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La gale commune fut encore présente en 2008 malgré un été pluvieux, mais…

Jean-Pierre Senécal d.t.a. Conseiller en pomme de terre MAPAQ L’Assomption jean-pierre.senecal@mapaq.gouv.qc.ca

Article mis en ligne le 2 février 2009 à 16:05
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La gale commune fut encore présente en 2008 malgré un été pluvieux, mais…
La gale superficielle, source : Chantal Malenfant, Laboratoire de diagnostic en phytoprotection, MAPAQ
La gale commune fut encore présente en 2008 malgré un été pluvieux, mais…
Jean-Pierre Senécal d.t.a.

Conseiller en pomme de terre

MAPAQ L’Assomption

jean-pierre.senecal@mapaq.gouv.qc.ca
Pourquoi a-t-on observé moins de gale cette année que par les années passées? La diminution serait telle due aux précipitations abondantes durant l’été et/on aux moyens de répression utilisés par les producteurs. Tout comme l’année 2006 dont la gale fut très présente, les sols se sont maintenus humides durant la saison de croissance. Les spécialistes de la pomme de terre s’entendent pour dire qu’une année pluvieuse réduit l’incidence de la maladie, les résultats de cette année en témoignent. Il est certain que le climat joue un rôle majeur dans le développement de la gale. La maladie a été observée principalement dans les sols sablonneux, favorables à son développement en 2008.

Les facteurs qui influencent l'apparition de gale et sa gravité sont nombreux (pH du sol, teneur en matière organique, espèces et souches de bactéries, texture, température et humidité du sol, etc.). Nous pouvons affirmer que les producteurs utilisent tous les moyens à leur disposition depuis quelques années afin de réduire les pertes monétaires causées par la gale. Voici une description des produits et moyens de contrôle qui sont appliqués ou en essais :
Les produits de contrôle


§ L’Agriclay A6 : des essais ont été menés dans la région en 2007 et 2008 avec ce produit liquide à base d’argile. Les résultats sont mitigés, mais les essais devraient se poursuivent en 2009.

 L’utilisation de bases acidifiantes à base de soufre comme le sulfate d’ammoniac et le phosphate mono-ammoniacal (MAP) a pour effet d’acidifier le sol. Ces produits sont moins lessivables et devraient être favorisés à la plantation pour combattre la maladie dans les champs détenant un historique de gale.

 La fumigation à la chloropicrine 100 a démontré un très bon contrôle sur la gale commune.

 L’application du polyram 16 D sur la semence semble prometteur, des essais en région et au Québec ont débutés cette année. Par contre, l’application du produit sur les tubercules est difficile à réaliser. L’application liquide au semi sur le planton est une technique souhaitable dans le futur.
Les moyens de contrôle


§ L’irrigation durant les périodes de sécheresse diminue l’incidence de la gale commune.

 Selon les études l’utilisation de la moutarde brune démontre une réduction de 25 % de la gale commune et de 40 % de gale poudreuse. La moutarde blanche n’exerce pas de contrôle sur la maladie.

 Les méthodes de lutte (cultivars résistants-rotation de cultures et la régie des champs sont encore les moyens les plus efficaces contre la maladie.
Les producteurs ont adopté une meilleure régie depuis quelques années, puisque les causes et les moyens pour la combattre sont connus.
Les méthodes de lutte recommandées et pratiquées décrites plus bas ont donné des résultats. Par contre, quelques producteurs de la région ont recours à l’application de la chloropicrine en particulier dans les sols sableux et pour les champs ayant un historique de gale prononcée. La chloropicrine a démontré son efficacité depuis son homologation, mais s’avère une pratique dispendieuse et de dernier recours.

Les producteurs utilisent davantage des variétés résistantes et cette pratique demeure de loin la solution aux problèmes grandissants de la gale commune.

De plus, les producteurs portent une attention pour les résidus de cultures mal décomposés causant ainsi l’augmentation de la gale commune.

Les applications de fumiers sont moins fréquentes depuis quelques années. Les producteurs doivent respecter les plans agroenvironnementaux de fertilisation (PAEF). Le fumier frais favorise la survie de l’organisme pathogène et l’apparition de la gale. Les bactéries de la gale s’en servent pour se multiplier.

La monoculture de pomme de terre de plus en plus remplacée par les rotations et l’intégration d’engrais verts suscite beaucoup d’intérêt des producteurs (moutarde blanche, radis fourrager, colza, avoine et seigle). On attribue aux engrais verts plusieurs avantages en particulier contre la gale. La rotation de culture a toujours sa place pour diminuer la quantité de bactéries Streptomyces scabies dans le sol. Le choix de la culture de rotation s’avère de plus en plus important pour les producteurs.

L’humidité du sol durant la tubérisation a un impact important sur l’infection par la gale, car un sol sec favorise la croissance de Streptomyces scabies. Quelques producteurs en région se servent de tensiomètres conventionnels pour planifier et débuter l’irrigation. Ils sont peu coûteux et fiables pour mesurer l'humidité dans le sol.

Les producteurs utilisent la semence exempte de gale, tout particulièrement dans les sols propices à la gale.

Les producteurs portent une attention particulière au PH entre 5,0 -5,5.
En conclusion
La gale commune est une maladie complexe du sol. On constate qu’il est possible de diminuer son développement par les rotations incluant les engrais verts, le choix des variétés, des déchets organiques bien décomposés, dans un sol plutôt acide. Les moyens utilisés doivent être adaptés pour chaque champ.

Je sollicite à nouveau votre participation pour la réalisation d’essais dans vos champs que vous jugez problématiques à la maladie.

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