Trois budgets, un territoire
Même si les citoyens du Grand Joliette ont foulé les mêmes artères, magasiné dans les mêmes centres commerciaux et continué de travailler « ensemble » dans les mêmes usines et commerces, ils ont trois maires, trois conseils municipaux, trois budgets différents…et vivent trois rivalités. Chacune de nos municipalités limitrophes, Saint-Charles, Notre-Dame-des-Prairies et Joliette, veut attirer chez elle au détriment du voisin, de nouvelles industries et de nouveaux commerces pour rendre la vie plus facile à ses propres citoyens. Ce qu’on ne sait pas c’est…si nous étions tous égaux face aux revenus et aux dépenses de l’ensemble des citoyens concernés, serions-nous plus dynamiques et performants? Et ça coûterais-tu moins cher pour s’administrer?
L’armoire aux squelettes est grande ouverte. Selon les chiffres livrés par l’Action du 21 décembre dernier, le montant total des taxes à payer en 2009 est à peu de choses près le même dans Joliette, Saint-Charles ou NDP. À titre d’exemple, il en coûtera 1885 $ à Joliette pour une maison de 150 000 $ en 2009 contre 1613$ à Saint-Charles mais pour une maison de 160 000 $. Petite différence qui s’explique par des services particuliers, la dette par citoyen ou la vision distincte du développement permettant aux petites soeurs municipales de continuer à se toiser pour mieux avantager ses propres citoyens.
Une seule grande dépense semble les avoir toutes touchées de plein front : le service de collecte des ordures et des matières recyclables qui, à Joliette comme ailleurs, va coûter 48% de plus suite à un nouveau contrat avec la firme régionale EBI. Pendant que la SQ va aussi coûter plus cher en 2009, du moins à Saint-Charles et NDP, Joliette paiera davantage pour son gros déneigement avec ses nombreux trottoirs et ronds-points, ses non moins nombreux et gros salaires, ses vieilles infrastructures à rénover et ses nouvelles dépenses en promotion pour ne pas que s’en aillent à NDP, Saint-Charles ou…Saint-Félix de nouvelles industries ou nouveaux centres d’achats.
À NDP, malgré la chicane à propos du béton sur le boulevard Barrette, tout est au beau fixe avec la croissance observée ces dernières années. On le sait, cette dernière n’a toutefois pas cru bon participer au beau et grand projet de bibliothèque régionale contrairement à ses rivales. Certains Prairiquois ont serré les dents. À Saint-Charles par contre, on ne paiera, semble-t-il, que 54 000 $ de plus pour la bibliothèque Rina-Lasnier selon ce qu’on a lu dans L’Action. Chacun possède encore « sa » vision de « sa » chose municipale avec ses conseils municipaux qui pigent dans les surplus annuels pour éviter de trop lourdes augmentations de taxes.
En somme, que l’on réside à Saint-Charles, Joliette ou NDP, c’est le même prix pour construire une maison et même si les coûts augmentent partout, chacune des municipalités a sa petite stratégie pour se couvrir et éviter les mauvaises comparaisons. Le mot d’ordre c’est diviser pour régner.
Par lassitude sans doute, plus personne ne se plaint du fouillis dans lequel patauge nos trois administrations municipales.
Jean-Pierre Malo
Alain Villeneuve
Commentaire mis en ligne le 17 janvier 2009Encore un pelleteux de nuages! La démonstration est pourtant bel et bien faite. La fusion des municipalités, c`est baisse des services pour les citoyens, augmentation de la bureaucratie, dillution du droit de parole des citoyen, baisse de l`efficacité des employés municipaux. Un vrai gors château de cartes et l`anachie hors de control des citoyens.