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La liberté, quelle liberté ?

André Nadeau par André Nadeau
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Article mis en ligne le 8 février 2009 à 8:36
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La liberté, quelle liberté ?
Une municipalité ontarienne a adopté un règlement interdisant de fumer dans les parcs afin de protéger ses citoyens de la fumée secondaire. Pauvres fumeurs, déjà condamnés à geler à moins 30 pour assouvir leur vice, voilà qu'on leur interdit de fumer en plein air.

Certains font aussi pression pour interdire aussi la cigarette au volant, même si le fumeur est seul à bord du véhicule. C'est que certains ayatollahs de la santé craignent qu'éventuellement des enfants prennent place dans l'automobile et se retrouvent ainsi en contact avec la fumée tertiaire, cette substance qui se dépose sur les objets après le passage d'un fumeur. C'est la nouvelle bataille de l'industrie du bien.

Des employeurs font maintenant passer des tests médicaux aux candidats à un emploi afin de déceler la présence de nicotine. Histoire de diminuer les frais de santé de l'entreprise, on élimine ainsi les candidats fumeurs. Le tabac est toujours un produit légal qui contribue par la taxation à enrichir le trésor public.

Comment pourrait-on être contre puisque tous ces contrôles visent à améliorer la santé des gens ? Le problème, c'est aussi que ça crée un certain nombre de précédents et que sous des dehors vertueux, ça diminue constamment notre champ de liberté.

D'ici quelques années, on s'attaquera de la même façon aux aliments gras ou salés. Si c'est valable pour le tabac, pourquoi un employeur ne pourrait-il pas vérifier si vous êtes accro aux croustilles avant de vous embaucher ? Un mangeur de « chips » présente un risque de développer une maladie coûteuse pour l'entreprise.

Toujours pour notre santé et l'environnement, des groupes multiplient les pressions pour non seulement interdire la vente des poêles à bois les plus polluants, mais aussi obliger les propriétaires de vieux poêles à s'en départir. Et si une crise de verglas survient comme en 1997, on devra s'en remettre à la chaleur humaine.

La sécurité est un autre motif pour s'introduire dans la sphère de la vie privée. Depuis le 11 septembre 2001, on multiplie la surveillance électronique. Les caméras sont partout, même dans les autobus scolaires. Dans certaines entreprises, ce sont les travailleurs qui font l'objet d'une filature électronique. Les transmissions électroniques, les courriels et l'historique de la navigation sur Internet font aussi l'objet de surveillance dans les entreprises. Dans certaines villes, le nombre de caméras est si important qu'on pourrait suivre un individu dans tous ses déplacements. À Joliette, le phénomène n'a pas autant d'ampleur, mais on serait surpris de connaître le nombre de caméras qui captent nos faits et gestes quotidiennement. Ça se limite toutefois aux magasins, certaines institutions et des stationnements. On a quand même vu l'automne dernier, pendant quelques semaines, des caméras installées sur des lampadaires du centre-ville.

Il y a quelques années à peine, c'était de la fiction de voir au cinéma des espions localiser un individu à partir de son cellulaire. Aujourd'hui, c'est devenu un jeu d'enfant pour les entreprises de télécommunication de retracer un individu par la triangulation.

Par l'utilisation des cartes de débit et des cartes de fidélité (AirMiles), vos achats s'accumulent dans des banques de données afin de constituer votre profil de consommation. Dire que « Big Brother » n'en est encore qu'à ses premiers balbutiements.

Pour paraphraser Pierre Falardeau, disons que bientôt, la liberté ne sera plus qu'une marque de yogourt !

André Nadeau

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Louise Fullum

Commentaire mis en ligne le 19 mars 2009
Je fus agréablement surprise de lire un article qui dénonce l'érosion de nos libertés. Mon mari et moi sommes libertariens et nous croyons que la liberté et la responsabilité personnelles sont esssentiels dans la société. Félicitation M. Nadeau.

Florian Péloquin

Commentaire mis en ligne le 9 février 2009
Monsieur Nadeau, votre éditorial sur la liberté est fort intéressant. Il met l’accent sur une valeur fondamentale. Vous dénoncez dans votre papier des entraves à cette liberté qui sont selon vous complètement injustifiées. Comme vous le savez, la liberté des uns rencontrent la liberté des autres. Vous montrez que la liberté de certaines ou certains est brimée par certaines libertés de coercition ou d’intrusion que se donnent des individus, des groupes, des institutions publiques ou des institutions privées. J’aimerais ici vous montrer que la limitation de la liberté dans le cas de l’interdiction de la vente des poêles à bois les plus polluants, voire même l’obligation pour celles et ceux qui en possèdent de s’en départir, est justifiée. Pour des raisons de sécurité publique ou du moins de limitation des désagréments, vous indiquez bien ironiquement que la chaleur humaine ne peut suffire dans la situation telle que celle que nous avons vécue dans Lanaudière avec le verglas de 1997. La liberté qui serait donc en question est celle d’être libre d’établir les moyens d’être en sécurité dans les situations catastrophiques. Il est difficile d’être contre. Vous proposez donc que les gens puissent conserver leur appareil de chauffage polluant pour faire face à une éventuelle crise. Pendant ce temps, cependant, les personnes qui ont ce type d’appareil l’utilisent et contribuent grandement à la pollution atmosphérique, notamment à cause de l’émission des particules fines. Vous savez sûrement que ces particules sont extrêmement nocives pour la santé. Les citoyens qui doivent respirer ces particules ont-ils alors la liberté de vivre dans un environnement sain ? Non. Dans le contexte, il vaut mieux brimer, il est vrai, la liberté des uns d’utiliser leur appareil de chauffage au bois, pour préserver la liberté des autres de pouvoir à l’extérieur, et même à l’intérieur de leur demeure (car ces particules peuvent pénétrer dans les résidences), respirer un air le moins vicié possible.
Monsieur Nadeau, on ne peut mettre de l’avant les éventuelles pannes d’électricité majeures pour justifier qu’il est raisonnable, pour préserver cette liberté de prendre les moyens de se protéger, d’affecter la santé des citoyens par une pollution qui devient de plus en plus omniprésente et de plus en plus sévère (l’augmentation de périodes de smog hivernal dans la région Lanaudière en est l’illustration). Il existe d’autres moyens beaucoup moins polluants tels que les appareils de chauffage au gaz ou des moyens qui ne seraient utilisés qu’au moment de la situation d’urgence tels que les génératrices d’électricité. Il ne faut pas oublier aussi qu’il est du devoir des autorités de mettre en place des services d’urgence dans ces situations.

Florian Péloquin
Président de l'Association pour l'air pur

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