L’initiative du siècle aux Samares
À l’exemple de leurs élèves et de leurs professeures qui souvent nous montrent le beau et le bon côté de l’école publique, la commission scolaire des Samares a lancé tout un défi à notre communauté régionale avec son futur centre multisports en bordure de Thérèse-Martin. François Charbonneau, le nouveau président et Richard Fiset le directeur général, ne rêvent pas en couleurs. Au moment où le baseball et même le hockey sont en perte de vitesse au profit du soccer, un nouveau centre sportif pouvant servir autant aux filles qu’aux garçons prend tout son sens. Avec une augmentation exceptionnelle de la pratique du soccer dans Lanaudière -on parle de 10% par année- un complexe sportif pouvant aussi servir pour le football, le hockey sur gazon, le kinball ou tout simplement les cours de golf, est un investissement durable, 12 mois sur 12. Rentable peut-être?
Du viel arèna Marcel-Bonin au futur centre de soccer, un rattrapage important dans l’offre des équipements sportifs sur 12 mois est souhaité et souhaitable. On parle d’un complexe multidisciplinaire de 12 millions $ pouvant accueillir trois terrains de soccer sur une surface de plus de 325 pieds par 215 avec possibilité d’agrandissement. Quelle sera la contribution des samares? Seulement le terrain, a-t-on pu lire, en plus de « l’énergie du personnel » pour mener à bien ce projet « structurant ». N’est-ce pas trop peu si on ne veut pas que ce futur centre ne revive le cauchemar de l’ex-raquetball »? On veut bien admettre que toute comparaison est boiteuse avec un projet communautaire donc non-privé mais encore faut-il que la communauté soit prête à payer. Surtout quand les maires, même chaleureux et enthousiastes, sont encore frileux à s’engager, ne serait-ce qu’en garantissant des heures d’utilisation.
La subvention de 6 millions adressée au ministère de l’éducation ne suffit pas à minimiser nos inquiétudes financières. Peu de garanties ont été dévoilées publiquement quant au financement de l’autre 6 millions à pourvoir avec ses intérêts annuels à budgéter en plus du capital sur 25 ans mais surtout, surtout, un budget d’opération d’un hypothétique million $ par année assumé par un OSBL (organisme sans but lucratif). Devra-t-on trouver des commanditaires privés pour assurer la faisabilité du projet ou faudra-t-il obliger la commission scolaire à « endosser » l’emprunt de l’autre 6 millions? Quelle structure de gestion sera mise en place et qui finalement sera responsable des millions engagés? L’OSBL ou finalement, comme il se doit, la commission scolaire avec ses gymnases ou ses terrains extérieurs?
À mon point de vue, la commission scolaire n’as pas le choix de saisir au bond le ballon qu’elle a elle-même lancé dans sa propre cour. Et tant mieux si le nom d’un commanditaire privé coiffe le nouvel édifice…s’il met le paquet! Mais finalement, la commission scolaire doit prendre 100% des responsabilités financières et administratives qui lui incombent.
Car ce n’est pas la présence assez saugrenue d’un bar-restaurant dans une enceinte parascolaire qui étanchera la soif…des créanciers.
Jean-Pierre Malo
Note : si vous faites une ballade vers le nord sur la route 131, arrêtez-vous à la petite boulangerie artisanale La Normande à Saint-Jean-de-Matha. Des « grands » de presque 7 pieds se démènent pour vous offrir des produits maison et cuisinés hors des sentiers commerciaux…battus!