Les journalistes : une espèce en voie de disparaître?
Je l’avoue, je fais partie de ceux qui ont, à un moment ou à un autre, eu des préjugés concernant l’information véhiculée au réseau de Télévision Quatre Saisons. L’abolition des émissions d’information à TQS s’est taillée une place dans l’actualité et avec raison. On a reproché à ceux qui ont déjà critiqué la rigueur de l’information à TQS de s’être soudainement faits l’avocat du diable. Je suis de ces gens-là.
Parce qu’au-delà de ces opinions, fondées ou non, à propos de TQS, je suis pour l’information. Et je suis aussi pour la variété de l’information, pour le plus d’information possible, pour la pensée critique et pour le gros bon sens.
Je crois que l’ampleur du choix dans les sources d’information permet aux gens de se forger une opinion plus élaborée, plus profonde, oserais-je dire plus juste? Je crains que l’homogénéité dans l’information ne créé une pensée unique, oserais-je dire totalitaire? Je suis pour la remise en question, pour la recherche de la vérité. Quelle recherche de la vérité demeure possible quand nous perdons un si grand nombre d’émissions d’information?
Je crois qu’il y aura toujours une place pour l’information télévisée, écrite ou radiophonique. Pour toute source d’information. Il nous incombe à nous, journalistes, d’en créer la demande. Il s’agit d’en avoir les moyens.
L’abolition des émissions d’information à TQS touche tout journaliste parce qu’elle ramène aussi à une triste réalité, celle de notre travail dans un contexte où la technologie, l’information continue et la société du spectacle se partagent le trône. À une époque où la recherche de profit s’ajoute à ces autres réalités. À un moment où chacun s’improvise « journaliste citoyen ». L’actualité nous ramène, journalistes, à ce que nous sommes appelés à vivre dans les prochaines années, le dur changement, sinon la disparition, de notre métier du moins dans sa forme actuelle. Normal que ça nous fasse un peu jaser…