Jean-Pierre Ferland
Photo:Jean Chevrette
Jean-Pierre le généreux
Si Céline Dion a réussi à faire sortir Jean-Pierre Ferland des jours paisibles qu’il coule à Saint-Norbert depuis l’annonce de sa retraite, afin de vivre avec elle un moment historique sur les plaines d’Abraham, Culture Lanaudière peut se vanter d’avoir accueilli l’amoureux des mots (et des femmes!) à son gala à titre de président d’honneur. L’Action a eu l’immense privilège de s’entretenir avec lui.
« J’ai toujours adoré les entrevues et me faire interviewer. J’aime parler », raconte celui qu’on a pu entendre cet été à la Première chaîne de Radio-Canada, les dimanches, à l’heure de l’apéro.
Extrêmement sollicité, l’auteur-compositeur-interprète avoue devoir décliner certaines invitations. Choix plutôt difficile pour l’artiste choyé par le public tout autant que par l’industrie, qui confie que faire plaisir aux autres est un grand bonheur. « J’ai accepté cette présidence d’honneur parce que j’aime beaucoup ma région. Depuis 35 ans, je ne voudrais pas vivre ailleurs. Il faut que je donne à ma région de temps en temps car elle est bonne pour moi et je l’aime beaucoup. »
C’est le hasard qui a mis Lanaudière sur le chemin du petit roi. Un jour, alors qu’il y était en visite, il s’est perdu en voulant retourner à Montréal. Un résidant a finalement abordé le chanteur, pour se rendre compte qu’ils se connaissaient par personnes interposées. « Je lui ai dit : je me cherche une maison à louer. Il m’a répondu : Tournez-vous, la maison qui est là, la femme vient de décéder. »
L’histoire d’amour avec son repère tranquille, de plus de 200 ans !, de Saint-Norbert venait de naître. « Je suis venu dans Lanaudière parce que j’aimais beaucoup les chevaux et ici il y avait des gens qui les aimaient et les connaissaient. Ils m’ont appris énormément sur l’art hippique. »
Une maison centenaire, c’est impressionnant mais ça tient son homme occupé. « Je m’étais dit, en prenant ma retraite, ou plutôt des vacances éternelles, que je lirais beaucoup. Et finalement, j’ai été plutôt manuel qu’intellectuel. J’ai joué dans mon jardin, sur ma maison, ma grange… Ça m’a fait du bien de redevenir manuel, de pas penser que j’étais intelligent, mais de vouloir être habile… Que c’est dont bien dit ! (rires) ».
Une chance qu’on l’a
Le public rassemblé à Rolland-Brunelle vendredi a eu l’occasion d’applaudir ses artistes mais il a aussi eu la chance de voir monter Jean-Pierre Ferland sur scène. Pas pour chanter mais, tout de même, suite à l’hommage que Culture Lanaudière lui a rendu, l’auteur-compositeur-interprète a eu la générosité de raconter le contexte dans lequel il a écrit le classique de plusieurs amoureux « Une chance qu’on s’a ».
« J’ai écrit cette chanson dans ma vieille maison de 250 ans à Saint-Norbert. Je me suis demandé : est-ce que je peux dire une chance qu’on s’a ? Le monde va dire que je ne sais pas épeler ! ». L’auteur a expliqué que, au fond, cette célèbre phrase est comme un cri d’enfant.
Très touchant dans ses propos à l’égard de la région, le Norbertois a bien cherché le mot qui convenait afin d’exprimer comment il s’y est senti en tant qu’artiste. « C’est ici que j’ai été le plus sensible », a-t-il finalement soufflé.