Malgré que la tendance soit au vert, le gouvernement fédéral mettra fin, à la fin décembre, à son programme Éco-auto. Une trentaine de modèles 2008 en bénéficient, dont la Toyota Yaris. Malheureusement pour les consommateurs, ce cadeau prendra fin après seulement deux ans d’existence.
- Photo Julie Roy
La fin d’un programme vert
Avancer pour mieux reculer
En 2007, le gouvernement fédéral de Stephen Harper s’était mis au vert en offrant le programme Éco-auto. Après deux années, comme le programme a répondu aux attentes, le gouvernement a décidé d’y mettre fin cette année au grand dam des consommateurs en quête d’une réduction pour un choix vert.
Le programme Éco-auto offre une remise allant de 1000 $ à 2000 $ pour des voitures sélectionnées en raison de leur faible consommation d’essence. Mis en place il y a deux ans, ce programme inclut également certains modèles de 2006. Actuellement, 70 000 demandes ont été reçues et 57,9 millions de dollars de rabais ont été accordés aux Canadiens sur un budget de 150 millions.
À Transports Canada, on affirme que la décision de mettre fin à ce programme est un choix politique. « Le gouvernement a jugé que le travail a été fait et il est satisfait des résultats. Les constructeurs ont augmenté leur offre de véhicules peu énergivores et les consommateurs sont de plus en plus nombreux à choisir ce type d’automobile », a mentionné Maryse Duquette, porte-parole à Transports Canada.
Cependant, la décision de mettre fin à ce programme déçoit. « C’était un incitatif pour que les constructeurs se mettent au vert. Ça créait une pression. En plus, ça donnait un coup de pouce aux consommateurs qui planifiaient, dans un ou deux ans, l’achat d’un véhicule, car ce n’est pas un achat que l’on planifie à la dernière minute », mentionne le député bloquiste, Pierre Paquette.
Le programme, qui a été très long à se mettre en place, commençait à peine à être connu des consommateurs et ceux-ci étaient de plus en plus nombreux à s’en prévaloir. Les concessionnaires favorisés par cette mesure, dont Honda et Toyota, comprennent mal ce recul du gouvernement. « Je trouve cela dommage, car l’avenir s’en va vers cela. C’est sûr que nous étions favorisés parce que nous sommes écoénergétiques, mais cela forçait les autres constructeurs à être plus écoperformants. Nous allons continuer dans cette voie, mais je pense que les autres vont désormais se forcer beaucoup moins », commente Natalie Aumont, propriétaire de Joliette Toyota.
Gérald Philibert, de chez Villeneuve Honda à Joliette, lui non plus ne comprend pas ce revirement, surtout que la consommation d’essence d’un véhicule préoccupe de plus en plus les clients. « Il y a 25 ans, le monde s’en foutait. Aujourd’hui, c’est un client sur deux qui m’en parle. » M. Philibert souligne d’ailleurs que ce 1000 $ de retour fait souvent la différence dans le choix entre deux modèles à volet écologique. Même constat pour Mme Aumont, qui mentionne que beaucoup de consommateurs se sont procuré des modèles hybrides en raison de ce programme. « Pour des voitures hybrides, cela peut faire une bonne différence dans le prix, surtout qu’un rabais est également consenti sur plusieurs modèles de la part du gouvernement provincial. »
Si l’information concernant ce programme a été longue à être diffusée, sa fin non plus n’est pas très médiatisée. « Le consommateur ne sait pas que le retour de 1000 $ va être arrêté à la fin de l’année », souligne M. Philibert.
Si chez Transports Canada, on explique que ce programme est arrêté parce qu’il a réussi à conscientiser les consommateurs et les constructeurs, plusieurs croient plutôt que c’est le lobby des autres constructeurs qui a fait le travail. « C’était surtout des fabricants japonais qui en bénéficiaient, cela pouvait être considéré par les autres comme de la concurrence déloyale. Une chose est sûre, cela démontre le manque d’intérêt des conservateurs pour les questions environnementales », mentionne M. Paquette.
Compte tenu de la hausse constante du prix de l’essence, les concessionnaires ne croient pas cependant que la fin de ce programme va influencer à la baisse la vente de ce type de véhicule.