Claudine Neveu repart pour le Sénégal pour cinq mois à la fin du mois d’août. Elle continuera le travail qu’elle avait entrepris précédemment, soit soigner les patients, enseigner les bonnes postures à la population locale et aux professionnels médicaux, comme les préposés aux bénéficiaires.
- Photo gracieuseté
Si proche, mais si loin aussi
Une Lanaudoise en stage au Sénégal
Il faut souvent être allé ailleurs pour comprendre à quel point nous sommes choyés à la maison. C’est ce qu’a réalisé Claudine Neveu, 22 ans de Saint-Ambroise, lorsqu’elle a effectué un stage en réadaptation physique à Ziguinchor au Sénégal pendant 6 semaines. Maintenant qu’elle a son diplôme en poche, elle a décidé d’y retourner. Toutefois, avant de reprendre l’avion, elle souhaite ramasser du matériel qu’elle apportera là-bas pour combler une petite part des énormes besoins de l’hôpital pour lequel elle œuvre.
« Certaines de leur machine sont vieilles comme le monde. C’est le cas des appareils d’électrothérapie », mentionne la jeune Lanaudoise. Ces équipements et bien d’autres, comme des bandes élastiques pour les exercices, des balles, de gros ballons seraient essentiels pour la réussite des traitements, mais seraient plus que désuets ou carrément absents. Les besoins sont si grands que même les crayons sont des objets rares. « Nous avions un crayon pour 10 kinésithérapeutes (équivalent là-bas à nos physiothérapeutes). »
Ces équipements sont d’autant plus essentiels que les gens tardent à se faire soigner. La guérison est donc plus longue et plus ardue. « Un monsieur s’est présenté avec une hanche qu’il s’était fracturée un mois plus tôt. Il est arrivé dans un fauteuil roulant. Nous avons dû rééduquer sa marche. Lorsque je suis parti, il marchait. Je me dis que s’il avait été au Québec, il aurait été opéré. » Évidemment, si la population tarde à se faire opérer c’est que les soins de santé ne sont pas gratuits. Pour un traitement, un patient doit débourser trois dollars, une véritable fortune dans ce pays. « Tu ne sais jamais si la personne va revenir, car entre manger et se faire traiter, les gens vont choisir de manger. Nous leur enseignons donc les exercices à faire à eux, mais aussi à la famille, car le patient se présente rarement seul. Ils peuvent être cinq ou six de la même famille. » Les croyances religieuses expliqueraient aussi cette situation. « Les gens sont persuadés qu’avec un gris-gris ils vont guérir ou que c’est normal d’endurer leur souffrance parce qu’Allah les a punis pour une faute qu’ils ont commise. »
Les Sénégalais ont aussi une culture où le temps est relatif. Les retardataires, mais aussi les gens à l’avance, sont monnaie courante. Cela a demandé à Claudine toute une adaptation des horaires. « Une patiente est déjà arrivée avec deux jours de retard. » Même si beaucoup de points de cette culture sont totalement différents du Québec, certaines affections existent comme chez nous. « Il y a beaucoup d’ostéoporose et d’accident cérébro-vasculaire parce que les gens mangent gras. Les problèmes de dos sont aussi très fréquents parce que les gens n’ont pas l’habitude de plier les genoux. » Enseigner les bonnes postures à la population locale, mais aussi aux travailleurs a et sera inclus dans son mandat.
Pour les gens qui voudraient donner du matériel à Claudine, ils peuvent la contacter par courriel à c.neveu@hotmail.com.