Même si Renée et son frère Daniel ont repris les rênes de l’entreprise familiale, leur père et leur mère sont toujours impliqués. « Mon père est toujours présent et il vient régulièrement nous donner un coup de main », souligne Renée. Sur la photo, on peut apercevoir Jean-Marc, Renée, Daniel et Rolande Landry.
Photo gracieuseté
La Meunerie Jean-Marc Henri, une entreprise encore debout malgré les tempêtes
Les artisans de la Meunerie Jean-Marc Henri ont raison d’être fiers puisque leur entreprise, malgré les difficultés qui persistent dans le monde agricole, a réussi à surmonter les tempêtes, si bien qu’elle célèbre cette année son cinquantième anniversaire. Cela en fait donc l’une des meuneries familiales les plus vieilles de notre région.
L’histoire de la meunerie débute avec le Moulin bleu, situé à Saint-Roch-de-L’Achigan aux abords de la rivière Saint-Esprit. Rémi Henri achète, en 1941, ce moulin construit à la fin de l’année 1860. Il y fabrique de la moulée qui sert alors au bétail et de la farine de sarrasin qui sert à alimenter les travailleurs des chantiers du nord et les Montréalais. C’est à cet endroit que son fils, Jean-Marc, apprend le métier de meunier.
En 1958, ne faisant pas les choses à moitié, Jean-Marc Henri se marie avec Rolande Landry et prend possession de la meunerie. L’année suivante, il construit un nouveau moulin sur les terrains adjacents au Moulin bleu.
La première épreuve survient en 1973, lorsque la meunerie est totalement détruite par les flammes. « Mon père était découragé, mais il a mis son poing sur la table et il a décidé de reconstruire. C’est un des malheurs qui lui a apporté le plus de chance. Cela lui a permis d’augmenter le volume et de moderniser la meunerie », raconte Daniel Henri, qui a pris la relève de l’entreprise avec sa sœur Renée.
À partir de ce jour, l’entreprise a pris tout un virage. L’homme d’affaires acquiert des fermes d’élevage de porcs et de poulets. Aujourd’hui, l’entreprise compte 11 fermes. « C’est une façon pour nous de contrôler la chaîne de production. Près de 50 % de notre moulée est pour nos fermes et le 50 % restant est pour notre clientèle. »
Se considèrent-ils davantage comme meunier ou comme éleveur ? « La meunerie est la raison d’être de l’entreprise. C’est le départ de la chaîne, c’est elle qui nourrit les animaux qui nourriront les humains. Produire de la moulée est une passion », souligne Renée Henri. Toutefois, Daniel souligne que le fait de posséder des élevages est un avantage dans ce milieu, car un meunier ne vend pas seulement de la nourriture, mais aussi des conseils. « Meunier n’est pas un métier qui s’apprend à l’école. Il faut connaître les besoins de la production. » D’ailleurs, Daniel affirme que les meuniers ont énormément aidé les productions et ont été un facteur de progrès. « Les animaux mangent mieux que certains humains. Ils sont suivis de près et jamais, ils n’ingèrent trop de gras ou trop de sucre. »
En tant qu’éleveur, les Henri connaissent aussi les mêmes problèmes et préoccupations que les autres agriculteurs. Eux aussi sont victimes de l’actuelle crise porcine. « Les crises sont cycliques en agriculture. Il faut savoir gérer », mentionne Daniel.
Ce ne sont pas les projets qui manquent à cette relève. Les prochains défis seront de traiter écologiquement les fumiers, d’augmenter le nombre de clients et de moderniser la meunerie.