Depuis quelques années, les intervenants du camionnage ajoutent une taxe d’essence en fonction de la variation des prix. Celle-ci est très variable d’un transporteur à l’autre et augmente considérablement les coûts de transport. Pour réduire cet impact, certains spécialistes espèrent que cette hausse poussera les acheteurs à s’approvisionner davantage localement.
- Photo le journal
Hausse du prix de l’essence : les producteurs écopent et bientôt les consommateurs
La hausse vertigineuse du prix de l’essence a des conséquences pour tout le monde et les producteurs agricoles de partout en Amérique ne font pas exception. Comme tous les consommateurs, ils doivent prévoir des sommes plus importantes à cet effet. Toutefois, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas tant la consommation de leur machinerie qui gruge leur budget, mais l’augmentation fulgurante du prix des fertilisants.
« L’an passé, une tonne d’engrais se vendait 300 $. Cette année, le prix oscillait entre 600 et 700 $ la tonne et les prix vont doubler l’an prochain », a commenté Annette Coutu, présidente de l’Union des producteurs agricoles de Lanaudière (UPA). Cette augmentation a un lien direct avec la hausse du pétrole. En effet, le prix de l’engrais azoté suit le cours des hydrocarbures. Par ailleurs, la forte demande des intrants par la Chine pousserait également les prix à la hausse.
En plus de l’engrais, les producteurs doivent aussi prévoir des sommes plus importantes pour nourrir leur machinerie qui fonctionne en grande majorité au diesel, plus dispendieuse que l’essence ordinaire. Évidemment, ce ne sont pas toutes les productions qui ont les mêmes besoins en essence. Par exemple, en ce qui concerne la production de pommes de terre, le coût du carburant vient au 8e rang des dépenses. Toutefois, cette portion est le double d’il y a 15 ans et accapare maintenant près de 6 % du coût de production.
Si le prix à la pompe est plus élevé, les consommateurs n’ont pas encore commencé à voir l’impact réel de cette augmentation au supermarché. La raison : la plupart des contrats avec les acheteurs ont été négociés l’hiver dernier. La hausse du coût des denrées alimentaires ne devrait toutefois pas tarder à survenir. « Notre coût de production est loin de ce que nous avions calculé au printemps. Nous allons devoir nous réajuster. Les consommateurs vont devoir vivre avec une augmentation du coût des aliments parce que nous n’avons pas le choix d’augmenter nos prix. »