzaine d’employés qu’ils ont dû mettre à pied. Ce qu’on comprend, c’est qu’entre deux coûts en période déficitaire, on choisit le moindre au détriment de l’embauche.
Ce sont les maires qui gèrent REGIM, une régie intermunicipale présidée par le maire Jean-Yves Lebeau de Saint-Alphonse. Ce dernier, dans une entrevue qu’il accordait à l’Action, ne semble pas apprécier outre mesure les garanties de prêts offerts par le gouvernement. Ce qu’on s’explique moins, c’est le mutisme sur le deuxième volet de l’aide gouvernementale concernant la modernisation des équipements en vue de faire baisser les coûts. Même si ce n’est pas en soi une bonne nouvelle pour l’embauche, la modernisation est plus incontournable que jamais.
Pour l’heure, il est question de créer une copie de la Financière agricole applicable aux matières recyclables c'est-à-dire bâtir un fond de stabilisation qui offre les des liquidités en temps de crise mais remboursables à même les surplus des centres en temps plus « profitable ». C’est l’Union des municipalités, où siègent nos maires, qui fait maintenant cette proposition au gouvernement. Évidemment, c’est Québec qui est appelé à provisionner le fond.
Nous ne savons pas ce qui se passe dans les autres centres de tri de Lanaudière mais en Matawinie à tout le moins, il y a encore des surplus pour parer à la crise, a-t-on lu. Mais pour combien de temps sans plan de modernisation?
Robert Morin, St-Jean-de-Matha
Commentaire mis en ligne le 9 mars 2009Je constate que vous terminez votre article en disant que l'on ne sait pas «ce qui se passe dans les autres centres de tri» de la région. Tout à fait normal, puisqu'il n'y a que celui de REGIM qui est de GESTION PUBLIQUE, donc qui est transparent et responsable face aux citoyens. Essayez d'obtenir des chiffres des centre privés et vous vous retrouverez rapidement devant la Commission d'accès à l'information et les avocats des compagnies qui invoqueront tous le secret industriel pour vous empêcher de savoir ce qu'il advient de vos efforts de recyclage... Et dire que l'enquête du BAPE sur les matières résiduelles avait recommandé que les producteurs d'emballage et de suremballage soient ceux qui paient en bout de ligne plutôt que les citoyens et les municipalités... pourquoi cette recommandation n'a-t-elle pas encore été mise en oeuvre après tant d'années? Ça sent le lobby...