Janvier 2007 : Êve, Charles, Danielle Landreville, Jean-François Nadeau et Evans inaugurent les nouvelles installations.
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Transférer sans tout risquer
Place aux jeunes entrepreneurs
«On souhaite toujours que nos enfants soient meilleurs que nous. Le plus beau cadeau que j'ai eu dans la vie, c'est l'appui, le «coaching» de mes parents. Ces valeurs, j'ai voulu les transmettre à mes enfants.»
Productrice d'oeufs d'incubation à Sainte-Mélanie, Danielle Landreville s'est maintes fois distinguée au concours national de l'Ordre du Mérite agricole. Elle était récemment invitée à expliquer comment on peut encourager l'entreprenariat, la relève, sans y laisser sa peau.
La conférencière a fait ses premiers pas à Sainte-Béatrix. Ses parents, Gilles Landreville et Muguette Laporte, ont eu aussi deux fils, Yvon et Denis. «J'ai grandi sur une ferme laitière et avicole. Je ne l'ai pas achetée. C'est plutôt une occasion d'affaires qui s'est présentée en 1980. On m'offrait un troupeau orphelin. Mon père, un homme d'affaires qui aime prendre des risques, m'a épaulé. Nous avons vendu les vaches et le quota pour repartir en neuf.»
L'entreprise a été lancée alors que les taux d'intérêt étaient au plus haut. «Heureusement, dit-elle, grâce à l'appui de mon père, je n'ai pas à m'acheter de tracteur avant 1996.»
Danielle Landreville et son conjoint, Jean-François Nadeau, un entrepreneur réputé dans le domaine du transport, ont eu trois enfants, Charles, Êve et Evans. «Nous ne voulions pas qu'ils passent leur temps sur le divan à écouter la télé. Nous leur avons donc parlé d'un voyage à Disney en Floride en autant qu'ils contribuent. Ils ont gagné des sous en ramassant les œufs et en coupant le gazon.»
En 2006, avec cinq bâtiments, la Lanaudoise avait suffisamment de quoi s'occuper. «Profid'Or m'a approché pour du quota additionnel, 1 000 mètres. Nous avons impliqué les enfants pour un projet innovateur en leurs noms.»
Le projet nécessitait le morcellement d'une terre au coeur d'une opération agricole. La Commission de protection du territoire agricole a «accroché» un bout de temps pour conclure qu'il s'agit d'un appui à la relève et que la nouvelle entité reviendra dans le portrait global dans 15 ans. Bref, une autre victoire pour ceux et celles qui persévèrent.
Les enfants du couple ont étudié ou sont sur le point de compléter leurs études dans des domaines variés reliés aux besoins d'entreprises d'avant-garde. «Nous allons aussi, a conclu leur mère, mettre à leur disposition notre expérience et nos contacts.»
L'animatrice de la rencontre, Pascale Coutu de la Courgerie de Sainte-Élisabeth, a raconté s'être penchée, avec les membres de sa famille, sur les conséquences du transfert de ferme. «L'opération remue-méninges doit permettre de mettre sur la table toutes les hypothèses, même les plus farfelues. Nous en avons tous bénéficié. Les parents doivent comprendre qu'un transfert, cela ne signifie pas ne plus avoir de projets.»