Une élection locale digne d’intérêt
De crise économique en crise politique, les palabres remplacent les actions et les gestes qu’il faudrait poser de toute urgence pour assurer le bien-être de la population. Plus que jamais, le Québec et à fortiori le Canada, ont besoin d’un gouvernement majoritaire pour que cessent enfin les tergiversations, les jeux de coulisse et les coûteux avances-reculs. Malheureusement, personne n’est maître du choix des électeurs confrontés plus que jamais avec une pluralité d’opinions, signe peut-être que l’arrivée de nouvelles générations bouscule l’ordre ancien. Allons donc voter en masse demain (lundi 8 décembre) pour que se dégage un consensus plus large, à savoir qui des Libéraux ou qui des Péquistes formeront le prochain gouvernement du Québec. D’autant qu’il faille oublier les Adéquistes.
Dans Joliette, nous avons eu l’impression que le changement de génération à la barre politique du comté avait permis d’heureuses surprises. Sans enlever quoi que ce soit aux candidats-candidates des dernières élections, ceux et celles d’aujourd’hui ont non seulement les qualifications requises pour devenir député mais également l’étoffe pour jouer un rôle de premier plan dans le prochain gouvernement québecois. Élu comme par accident avec l’ADQ en 2003, le jeune Pascal Beaupré fait face à deux candidatures de choix avec Christian Trudel, un « fort » en éducation dans le comté et Véronique Hivon, une avocate proche des hauts lieux de la justice à Québec. C’est sans compter l’autre Trudel, Flavie, qui tient le « fort » pour Québec-Solidaire, sans espoir cependant de l’emporter.
Pas sûr que Christian Trudel ou Véronique Hivon aient les mêmes pointures que les Barrette, Lasalle, Quenneville ou Chevrette. Une chose est certaine, ils ont livré une bataille intelligente et bien documentée sur les enjeux régionaux. Les partis de l’opposition ont décrié les horreurs de notre piteux système de santé, ses attentes interminables et son manque de médecins. Le représentant de Jean Charest ici a plutôt profité de ses connaissances et appuis en éducation pour se faire valoir quitte à faire virer de capot d’ex-sympathisants de Guy Chevrette. Ce n’est pas rien.
À mon humble avis, Pascal Beaupré ne sera pas réélu, son parti allant plus à la dérive qu’en pleine vague. Si l’avance libérale sentie au Québec déferle sur Joliette, peut-on imaginer que Christian Trudel nous fera revenir à l’ère Quenneville, effaçant 30 ans du règne de Guy Chevrette? Par contre, si on vote à nouveau pour l’homme (ou la femme) dans le comté, Véronique Hivon réallumera le flambeau péquiste pour devenir un élément fort du Parti québecois .
Encore faudra-t-il aller voter en masse pour qu’enfin on ait, au Québec du moins, un gouvernement majoritaire responsable.
Anthony Beauséjour
Commentaire mis en ligne le 9 décembre 2008À titre purement indicatif, Beaupré a été élu en 2007...!