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Louis Cornellier
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Histoires de peur

Louis Cornellier par Louis Cornellier
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Article mis en ligne le 17 septembre 2008 à 9:10
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Histoires de peur
Nos peurs reposent souvent sur des croyances ou des impressions qui ne sont pas fondées sur des faits. Cela explique que certaines choses inoffensives nous effraient, alors que d’autres, potentiellement dangereuses, ne suscitent pas notre crainte. Deux nouvelles parues cet été dans les médias nationaux en constituent la preuve et devraient nous faire réfléchir.

Depuis quelques années, on nous rebat les oreilles avec une supposée hypersexualisation des jeunes. Un démagogue comme le maire Stéphane Gendron a même affirmé, à l’émission L’Avocat du diable (TQS), que des jeunes filles exposaient leurs organes génitaux en classe! Plusieurs, qui ne vont pas aussi loin dans le délire, sont tout de même convaincus que la sexualité débridée est de plus en plus répandue chez les jeunes et s’en inquiètent.

Le 21 août 2008, un article de la Presse canadienne publié dans La Presse nous apprenait pourtant, contre cette idée reçue, que « les adolescentes font moins l’amour ». Selon Statistique Canada, en effet, « en 2005, 43% des adolescents âgés de 15 à 19 ans ont déclaré avoir eu des relations sexuelles au moins une fois, en baisse par rapport à 47% en 1996-1997 ». Cette baisse, de plus, serait surtout attribuable aux jeunes femmes, les principales visées par le discours alarmiste sur l’hypersexualisation. Mieux encore, la baisse s’applique aussi à la pratique sexuelle chez les très jeunes. « En 2005, nous apprend ainsi cet article, 8% ont déclaré avoir eu des relations sexuelles avant d’avoir atteint l’âge de 15 ans, en baisse par rapport à 12% en 1996-1997. » À lire cette étude, on en vient donc à se demander si la sexualité débridée des adolescents n’est pas plus un fantasme d’adultes nourri par les médias qu’une réalité. Et la réponse est probablement oui.

Peu nombreux sont ceux qui, par ailleurs, s’inquiètent de voir nos adolescents, et leurs parents, l’oreille collée en permanence sur un téléphone cellulaire, aussi appelé sans-fil. Pourtant, une nouvelle parue dans La Presse du 16 juin 2008 devrait inciter tout le monde à la plus grande prudence en cette matière. Titré « Le sans-fil n’est pas sans risque », cet article de Violaine Ballivy nous apprend en effet que, selon une vingtaine de cancérologues européens, les risques potentiels de cet appareil sont à ce point importants qu’il convient de « s’en servir le moins souvent possible ».

Les études sur les dangers du téléphone cellulaire sont, pour le moment, contradictoires. Certaines d’entre elles affirment que cet appareil est inoffensif, mais de récents travaux de chercheurs israéliens suggèrent « que les personnes qui utilisent leur portable plus de 22 heures par mois augmentent de 50% leur risque d’avoir une tumeur aux glandes parotides, situées sous l’oreille ».

Aussi, par mesure de précaution, les scientifiques cités dans cet article, par ailleurs tous détenteurs d’un cellulaire, ne prônent pas l’abstinence téléphonique, mais ils suggèrent que les enfants de moins de 12 ans ne devraient jamais se servir d’un tel appareil et ils ajoutent que même les adultes devraient limiter leurs communications à quelques minutes, tout en évitant, en tout temps, de porter un téléphone mobile sur eux. Après avoir banni la cigarette des lieux publics sous prétexte que la fumée secondaire nuisait à la santé des non-fumeurs, faudra-t-il songer à faire de même avec les téléphones cellulaires? Pourquoi, moi qui n’en ai pas, devrais-je subir le danger des ondes secondaires?

Ne partons pas en peur, mais posons-nous une question : au lieu de craindre que nos jeunes, plutôt sages finalement, s’égarent dans la débauche sexuelle, ne devrait-on pas plutôt s’inquiéter de la débauche technologique qui menace peut-être la santé physique, mentale et financière de tous? Quelle peur est la plus rationnelle?

Louis Cornellier

louisco@sympatico.ca

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Serge Denis

Commentaire mis en ligne le 22 septembre 2008
Tellement juste... comme d'habitude!

Bertrand Léger

Commentaire mis en ligne le 17 septembre 2008
Le danger des cellulaires me semble exagéré. On parle ici d'un petit transmetteur qui émet sporadiquement, à une puissance de 1/100e de watt; pas fort ça....
On est exposé à toutes sortes d'ondes électromagnétiques depuis près d'un siècle et tout à coup, les minuscules transmetteurs de nos cellulaires font exploser des grains de pop corn et même peuvent causer le cancer !
On se calme, on respire par le nez et on attend des études vraiment sérieuses avant de jeter aux poubelles ce bidule si utile...
Quant au sexe des jeunes, je n'en ai rien à dire sauf que c'est l'activité la plus inoffensive chez nos jeunes, exposés à de la drogue, de la violence, de la haine, du terrorisme, etc.
Laissons-les s'embrasser !

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