Micheline Sénécal
- Photo:Andréanne Beaulieu
Un décor religieux méconnu dévoilé par une Lanaudoise
Les œuvres d’Ozias Leduc à la cathédrale
La « rencontre » avec l’œuvre d’Ozias Leduc a été déterminante pour la Lanaudoise Micheline Sénécal qui entreprenait, il y a quelques années, une étude en profondeur de ce qui constitue une part importante des trésors qu’abrite la cathédrale qui tient clocher sur rue à Joliette. Le fruit de ses recherches est partagé dans son ouvrage intitulé « Les tableaux d’Ozias Leduc à la cathédrale Saint-Charles-Borromée de Joliette ».
Passionnée d’histoire de l’art, l’intérêt de Mme Sénécal penche particulièrement pour les peintres du XIXe siècle. « Il n’y avait jamais eu d’étude de la sorte par rapport à l’œuvre d’Ozias Leduc. » Bien qu’ayant été le point central de nombreuses études au cours des 30 dernières années, aucune ne s’est intéressée aux origines de la carrière de l’artiste.
C’est en 1892 qu’Ozias Leduc, alors à ses débuts comme peintre autonome, reçoit du curé Prosper Beaudry l’offre de peindre 23 tableaux pour décorer la nouvelle église Saint-Charles-Borromée de Joliette. Le thème choisi sera les mystères du rosaire et huit scènes du Nouveau Testament. « C’est le curé qui commandait « qui et comment ». Le thème était imposé. L’artiste se retrouvait un peu dans un carcan », explique Micheline Sénécal.
Celle qui donne des cours d’histoire de l’art au Musée d’art de Joliette souligne que les œuvres conçues par Ozias Leduc représentaient tout un défi pour le jeune peintre, qui l’a relevé avec brio. « Il a réalisé 23 tableaux en deux ans dont certains sont d’une dimension de quatre mètres par quatre mètres. »
En se lançant dans cette étude, la résidante de Saint-Cuthbert souhaitait comprendre si ces œuvres de Leduc étaient des copies ou non. « Il fallait que je le prouve. » La dame, qui est médecin de formation, a entrepris l’analyse tel un travail de sciences. Micheline Sénécal a finalement retrouvé toutes les sources d’inspiration sauf pour cinq tableaux, qui sont des originaux. « Comme nous le constatons, aucun des tableaux de Leduc à la cathédrale de Joliette n’est une copie intégrale d’œuvres d’artistes bien connus […] Dans la majorité des cas, Leduc reproduit une partie seulement de la source d’inspiration. »
Un autre but caressé par l’auteure était de faire connaître l’importance de ce décor religieux aux gens de la région. « Les jeunes qui ne connaissent pas, ça ne leur dit rien. Il faut faire connaître le patrimoine religieux avant que tout ça disparaisse. » Mme Sénécal est particulièrement interpellée par la situation de certaines églises dans la métropole.
« Plus qu’une recherche sur un bâtiment et son décor, c’est une contribution à l’histoire régionale, religieuse et artistique qu’elle nous fournit par le biais d’une présentation des multiples facettes de cette commande », écrit Laurier Lacroix, directeur de thèse de Micheline Sénécal, dans la préface du livre de la Lanaudoise.
Le lancement de cet ouvrage aura lieu le 8 juin au Musée d’art de Joliette dès 13h30. Des séances de signature auront lieu à la librairie René-Martin les 12 et 14 juin.